« Good bye, Lenin », immersion « ostalgique »

Le mur de Berlin est tombé il y a trente ans, mais certains cultivent la nostalgie d’une Allemagne de l’Est pourtant totalitaire.

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La situation en Europe était simple à nos yeux avant 1989: à l’Est, les dictatures communistes, à l’Ouest, les régimes démocratiques. C’est dire si la chute du mur de Berlin, qui coupait en deux l’ancienne capitale du Reich, offrait forcément une ère nouvelle de liberté aux peuples opprimés. Sauf que de nombreux citoyens d’Allemagne de l’Est, soudainement confrontés aux réalités du capitalisme, se sont mis peu à peu à cultiver une curieuse nostalgie (surnommée “Ostalgie”) d’un système totalitaire en ne retenant que ses quelques aspects positifs. L’excellente comédie Good Bye, Lenin! décrivait parfaitement cet état d’esprit en 2003 en liant les conséquences de la fin d’un monde à une histoire de famille dans laquelle un jeune homme essaie de cacher la disparition du Mur à sa mère, afin de lui éviter un choc qui pourrait être fatal.

Les choses ont-elles beaucoup changé en 2019? Pas tant que ça. Ci et là, dans l’ancien Berlin-Est, des traces concrètes de cette époque révolue subsistent. À l’instar du tout simple Café Sibylle, sur la Karl-Marx-Allee, où les plus âgés aiment se retrouver dans une ambiance où ils se sentent “chez eux”, tandis que les quelques touristes de passage peuvent y apprécier des consommations à prix très modiques, entre de vieilles photos et autres objets de déco désormais vintage. Quelques stations de métro plus loin, le DDR Museum, qui présente de façon tangible ce qu’était la vie quotidienne des habitants de la RDA, ne désemplit pas. Le Mémorial du Mur, lui, vient tout de même rappeler que cette immense balafre en plein cœur de la ville a divisé l’Europe de 1961 à 1989, séparant des milliers de familles et causant la mort de nombreux candidats à l’exil vers l’Ouest. Preuve que la nostalgie est bien souvent sélective.

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