Nos six rendez-vous à ne pas manquer au festival de Chassepierre

La 46e édition du Festival international des arts de la rue de Chassepierre commence samedi. Cette année, le corps est mis à l'honneur. Et des coups de corps aux coups de cœur, il n’y a qu’un saut de voltige que nous pratiquons ici.

©Libertivore Phasmes

Comme tous les avant-derniers week-ends d’août, le petit village de la province de Luxembourg s’apprête à accueillir une cinquantaine de compagnies venues de France, d’Espagne, des Pays-Bas, d’Allemagne, de Suisse, de Tchéquie et de Belgique. Depuis des années, Chassepierre a acquis de sacrées lettres de noblesse et abrite aujourd’hui un des festivals les plus importants dédiés aux arts de la rue en Europe. La thématique de cette année est “Corps en mouvements, corps émouvants”. Des corps à regarder, à écouter ou à suivre au fil des émotions qu’ils feront naître auprès d’un public de plus en plus nombreux. Musique, théâtre, cirque, danse, déambulation, installation: voici une petite sélection de ce qui vous attend cette année.

Sabordage!

Association d’artistes d’Arles, La Mondiale générale pratique un art du cirque qui peut s’apprécier sans arrière-pensées mais qui peut également susciter la réflexion. Dans Sabordage!, quatre comédiens acrobates cherchent à créer un équilibre sur des morceaux de bois. On est loin d’une compétition sensationnelle à la Koh-Lanta, plutôt dans un spectacle sur l’instabilité, jouant sur la coexistence et la complémentarité des corps. L’image de ces artistes trop nombreux pour tenir sur des surfaces trop petites (mais qui tentent d’y parvenir quand même) est une porte ouverte à toutes les interprétations possibles liées à la problématique actuelle d’une planète, la nôtre, qui a de plus en plus de mal à porter tous ses habitants à bout de bras.

Little Joy

Le chorégraphe suisse Joshua Monten pratique la violence consensuelle! Inspiré par les arts du combat, voire le catch, par l’art de la baffe (“slapstick”, technique chère au burlesque pratiquée par Charlie Chaplin ou Buster Keaton) mais aussi par les bruits de notre quotidien, il imagine une pièce pour trois danseurs “violents”. La douleur est feinte (encore heureux), mais elle donne lieu à des expressions corporelles et faciales réjouissantes. Les protagonistes accompagnent leurs combats d’effets sonores décalés ou disproportionnés, interprétés en direct. Une forme décapante d’humour helvète!

©Joshua Monten

VibratO

La Fausse Compagnie ou cinq musiciens qui délimitent un territoire baptisé le Kiosque.  Mission? Créer, le temps d’un spectacle, un univers à part avec des instruments sortis de l’imaginaire d’un Gepetto chef d’orchestre. Ces violons, violoncelles ou contrebasses – reliés à un système d’amplification mécanique – donnent l’impression d’avoir été greffés à une trompette. Le territoire délimité par le Kiosque où ils s’exécutent devient celui d’un imaginaire où le champ des possibles se révèle infini.

Cirquélix

La Passante est une compagnie de femmes pratiquant une forme de spectacle destinée aux passants. Éloge de la lenteur (mais pas que), Cirquélix met en scène des femmes escargots qui vont déambuler, puis au hasard de la rencontre, s’attacher (comme tout gastéropode digne de ce nom) à créer une intimité très compliquée à vivre aujourd’hui dans la rue avec le premier être venu. Bon, il faut aimer les escargots évidemment…

©D.R.

Les rois sauvages

Il n’est pas courant de croiser trois vieux rois au détour d’une ruelle. Ceux imaginés par la compagnie belge Puurlain trimbalent des siècles d’une sagesse qu’ils ont bien l’intention de partager avec ceux qu’ils vont rencontrer sur leur route. Les marionnettes grandeur nature qui vont déambuler à Chassepierre portent ces valeurs sur leurs visages burinés mais aussi dans les chants, les danses et les rituels qu’elles colportent dans des langues disparues. Le but étant de trouver de nouveaux rois appelés à leur succéder au hasard de leur quête.

Ce qui nous lie

Depuis 2015, Chassepierre accueille toute l’année des artistes en résidence, qui mènent leurs recherches en milieu rural, dans le respect de l’éthique du festival. Parmi les artistes qui en ont bénéficié, la compagnie Daddy K7 qui travaille sur le recyclage de vieilles cassettes audio, Off Road qui s’intéresse aux traits des individus et Stéphanie Laforce qui a imaginé, dans Ce qui nous lie, une installation constituée d’élastiques sonores.

©Stéphanie Laforce

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