Le top 3 des livres de Bret Easton Ellis

Spécialisé dans le scandale, signature incontournable de la littérature américaine et personnage provocateur, l'auteur de White - livre polémique - s'est avant tout distingué par ces trois romans.

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Moins que zéro  – 1985

Paru en français en 1986, le premier livre de Bret Easton Ellis marque un moment de bascule dans la littérature américaine. Abandonnant loin derrière  lui les grands aînés (Francis Scott Fitzgerald, Philip Roth, Joan Didion…) tout en les citant en exemples, le jeune romancier (il a 21 ans) fait le portrait d’une génération désenchantée – une de plus – la génération MTV. A travers le personnage de Clay, rentré à Los Angeles pour les vacances d’hiver – Bret Easton Ellis décrit le détachement, l’indifférence, l’ennui d’une jeunesse dorée qui questionne l’hédonisme d’une époque, transformé en quête existentielle. Alcool, musique, fric, sexe, drogue – le tableau met en scène un groupe avec, au centre, ce jeune garçon qui redessine la carte du désir (il ne sait pas trop s’il est hétéro, homo, bi ou tout à la fois) et le périmètre élargi des nouveaux malaises d’une génération.

10/18, 216 p.

American Psycho – 1991

Dans White, son dernier livre autobiograhique, Bret Easton Ellis raconte que, lorsqu’il a lu des extraits de ce roman, son petit ami de l’époque n’a fait qu’une seule remarque: « Tu vas avoir de gros ennuis. » Il avait raison… Le récit est si violent, si nihiliste et si  cataclysmique que la maison d’édition d’Ellis, paniquée par les éventuelles retombées,  prend la décision d’annuler sa parution. Dans un New York chic, froid, cynique et exténuant, American Psycho raconte les aventures de Patrick Bateman – trader le jour, serial killer  la nuit. D’une grande élégance, client fidèle d’Armani, locataire d’un appartement design où la moindre soucoupe vaut une fortune, l’homme est un meurtrier sadique dont le passe-temps favori est de violer, torturer et tuer des femmes. Attaqué de partout – mais surtout par les associations féministes qui l’accusent d’alimenter la culture du viol – Bret Easton Ellis est emporté par le tourbillon du scandale et traîne toujours, encore aujourd’hui, cette sombre double réputation de sexiste et de misogyne. Derrière l’extrême violence d’Amercan Psycho, il faut aussi voir la description d’une société dont l’agressivité produit des Patrick Bateman, monstre né de la compétition sociale et des injonctions à la performance économique.

10/18, 544 p.

Glamorama – 1998

Un livre un peu moins connu que les deux précédents. Un livre peut-être peut-être un peu tro long et pourtant un livre visionnaire. Dans une ambiance de fête qui ne s’arrête jamais et de fashion-week permanente, Glamorama raconte les agissements de mannequins terroristes. Mixant les principes de la télé spectacle et la théorie situationniste de la catastrophe comme récit, Bret Easton Ellis ose montrer le terrorisme comme un acte d’esthétique nihiliste et, à peu de choses près, décrit le tableau effroyable et impressonnant des attaques du 11 septembre, annonçant la vague terroriste qui ménera les Etats-Unis à la guerre. Dans Glamorama, il y a une longue scène détaillant l’explosion d’un avion en plein vol qui vaut de l’or mais que l’on déconseille de lire dans un aéroport ) à la porte d’ebarquement, par exemple…

10/18, 792 p.

Les œuvres complètes de Bret Easton Ellis ont fait l’objet d’un coffret dans la collection Bouquins, Robert Laffont, 1088 p. et 1120 p.

Pour en savoir plus, lisez notre interview de Bret Easton Ellis dans le Moustique de cette semaine. Rendez-vous en librairie à partir de ce mercredi ou dès maintenant sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

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