Ryan Eggold et Freema Agyeman se confient sur le tournage de « New Amsterdam »

Héros d’une nouvelle série médicale (diffusée chez nous depuis hier soir sur La Deux), les deux acteurs ont partagé quelques anecdotes de tournage lors d’une rencontre au Festival de Télévision de Monte Carlo.

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Dans New Amsterdam, il est un médecin proche des gens, elle est une cancérologue qui les fuit. Opposés mais obligés de collaborer, Max Goodwin (Ryan Eggold) et Helen Sharpe (Freema Agyeman) sont les deux principaux protagonistes de cette série créée par David Schulner (Trauma) et basée sur les écrits du Dr. Eric Manheimer. Invités au Festival de Télévision de Monte Carlo en juin dernier, les deux acteurs se sont confiés sur ce tournage planté au sein d’un vrai hôpital.

Vous avez tourné dans un vrai hôpital. Comment s’est passée cette « immersion » ? Avez-vous été en contact avec le corps médical ?

Ryan Eggold: Oui et on a du bien les emmerder avec les caméras et tout le matériel (rires). Plus sérieusement, on a tourné dans une partie de l’hôpital qui était inoccupée, mais on restait proche de vrais médecins, de vrais patients et donc cela nourrissait nos esprits. Et puis bien sûr, on devait les laisser passer quand on était dans le chemin alors qu’ils étaient en train de travailler et de sauver de vraies vies. On les mettait en priorité par rapport au tournage. Mais c’était génial d’interagir avec eux. On a eu des échanges très positifs avec ces gens. On était parfois dans l’ascenseur avec eux : ils étaient en train de bosser et nous on se préparait à faire semblant d’être médecins. Ils disaient toujours bonjour et on parlait de l’épisode.

Avez-vous rencontré de vrais médecins pour vous préparer à votre rôle ?

Freema Agyeman: Oui, la chaîne et les producteurs du show nous ont fait rencontrer nos homologues. On a pu les suivre dans leur métier, leur poser des questions. On avait aussi des gens en plateau pour nous conseiller sur nos gestes, la prononciation des termes médicaux. Toutes les semaines, des experts nous apprenaient à bien prononcer les noms des pathologies, à les mettre en contexte. On avait à disposition un réseau massif pour nous supporter et s’assurer que nous faisions les choses authentiquement.

R.E.: Mes parents sont docteurs et mes sœurs sont infirmières. Ce sont souvent elles qui gèrent l’hôpital, plus que les médecins. C’était donc très intéressant de parler de ça avec elles.

© Prod

Auriez-vous pu être médecin ?

R.E.: Oh mon dieu, non ! Enfin… Je pourrais pratiquer l’aspect humain : les conversations, le dialogue, la compassion, le soin, mais pratiquer une opération ou ce genre de choses, j’en serais incapable. C’est délicat, il faut avoir été à l’école pour ça (rires). Je ferais tomber les ciseaux dans l’estomac du patient.

F.A.: On rigole, mais l’un de mes amis acteurs a joué pendant des années dans un show où il était chirurgien. Il s’est ensuite dit « Oui, je pourrais le faire ! », il a abandonné sa carrière d’acteur, a été en école de médecine et il est maintenant chirurgien. Je ne vous raconte pas des mensonges, c’est promis ! Donc, c’est possible.

Qu’avez-vous pensé en lisant le script pour la première fois ? « Oh, encore une série médicale » ?

R.E.: Oui, exactement. Je ne voulais pas lire le script, car effectivement j’ai pensé: « As-t-on vraiment encore besoin d’une série médicale? ». J’ai finalement été encouragé à le lire par Grace Wu, la vice-présidente exécutive de NBC, et je suis super heureux qu’elle m’ait poussé à le faire. J’ai trouvé que le rythme était unique, il y a une vraie conversation sur les soins de santé, qui est finalement une métaphore plus large sur la façon dont on se traite les uns les autres. La série s’intéresse au métier de médecin, à pourquoi ils font cette profession, au-delà de l’aspect financier. J’ai trouvé qu’il y avait là un point de vue unique sur le sujet et c’est en ça que cela se différenciait des autres séries médicales.

Est-ce que vous avez désormais un autre regard sur les choses quand vous allez à l’hôpital ?

R.E.: Oui, c’est le jour et la nuit ! Quand j’allais à l’hôpital avant, heureusement pas souvent, c’était juste pour moi un endroit étranger, tandis que maintenant j’y vois des gens travailler, des interactions, l’artillerie massive de ce système, les mouvements des médecins, des infirmiers·ières, le flux, toutes ces choses qui arrivent en même temps, toutes ces situations en train d’être gérées, l’énorme émotion qu’on peut éprouver dans un endroit pareil, les enjeux de vie et de mort, et pourtant c’est juste un jour normal pour les gens qui y travaillent. Mon rapport à l’hôpital a définitivement changé.

© Prod

La série est basée sur les mémoires d’un médecin, Eric Manheimer. Avez-vous lu ses écrits pour vous préparer à vos rôles respectifs ?

F.A.: Oui, c’est d’ailleurs l’un des producteurs du show. La série est inspirée de ses mémoires, mais il n’y a que 12 patients là-dedans. Certains ont été repris dans la série, mais nous avons tourné 22 épisodes, donc il en fallait évidemment beaucoup plus. De nouvelles histoires devaient être créées et il fallait qu’elles restent dans la même lignée que celle du livre. Il était donc là pour apporter son regard sur ces nouvelles histoires. Tous les problèmes abordés sont très pertinentes et très actuels. Ce sont des choses qui nous concernent, dont on peut parler avec nos amis.

R.E.: On parle par exemple du fait que les firmes pharmaceutiques surtaxent des médicaments nécessaires à la survie de milliers de personnes, les compagnies d’assurances qui sont très compliquées. La série parle de tous ces systèmes inefficaces qui placent malheureusement parfois le profit au-dessus du soin de la personne.

Que pouvez-vous nous dire de la suite de la série ?

F.A.: À vrai dire, on ne sait pas vraiment en avance ce qui va se passer. On pourrait demander, mais je n’aime pas vraiment savoir la suite d’une série dans laquelle je suis en train de jouer, surtout celle-ci. Helen Sharpe est un personnage très étrange pour moi. Parfois, quand je joue un rôle, je sais exactement comment ce personnage bouge, parle, mange, boit et écoute, mais ici, je n’avais aucune idée de qui elle était. Je me disais « Oh mon dieu, ça va être super difficile de la rendre chaleureuse ». C’était un challenge complètement différent pour moi. Je ne veux pas vraiment savoir ce qu’elle va devenir car j’aime bien évoluer en même temps qu’elle.

Avez-vous appris des choses utiles en faisant semblant d’être médecin ?

R.E.: Oh mon dieu, juste les techniques de réanimation cardio-pulmonaire, mais c’est tout. Sinon, je pourrais crier très fort si vous vous évanouissez maintenant (rires) ! Mais c’est marrant que vous demandiez ça parce que il y a quelques temps, j’étais dans un avion et une dame ne se sentait pas bien et je suis allé vers elle en demandant « Comment puis-je vous aider ?« . Les gens m’ont regardé bizarrement en mode « Qu’est-ce que tu fais, tu crois que tu es en plateau là ?« .

Votre personnage est malade. Cela vous a-t-il fait réfléchir sur la mortalité ?

R.E.: Oui, cela vous fait réfléchir ! Il faut imaginer avoir cette maladie, et cela fait penser à beaucoup de choses différentes. J’ai beaucoup parlé avec Eric et les problèmes de santé auxquels il a été confronté, j’ai parlé avec d’autres personnes qui combattent le cancer. Larry, mon chauffeur sur le tournage, combat quelque chose de similaire. C’est un défi de taille. Cela fait réfléchir également sur le manque de contrôle sur notre corps.

Vos parents, qui sont donc médecins, ont-ils regardé la série ?

R.E.: Oui, et ils ont aimé. Mes parents sont mes premiers fans, ils sont si mignons. C’est très agréable d’avoir un retour de la part de médecins. Cela veut dire qu’on reflète les choses fidèlement par rapport à ce à quoi ressemble leur métier au jour le jour. C’était le but ultime.

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