On a vu le phénomène Clairo au Bota ce vendredi

Nouvelle princesse virale de la pop indie, l’Américaine de 21 ans a dévoilé son premier album "Immunity" dans une Orangerie complète. On vous dit pourquoi vous allez beaucoup l’entendre en 2020.

clairo

Il y a Billie Eilish. Et puis, il y aura bientôt Clairo. Si son nom ne vous dit encore rien, c’est que vous avez plus de vingt ans et que vous ne fouillez pas (ce qui est  très bien) dans l’historique TikTok et Snapchat de vos ados. De son vrai nom Claire Cottril, Clairo est née à Atltanta, a grandi dans le Massachussets et a écrit ses premières chansons à l’âge de dix-sept ans. C’était en 2015. Et depuis, l’eau a coulé sous les ponts.

Girl next door

Son truc à elle, ce n’est pas la trap, la musique créée sur un laptop ou les histoires au pays de Narcisse postées sur Instagram. Guitare, batterie, amplis qui crashent un pop/indie sautillante… Voilà le tapis sonore utilisée par cette girl next door pour se raconter en chansons. Ce vendredi soir, pour son premier concert belge, Clairo a blindé l’Orangerie. Le public? 70 de filles de son âge, 20% des copains « qui sont venus avec leur girlfriend  » et 10% de parents. Première grosse impression, l’amas de t-shirts que Clairo a écoulés au stand de merchandising (30 euros l’unité). Deuxième constat : ses refrains sont déjà connues de toute l’assistance. Après le single Pretty Girl qui a mis le feu au poudre en 2017 (44.092.602 vues sur YouTube à l’heure d’écrire ces lignes), ce sont les vignettes pop/rock d’ »Immunity », son premier album paru cet automne, qui font désormais partie du quotidien de ses fans. Réalisée avec l’aide de l’ex-Vampire Weekend Rostam Batmanglij mais entièrement écrit et composé par Clairo, « Immunity » décrit l’univers d’une jeune fille quittant l’adolescence et rentrant dans l’âge adulte. Et c’est plutôt réussi. 

Journal intime

Sur scène, sa bedroom pop (« la pop de chambre à coucher ») est servie par trois musiciens. Guitare électrique à la main, jeans, t-shirt anonyme, boucles d’oreilles achetées dans un H&M local, Clairo est la fille simple qui chante que son petit monde est compliqué. Avec naturel et aplomb. La voix évoque parfois la Stevie Nicks de Fleetwood Mac et souvent celle de Danielle Haim (du trio des frangines Haim) avec qui elle chante, du reste, l’excellent Sofia,  morceau au gimmick entêtant où la narratrice évoque son attirance sexuelle pour une de ses copines. Entre ballades, titres plus rock renvoyant à son aînée Liz Phair et refrains où elle invite le public à partager les réflexions de son journal intime, Clairo a le mérite de ne pas proposer un set formaté et réglé comme une machine. Il y a du flottement, des moments où elle se libère complètement (sur Bubble Gum, Bags ou Close To You), d’autres où le batteur se prend un pain. De la musique live en somme, et une artiste qui a tout pour exploser sur la scène indie. On la reverra cet été dans les festivals et d’ici là, vous allez beaucoup entendre parler.

 

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