New Order à Forest National: entre hommage et best of

Le groupe mancunien bientôt quarantenaire a célébré avec élégance son répertoire et celui de Joy Division.

neworderbenoitbouchez138a0379

Après une prestation cinq étoiles à Rock Werchter cet été, New Order repassait en terres belges ce lundi dans le cadre d’une tournée européenne d’une poignées de dates (Prague, Berlin, Paris, Munich, …). Comme Bernard Sumner, chanteur et guitariste du groupe, le soulignait dans le Moustique de la semaine dernière, New Order n’a jamais éprouvé autant de plaisir à se produire sur scène. Et ça se voit. Finis donc les regards figés, les éclairages sombres, les setlist alambiquées et les concerts où ils jouaient dos au public. Ce lundi, dans une Forest National en formule Club, New Order a soigné le travail, y a mis du cœur, de l’enthousiasme et a imposé une production visuelle (écrans, lasers,…) de grande classe.

New Order by Benoit Bouchez

Ouvert par du Richard Wagner, le concert rappelle que New Order a sorti des grands tubes dance à l’époque où on ne parlait pas encore de dance. Trente ans après leur sortie en format maxi vinyle, des chansons comme Subculture, Fine Time, l’inévitable Blue Monday (pas la meilleure version que nous ayons entendue), l’excellent True Faith ou Temptation n’ont rien perdu de leur pertinence. Si Bernard Sumner est un peu perdu quand il ne joue pas de la guitare et si on regrette les secousses caverneuses de la basse de Peter Hook (qui a claqué la porte en 2006), le choix des chansons donne à cette tournée un caractère aussi exceptionnel qu’inédit. Derrière ses classiques, New Order déterre des chansons rarement jouées (Age Of Consent tiré de « Power, Corruption & Lies » (1983) et a raison d’insister sur son dernier disque studio « Music Complete » (2015) dont il interprète pas moins de quatre morceaux (Academic, Superheated, Tutti Frutti, Plastic).

New Order by Benoit Bouchez

Love Will Tear Us Apart

Mais le plus beau cadeau aux fans reste l’hommage rendu à Joy Division (premier groupe de Bernard Sumner et du batteur Stephen Morris) et à son chanteur iconique disparu, Ian Curtis. New Order a pris pour habitude de clôturer ses shows par Love Will Tear Us Apart. « La dernière goutte d’énergie et la plus belle chanson pour terminer un concert », déclarait dans le Moustique Bernard Sumner. Mais ce lundi, le groupe a ajouté aussi l’imparable She’s Lost Control, Disorder et Decades particulièrement sublimé par des images d’archive montrant un Ian Curtis en pleine transe scénique. Oui, malgré quelques flottements, New Order a donné ce lundi plus que ce qu’on attend généralement d’un groupe vétéran. Ils ont mis de la vie et de l’émotion dans leur répertoire, le rendant encore plus intemporel. La classe.

Photos : Benoît Bouchez

Sur le même sujet
Plus d'actualité