Feu! Chatterton vole la vedette à Booba au BSF

Malgré une intense scène rap et quelques belles surprises, ce sont bien les groupes de rock qui ont marqué la journée de jeudi au BSF.

©Valentin Mattelaer

Difficile de passer à côté de l’affiche du BSF ce 15 aout. La grande soirée rap était l’occasion d’enchaîner Columbine, Caballero & Jeanjass, et surtout l’irremplaçable Booba, qui traîne dans le cœur des amateurs de rap français depuis la fin des années 90.

Après la découverte assez unique de Lord and Hardy, le public se rajeunit pour accueillir Columbine. Lujipeka et Foda C débarquent avec une aisance impressionnante sur la grande scène du BSF. Et pour cause, ce n’est ni leur première, ni leur dernière. Dix minutes du concert suffisent pour se rendre compte du phénomène. Beaucoup sont présents uniquement pour voir le duo, et il leur rend bien. Toutes les chansons sont portées par une base de fans qui s’époumonent sur les refrains. Le groupe s’autorise même à dégainer son single Cache-Cache dès les premières minutes du set, dans une euphorie générale qui fait plaisir à entendre. Columbine se donne à fond. Le public aussi et l’ambiance est au beau fixe. Le tapis est déroulé pour le duo le plus célèbre du rap belge.

©Valentin Mattelaer

Double Hélice peine à convaincre

Mais qu’est-il arrivé à Caballero & Jeanjass ? Impossible de comprendre comment un groupe qui retournait des foules avec les dix titres du premier Double Hélice est devenu aussi pataud sur scène. Pourtant, bon nombre de tubes composent la setlist du duo qui joue « à la maison ». Ça en devient presque risible, lorsque Caballero lance fièrement que son comparse « n’a pas la moindre goutte de transpiration » après une heure de live. La mise en scène de la cabine téléphonique qui sonne et interrompt les couplets est drôle aux deux premières interventions, mais s’éternise et devient carrément envahissante. Un concert qui évite le fiasco grâce aux morceaux entraînants de DH2 et une fin de concert beaucoup plus dans l’ambiance habituelle du duo. On les a connus en meilleure forme.

Le public de la place des Palais se vide, mais se remplit à nouveau presque immédiatement. Et pour cause : les prestations de Booba sont rares. Il faut donc batailler pour se trouver une place au milieu de cette foule euphorique.

Le colosse aux pieds d’argile

Assister à un concert de Booba au premier rang est une expérience unique. Au cœur d’une foule de fans hurlants et avec un enchaînement impressionnant de tubes, il est tentant de glisser dans une espèce de fascination pour cet artiste, que beaucoup considèrent encore comme une légende du rap français. Pourtant, le tranchant s’émousse rapidement, et le colosse peine à cacher les faiblesses de son show. Immobilité fatigante, couplets bâclés et manque d’énergie donnent au tout une impression de nonchalance, voire de paresse. L’apparition surprise de Médine redonne un coup de vigueur sur scène mais n’aide pas beaucoup pour les chansons suivantes. Le public, lui, continue de réciter assidument toutes les chansons du Duc de Boulogne.

©Valentin Mattelaer

Feu! de tout bois

De l’autre côté de la place royale, au Mont des Arts, c’est un tout autre spectacle qui s’offre au public. Les cinq comparses de Feu! Chatterton déroulent leurs longues mélodies oniriques et jonglent avec aisance entre les différentes ambiances. Oui, ce sont des excellents musiciens. Oui, Arthur Teboul, le chanteur, capte toujours l’attention par son jeu de scène unique et ses transitions maîtrisées à la perfection. Feu! semble déconstruire et reconstruire ses chansons avec une simplicité qui lui est propre, et n’hésite pas à sortir ses morceaux moins populaires de son répertoire comme Bic Medium ou Sari D’Orcino. Ce qui ne l’empêche pas d’assumer les préférées du public, comme le magnifique Souvenir ou La Mort dans la Pinède, et d’offrir une version somptueusement rallongée de La Malinche. Une prestation encore plus impressionnante que celle qui avait marqué les esprits sur la même scène en 2016. A chaque performance, Feu! Chatterton semble s’améliorer, de quoi nous faire attendre impatiemment leur prochain passage dans la capitale !

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