Quand les grosses productions d’Hollywood font plouf

Avec des pertes estimées à 75 millions de dollars, Gemini Man, le nouveau Will Smith, est loin d’être le seul gros échec des grands studios. Retour sur cinq plantages historiques.

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Sorti en Belgique le 9 octobre dernier, le film Gemini Man réalisé par Ang Lee (oscarisé pour L’Odyssée de Pi) voit rouge. Ses producteurs estiment d’ores et déjà ses pertes à plus de 75 millions de dollars (67 millions d’euros), soit l’un des plus gros flops cinématographiques de l’année. Avec Will Smith dans le rôle principal et un pitch mettant la star particulièrement en valeur (Smith interprète un tueur à gages poursuivi par son clone), Gemini Man avait pourtant tout pour séduire un public friand d’action et d’effets spéciaux. Mais voilà, non seulement la sauce ne prend pas auprès du cœur de cible mais des contraintes technologiques ont considérablement freiné l’exploitation commerciale du film en salles.

Là où les films proposent 24 images à la seconde, Gemini Man utilise en effet une technique lui permettant d’en projeter 120 à la seconde. Mais voilà, certains complexes cinématographiques ne sont pas équipés pour  mettre à profit ces effets 4K.  C’est notamment le cas en Chine, un marché que les studios Paramount et Skydance, producteurs de Gemini Man, espéraient conquérir, avec l’aide d’investisseurs locaux, pour rentabiliser leur projet. Gemini Man a coûté 140 millions de dollars en production et a disposé d’un budget de 100 millions pour sa promotion mondiale. Jusqu’à présente, il n’a rapporté que 119 millions de dollars, dont seulement 21 millions en Chine. Un gros plouf qui en rappelle bien d’autres…  

Les Frères Sisters, Jacques Audiard, 2018

Budget : 38 millions de dollars. Recettes : 10,3 millions

Un réalisateur français qui a la cote auprès des médias, un casting international (John C. Reilly, Joaquin Phoenix, Rutger Hauer), une pluie de prix (Lion d’argent du meilleur réalisateur, quatre Césars) et pourtant un gros bide. Les Frères Sisters (The Brothers Sisters dans la langue de John Wayne), le western de Jacques Audiard tourné en Espagne plutôt que dans le wild wild west, a eu un succès d’estime en France (300.000 entrées),  mais s’est ramassé partout ailleurs.

Mortal Engines, Christian Rivers, 2018

Budget : 110 millions de dollars. Recettes : 70 millions
Servi par un déluge d’effets spéciaux, un pitch dans le vent (des jeunes ayant pour mission de changer un monde apocalyptique secoué par des cités prédatrices) et un scénario cosigné par le maître Peter Jackson (également producteur) à qui l’on doit la saga Le Seigneur des Anneaux et Hobbit, Mortal Engines avait tout pour faire un carton. Et pourtant. Ereinté par la critique qui lui fait un mauvais procès en le comparant à Hunger Games ou Divergente, le film se plante magistralement aux Etats-Unis et ne parvient pas à sauver suffisamment la mise sur les marchés annexes pour amortir les coûts de production énormes. Bon, on l’avoue, on vient de le revoir en vidéo et ce n’est pas si nul que ça.

Revolution, Hugh Hudson, 1985. 

Budget : 28 millions de dollars. Recettes : 0,36 millions

Revolution, vous vous souvenez ? Nous non plus. Ou comment un réalisateur habitué aux grosses productions (on doit notamment à Hugh Hudson Les Chariots de Feu ou Greystoke, la légende Tarzan) se perd dans un scénario débile et des choix de casting improbables. Soit un émigrant écossais qui arrive, fin du XVIIIe siècle, à New York en pleine révolte, cherche son fils disparu, rencontre une femme dont il tombe, of course, amoureux avant d’être impliqué  malgré lui dans la guerre d’indépendance. Hésitant entre la reconstitution historique, le drame et la love story, Revolution se ramasse sur tous les tableaux. Et puis, qui a envie de voir Al Pacino en kilt avec un accent écossais? Fusillé par la critique, Pacino fera une pause sabbatique de quatre ans avant de revenir dans le magnifique Sea Of Love. En 2008, têtu comme un âne, Hugh Hudson proposera une nouvelle version de son film (Revolution Revisited) sans succès.

47 Ronin, Carl Eik Rinsch, 2013

Budget : 225 millions de dollars. Recettes: 150 millions.
Keanu Reeves au pays des mangas, ça ne le fait pas. Ce film d’action fantasy, où il est question –comme dans tous les films d’action fantasy- d’honneur, de vengeance et d’arts martiaux, a causé un trou de 75 millions à ses producteurs et enfoncé un peu plus la cote de son acteur principal.

Le 13e guerrier, John Mc Tiernan, 1999

Budget : 160 millions de dollars. Recettes : 62 millions

Adapté du roman best-seller Le Royaume de Rothgar de Michael Crichton, Le 13e guerrier met en scène Antonio Banderas, peu crédible, dans la peau du poète/aventurier/guerrier Ahmed. Plusieurs fois pendant le tournage et la post-production, le romancier Michael Crichton prévient  le réalisateur que l’intrigue est mal rythmée et Mc Tiernan finira même par terminer tout seul le montage du long métrage. À raison, la critique s’abat sur la version finale en évoquant « un grand film malade ». Disponible dans la version Blu-Ray, le making of de cette épopée guerrière est plus captivante que le film lui-même. C’est déjà ça.

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