Vampire Weekend euphorique à l’Ancienne Belgique

La formation new-yorkaise a offert un feu d’artifice pop ce lundi et se place déjà en tête de liste des groupes les plus attendus cet été dans les festivals.

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Quand nous l’avions rencontré en avril dernier à Londres, Ezra Koenig, leader en chef de Vampire Weekend, avait été très clair sur les ambitions qu’il affichait pour « Father Of The Bride », quatrième album de son groupe. « Vampire Weekend s’est donné pour mission de sortir un album à contre-courant de l’ambiance morose du moment « , nous expliquait-il.  « Un truc 100% positif, fun et ensoleillé. Ce disque est le reflet de la vie qui doit continuer coûte que coûte. »

Chansons feel good

Message reçu 100% à la sortie de l’album et confirmé ce lundi dans une Ancienne Belgique pleine à craquer.  Pour ce retour scénique en salle après six ans d’absence, pas question pour le Vampire Weekend version 2019 de se lamenter de rappeler que, oui, Trump est un imbécile, qu’il y a urgence en matière d’environnement et encore pas mal de boulot à faire pour que les femmes soient respectées. Plus non plus la peine de faire le petit malin en se la jouant « groupe indie sérieux ». Les New-Yorkais offrent un show pop, truffé de chansons sautillantes de 3 à 4 minutes maximum (exception faite pour une reprise majestueuse de Joker Man de Bob Dylan) et, tout en élevant encore un peu plus leur niveau de jeu, adoptent un mode « feel good » en effaçant longueurs, solos prétentieux et autres lieux communs pendant les rares interventions parlées.

Entre Beach Boys et The Ramones

Papa pour la première fois à l’âge de 35 ans, Ezra Koenig voit la vie en couleur. Il pète la forme, joue la carte du bonheur, de l’insouciance et de l’hédonisme. Et c’est exactement ce dont on avait besoin en ce lundi de grisaille. Avec deux batteries, trois guitares, une section rythmique groovy et des claviers vintages, Vampire Weekend s’en donne à cœur joie. Tout le répertoire y passe. Et quand on dit tout, on exagère à peine : on compte (avec l’aide de setlist.fm, on avoue…) pas moins de neuf extraits de  « Father Of The Bride », cinq de « Contra » , six de leur premier album homonyme paru en 2006 et quatre de « Modern VAmpires In The City ». Il y a les tubes (This Life en ouverture, Harmony Hall, un A-Punk qui croise les Beach Boys avec The Ramones, Cape Cod Kwassa Kwassa, Diane Young, le bien-nommé Sunflower, Diplomatr’s Son), les trucs un peu jazzy du dernier disque, des accents africains du premier album, les face B et même des raretés comme Ottoman  joué dans un rappel  « à la demande », Koenig proposant à des fans des premiers rangs et du balcon de choisir eux-mêmes les dernières offrandes de ce show généreux

Certains esprits chagrins avaient regretté le départ du multi-instrumentiste Rostman Batmanglij. Mais sur scène, force est de constater qu’il est vite oublié. Brian Robert Jones, le nouveau guitariste live du groupe, est parfait dans son rôle. Sobre dans son jeu et généreux dans ses influences puisqu’il fait tantôt penser à un gratteux échappé d’un groupe hippie de San Fransisco, tantôt à un musicien d’un college band. En deux heures trente (vingt-sept morceaux !), Vampire Weekend a visité tous les styles musicaux (rock, funk, punk, surf, jazz, ethno et on en passe) avec un sens de la mélodie qui n’appartient qu’à lui et sans jamais faire retomber la pression. Après avoir joué au volley-ball avec des ballons/mappemondes balancés dans la  salle en fin de concert les spectateurs n’espéraient qu’une seule chose : un retour cet été en festival.

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