Taylor Swift à l’Olympia, ça donnait quoi?

Habituée des stades, la star américaine a présenté son nouvel album "Lover" dans le temple du music-hall parisien. Moustique était au balcon et a eu plein de frissons.

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À vingt-neuf ans, Taylor Swift cumule les records: près de 50 millions d’albums vendus, 10 Grammys, 118 millions d’abonnés sur Instagram, 83 millions sur Twitter, 71 millions de friends sur Facebook et 2,7 milliards de vues pour son plus gros tube, Shake it Off. Gloups ! Quant à son septième et dernier disque « Lover », paru le 23 août dernier, il s’est écoulé à trois millions d’exemplaires (CD, vinyle, digital) en une semaine, s’imposant au sommet des charts aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Australie. Aux États-Unis, selon le Billboard, un disque sur quatre achetés depuis le 23 août est un exemplaire physique ou digital de « Lover ».

De tous les pays, de toutes les couleurs

Habituée des tournées sold-out dans les stades, la native de Reading (Pennsylvanie) a lancé une opération charme dans la Ville Lumière. Ce lundi, à l’Olympia, elle dévoilait pour la première fois en live les chansons de « Lover » devant plus 2.000 gagnants de concours venus de trente-sept pays différents. Il y avait des Belges, des frenchies, des Anglais, des Thaïlandais, des Allemands, des Polonais… Et la chanteuse – ainsi que son label Universal – ont mis le paquet. On s’attendait à un showcase habituel d’une quarantaine de minutes, rassemblant ses derniers singles, quelques sourires, un bye-bye et puis basta. On a eu droit à une toute grosse production. Une heure et demi de show sans temps mort et sans rappel, avec une bonne dizaine d’extrait de « Lover » (qui compte dix-huit chansons), un écran géant avec des projections, six musiciens, des choristes/danseuses, un son en 3D impressionnant et 2.000 bracelets à LED clignotant comme des guirlandes de Noël sur les poignets des spectateurs.

Artiste complète

Par rapport à ses amies/rivales du hit-parade, Taylor Swift affirme sa différence. Elle danse, elle chante, elle joue parfaitement de la guitare acoustique, compose au piano et n’a pas de frontières musicales. Après des débuts en mode country/Nashville, Swift s’est aventurée avec son quatrième album « Red » (2012) et « 1989 » (2014) sur des territoires pop et même électro. Disque aux mélodies pastel et aux textes décortiquant les relations sentimentales, « Lover » fait la synthèse de toutes ses influences musicales tout en restant cohérente.

Vêtue d’une robe courte en strass noir, Taylor Swift se la joue naturelle sur scène. Elle présente longuement ses chansons, distille des petites phrases en français, s’arrête en plein milieu d’un refrain pour mieux repartir ensuite. Mais c’est surtout ses qualités de performeuse et musicienne qui impressionnent. Malgré les enjeux d’un tel concert promotionnel (qui a été entièrement filmé), elle s’amuse et prend des risques. C’est seule, assise sur un tabouret, « comme à mes débuts et comme je compose dans ma chambre » qu’elle présente ainsi pour la première fois en live Death By a Thousand Cuts et Cornelia Street (le nom d’une rue de Greenwich Village où elle a eu un appartement). Après cet intermède, elle passe ensuite au piano, toujours sans ses musiciens, pour jouer le magnifique The Man, titre où elle imagine le traitement des médias auquel elle aurait eu droit à ses débuts si elle avait été un mec « plutôt qu’une fille blonde ». 

Ces moments épurés sont les plus réussis du show car on sent à la fois sa sincérité et sa fragilité. Mais on se laisse aussi bluffer par ses autres facettes. En deux claquements de mains, Taylor Swift sait faire jerker une salle (sur l’incontournable Shake It Off). Elle secouer les cœurs avec une ballade glamour (Lover) qui fait croiser Mazzy Star et Lana Del Rey. Et elle a l’intelligence de choisir la légèreté pour mieux faire passer le message, à l’image de l’excellent You Need Too Calm Down, hymne à la communauté LGBT qui n’a dû pas faire plaisir à l’administration Trump. Même si on sait qu’on ne pourra jamais la revoir dans de telles conditions, on espère une vraie tournée en Europe, un (vieux) continent qu’elle a négligé jusqu’à présent.

Taylor Swift, Lover, Universal.

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