Dadju « Damso et moi partageons beaucoup de points communs »

Malgré la présence des poids-lourds comme Nekfeu et Damso sur son nouvel et double album "Poison ou Antidote", l’artiste rappelle qu’il ne veut pas se laisser enfermer dans la case hip-hop.

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« Je ne fais pas du rap et ce n’est pas tout à fait de la chanson », explique Dadju dans une entretien à découvrir dans le Moustique de cette semaine. « Par contre, j’aime bien le terme “afro pop”. Dans les musiques urbaines,  je crois avoir emprunté un chemin que personne d’autre ne suit. Je suis un artiste qui s’adresse à tout le monde mais qui est principalement centré sur les femmes. Je crois toucher aussi bien la maman dans sa salon que la jeune fille qui sort en boîte de nuit. Mon père était chanteur dans le groupe congolais Viva La Musica qui accompagnait notamment la star Papa Wemba. Petit, j’ai été bercé par les chants religieux et la musique “du bled” qu’écoutait ma mère. Mes grands frères, eux, étaient dans la r&b américaine. Mes chansons mélangent toutes ces influences. »

Déjà certifié or chez nous et en France, « Poison ou Antidote« , le nouvel et double album de Dadju en forme de parcours initiatique abrite de nombreux morceaux autobiographique (Confessions, Compliqué, Ma Papa…). Il bénéficie aussi de featurings prestigieux (Nekfeu, Damso, Tayc, Koba LaD, Burna Boy, Wizkid). Pour Moustique, l’artiste revient sur ses collaborations avec Nekfeu et Damso. Il explique aussi pourquoi son action caritative en faveur des femmes victimes de viols au Congo. Un gars bien, ce Dadju…

Nekfeu (sur « Paire d’As »)

Nekfeu est très difficile à capter: Paire d’As est le dernier son de l’album que j’ai produit.

« Ça fait longtemps que je voulais bosser avec Nekfeu. Nous avions déjà essayé de collaborer ensemble sur mon album « Gentleman 2.0« , mais on n’avait jamais réussi à accorder nos agendas. Paire d’As est le dernier son que j’ai produit pour « Poison ou Antidote« . Nekfeu avait son disque à faire, il était en tournée ou en studio pour ses productions. Pas évident. Je commençais à flipper et finalement nous avons décidé de faire notre collaboration à distance, chacun de notre côté. Je lui envoyé trois beats sans le moindre texte. Je devinais quel son il allait choisir et je ne me suis pas trompé. Dans Paire d’As, nous évoquons nos parcours respectifs sans frime, mais sans rien éluder non plus. L’idée du morceau, c’est de rappeler que si nous sommes arrivés là où nous en sommes aujourd’hui, c’est parce que nous n’avons rien lâché et qu’on a réussi à surmonter chaque épreuve et chaque obstacle. »

Damso (sur « Robe »)

Damso et moi partageons beaucoup de points communs: les mêmes influences, les mêmes racines, les mêmes expériences.

« Son entrée est fracassante sur Robe, vous ne trouvez pas? Damso, il est énorme. Damso, il arrive, il écrit son truc, enregistre, repart et tout est parfait. Nous avons passé une nuit ensemble en studio à Paris. On a essayé deux ou trois trucs, juste pour voir comment nous pouvions fonctionner ensemble. Une fois que nous étions d’accord, il a écrit son texte, posé sa voix et tout s’est bien mis. Nos voix sont complémentaires, elles se mêlent parfaitement bien. Contrairement à ce que les gens du milieu pensent, Damso et moi ne sommes pas opposés. On a beaucoup de points communs. Nous partageons les mêmes influences, les mêmes racines, les mêmes expériences. Seulement, on ne le dit pas de la même manière dans nos morceaux. Il y a beaucoup de respect mutuel. Damso et moi, on est sur la même longueur d’onde. »

Parc des Princes et Palais 12

« J’attends ma nouvelle tournée avec impatience. J’ai fait mon travail. J’ai fait des premières parties dans des grandes salles pour Black M ou mon frère, Maître Gims. J’étais là dans les coulisses quand ils avaient le trac, j’ai vu comment ils assuraient la promo et comment ils se comportaient avec les gens. Maintenant que c’est mon tour, je suis bien préparé. Le Palais 12 à Bruxelles (26 mars) et le parc des Princes à Paris (7 juin), c’est du lourd, mais je vais assurer. »

L’association Give Back

« J’ai lancé l’association Give Back en octobre 2019. Je collabore avec le docteur et gynécologue Denis Mukwege, prix Nobel de la Paix en 2018. Le but est de récolter des fonds pour venir en aide aux victimes des viols au Congo. Le docteur Mukwege fait un boulot gigantesque sur le terrain mais son équipe manque de moyens, tant pour l’aide psychologique apportée à toutes ces femmes meurtries que pour les opérations de chirurgie réparatrice ou les infrastructures. Je dois me rendre au Congo en ce début d’année pour rencontrer Denis Mukwege dans son hôpital. C’est l’un des rendez-vous les plus importants dans mon agenda. J’attends ça avec impatience. Je compte aussi organiser un gala de solidarité. J’avais toujours promis de me lancer dans des causes humanitaires et de mettre ma notoriété au service des autres. C’est Didier Drogba qui m’a conseillé de ne pas me disperser. Il m’a dit : « parle autour de toi, regarde où tu peux être utile et concentre toi sur une cause. Ton aide n’en sera que plus précieuse. »

Pour en savoir plus sur Give Back:
https://givebackcharity.fr/

Dadju, album « Poison ou Antidote », Universal.

Le 26/3, Palais 12, Bruxelles

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