BSF 2019, Giorgio Moroder et ses boules à facettes ont mis tout le monde d’accord

Un troisième jour presque morose pour le BSF légèrement victime d’un line-up plus faible. Heureusement, le dj de 79 ans a su remonter la barre (très) haut.

©Audrey Vanbrabant

En toute honnêteté, on n’était pas très convaincu par cette troisième journée au BSF. Temps ingrat, concerts un peu plats, festivaliers peu présents. Mais tout ça, c’était avant. Avant que la légende Giorgio Moroder vienne enflammer la place des Palais.

La journée commençait par du rap au Mont des arts avec les français Lonepsi et Kikesa et le rock bruxellois de Beyond The Pines sur la main stage. Le tout restait gentil. Sympa, mais sans plus. On note tout de même un Kikesa loquace, en interaction permanente avec son (très jeune) public venu assister au concert. Un dinosaure gonflable (oui), un genou abimé pour Kikesa (re-oui) et son titre Soulever des mamans plus tard, on se mettait en route pour aller découvrir Hooverphonic.

Cette douceur folle

Depuis sa création en 1995, le groupe belge a connu presque une dizaine de chanteuses différentes. En avril de l’année dernière, la jeune flamande Luka Cruysberghs s’est jointe à Alexis Callier et Raymond Geerts, présents depuis les débuts du groupe. La lauréate de The Voice of Flanders a assuré le show. À tout juste 18 ans, on aurait pu imaginer que Luka ait du mal à s’imposer face à des centaines de personnes amassées au pied du Palais royal. Mais non. La jeune femme assure le spectacle, les transitions et les changements de tenues. D’une douceur folle, sa voix transporte quiconque l’écoute. Doucement, le BSF s’envole vers une autre planète l’espace de quelques minutes. Entre titres du nouvel album, morceaux plus connus et le fameux Mad about you que les festivaliers attendaient avec impatience, les Belges signent une jolie performance. Mais déjà, dans les premiers rangs du public, la rumeur Giorgio Moroder enfle. Courage, il ne reste que 45 minutes à patienter.

En attendant Giorgio…

Juste le temps de déambuler dans les rues du festival bruxellois et d’aller goûter l’un (ou les, soyons fous) des innombrables food trucks. Avec ces dizaines de camions, le BSF propose de la bonne bouffe pour tous les goûts et tous les budgets. Le tout avec le concert du rappeur français S.Pri Noir en fond et une pluie fine qui semblait ne pas vouloir quitter la fête.

Sur le coup de 22 heures, les points de restauration commençaient lentement à se vider. Vint le moment crucial où il a fallu choisir. Le rap mélancolique de Gringe ou l’intrigue suscitée par Giorgio Moroder ? Notre cœur n’a que très peu balancé. Animé par une curiosité folle stimulée par les bruits de couloir, nos pieds ont remonté sans trop d’hésitation la poignée de marches qui séparent le Mont des arts de la place des Palais.

Le roi de la night

On ne va pas se mentir. Le nom de Giorgio Moroder ne nous n’a pas fait bondir de joie. Et pour cause : il était royalement inconnu à notre bataillon. Un bref détour sur Google et on apprenait que le dj de 79 ans n’était autre que le fondateur du disco et le pionnier de la musique électro. Ah ! En réalité, Giorgio Moroder a tout d’une légende vivante. La bande originale de Midnight express, c’est lui. Celle de Scarface aussi. Les chansons les plus connues de tous les temps telles que Last dance ou Hot stuff, toujours lui. Au total, l’homme a collaboré avec tous les plus grands noms. Donna Summer, David Bowie, Queen, Janet Jackson, et des dizaines d’autres. En fait, on le connaît super bien ce Giorgio.

Sans aucun doute, il a su mettre tout le public d’accord. Pluie ou pas, la place des Palais a dansé au rythme de ses tubes phares. Des décors psychédéliques sortis d’un film, des chanteuses hautes en couleur aux voix sublimes, une interaction pleine d’humour, l’artiste a clairement volé notre cœur. Toutes les générations présentes vendredi soir seront d’accord pour dire que la star du Brussels Summer Festival, c’était lui.

©Audrey Vanbrabant

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