Antoine Duléry: “Ça m’aurait fait chier de ne pas participer au Bazar de la Charité“

Dans Le Bazar de la Charité, il incarne Auguste de Jeansin, un bourgeois prêt à tout pour sauver son honneur. Au lendemain du final de la série sur La Une, rencontre au Festival de La Rochelle avec un acteur qui adore “jouer les salauds“.

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Comment l’aventure du Bazar de la Charité a démarré pour vous ?

Je suis rentré assez tard dans le projet, un peu avant le tournage. Mon agent m’a parlé de la série et j’ai ensuite eu la chance de rencontrer Alexandre (Alexandre Laurent, le réalisateur, NDLR.) Ça s’est fait très simplement : ils m’ont proposé le rôle, j’ai lu et j’ai dit oui tout de suite car je trouvais ça formidable. Je savais déjà que Audrey Fleurot, Julie de Bona et Camille Lou faisaient partie du projet. Je ne connaissais pas Camille Lou alors qu’elle joue ma fille dans la série, mais elle est très sympathique. Il y avait une super ambiance en plateau. Je connaissais bien Audrey Fleurot avec qui j’ai d’ailleurs un projet personnel, car je vais réaliser mon premier film l’année prochaine. J’ai proposé à Audrey d’y jouer mon épouse et elle a accepté.

Qu’est-ce qui vous a le plus attiré à la lecture du scénario ?

J’étais très content car j’adore les fictions d’époque. Le costume me va plutôt bien ! Comme les enfants, j’adore me déguiser. C’est rare de faire encore des fictions historiques aujourd’hui. Je ne connaissais pas du tout l’histoire du Bazar de la Charité, donc ça m’a d’autant plus passionné. Se retrouver dans une époque révolue avec les calèches, etc., c’est ça qui moi enfant m’a donné envie de faire ce métier ! C’est gai de retourner dans une époque qui n’est pas la sienne.

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Jouer un grand bourgeois, c’était un challenge ?

Auguste de Jeansin est un personnage complètement tiraillé, bouffé de l’intérieur. Il est prêt à tout pour sauver son apparence. C’est toujours extraordinaire de jouer des personnages torturés, qui font des choses pour les mauvaises raisons. J’ai fait beaucoup de comédies, j’adore ça, mais ce sont souvent des personnages plus soulignés. Ici le personnage est plus nuancé, il souffre et ne peut rien montrer. J’adore ces rôles-là. À chaque fois que j’ai joué des personnages comme celui-ci, ça m’a plutôt bien réussi.

© ProdCamille Lou et Antoine Duléry dans Le Bazar de la Charité © Prod

Vous donnez la réplique avec Camille Lou. Ce sont deux générations d’acteurs différents. Comment s’est passé cet échange ?

On s’est bien complété. Elle débarquait avec sa jeunesse et moi avec mon bagage, mes 40 ans de métier, mais c’est ça qui est intéressant. Elle n’est pas arrivée en terrain conquis, mais elle a tout de suite été extraordinaire. Elle est très travailleuse, je pense qu’elle savait qu’elle avait un vrai challenge et elle avait une émotion immédiate. En tant qu’acteur, c’est génial parce qu’on puise là-dedans. On dit qu’il n’y a rien de plus difficile que de travailler avec des enfants, car ils sont tellement vrais. Camille Lou n’est certes pas une enfant, mais elle a cette jeunesse-là. Et la technique, elle l’a acquise toute de suite. Elle nous a envoyé énormément d’émotion et je dois dire qu’elle m’a ému. À chaque prise, elle était tellement dans les larmes et je me disais: “Putain, la fille elle balance“. J’ai tourné avec beaucoup de jeunes actrices qui ne m’ont pas impressionné. Elle, elle est vraiment impressionnante.

C’était un tournage assez important (notamment avec le tournage de l’incendie). C’était aussi long dans le temps ?

Le tournage a duré 94 jours et j’ai tourné une trentaine de jours. Les filles ont beaucoup tourné. Moi j’ai fait tout le début de la série. Ça a commencé le 14 novembre, le jour de mon anniversaire, et ça s’est terminé le 19 avril, le jour de l’anniversaire de ma femme ! On tournait par segment, par décor. La maison des Jeansin se trouvait à une heure et demi de Paris. On se levait très tôt, 5h du matin, mais c’était passionnant. On a eu très froid, car on a tourné dans des maisons pas chauffables. On avait la buée qui sortait de la bouche.

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On a senti beaucoup d’émotion hier sur scène (lors de l’avant-première au Festival de La Rochelle). Comment l’expliquez-vous ?

Premièrement, on ne pouvait pas s’empêcher de penser à ces femmes qui sont mortes brûlées vives. Deuxièmement, on est très content d’avoir fait cette série, c’est important pour nous et pour la chaîne. C’est chouette d’être dans ce projet, ça me ferait chier de ne pas être dedans. J’ai beaucoup d’amis acteurs qui m’ont dit qu’ils auraient aimé en faire partie. Je sais la chance que j’ai d’y avoir participé. Et l’ambiance était excellente. Alexandre est un mec incroyable qui a embarqué toute une équipe pendant 94 jours. Il débarquait le matin en criant « On y vaaa ! ». Une fois que le truc est fini, c’est émouvant. On est dans un beau projet. On ne fait pas ça tous les jours.

© ProdAlexandre Laurent, le réalisateur, sur le tournage du Bazar de la Charité © Prod

Maintenant que la série est finie, quels sont vos projets ?

Je viens de tourner une série pour TF1. J’y joue un vrai salopard, un vrai connard. C’était très amusant ! J’adore ça ! Je continue aussi mon spectacle (Antoine Duléry fait son cinéma mais au théâtre, NDLR.). Je n’ai pas encore joué en Belgique et je ne sais pas pourquoi ! Je vais demander à mon producteur tiens… Et puis j’ai ce projet de film qui parle de l’abus de notoriété et du regard un peu prétentieux de Paris sur la Province, à travers une histoire d’amour. Un film contemporain, hélas ! J’aurais aimé remettre un costume…

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