Des livres sur scène à l’Intime Festival

Le chapitre 7 du festival littéraire continue d’explorer une forme de spectacle unique – la lecture publique – où la voix, le texte et le silence dansent. Focus sur les livres phare de l’Intime commentés par les librairies partenaires de Namur.

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Avec sa programmation ambitieuse, son standing affirmé et son ouverture soignée à d’autres expressions, l’Intime Festival de Namur s’est définitivement installé comme l’un des plus jolis rendez-vous de la fin des vacances. Niels Arestrup, Mathieu Amalric, Marianne Denicourt, Valérie Bonneton, Florence Aubenas, Lieve Joris, Jeroen Olyslaegers…, cette édition aligne un casting trois étoiles de comédiens et d’auteurs. Nous y reviendrons dans un numéro spécial le 21 août prochain. Mais nous voulions commencer par retourner aux origines de tout cela, aux livres, à leurs lecteurs et aux libraires, qui font le lien entre les deux. Nous avons donc demandé aux animateurs de Papyrus et du Point Virgule de chroniquer les ouvrages qui les avaient marqués, les renvoyant ainsi à la première fonction de leur métier: mettre l’eau à la bouche.

Nous avons déjà souligné le travail remarquable de ces deux librairies. À peine distantes d’un kilomètre, elles sont pourtant étrangères à toute concurrence, au point de tenir ensemble le temps du festival la librairie du Théâtre de Namur. Associées à l’Intime depuis le début de l’aventure, elles glissent des suggestions à sa direction, présentent les livres sélectionnés le moment venu et, surtout, elles travaillent toute l’année à inviter des écrivains, conseiller les lecteurs et défendre l’accès à la culture puisque leurs activités ne s’arrêtent pas à la littérature. L’an passé, pour les récompenser de ce beau dynamisme, nous leur avions donné la parole. Cette fois, ils ont pu écrire…

Intime Festival, du 23 au 25/8. Théâtre de Namur. www.intime-festival.be

Un membre permanent de la famille de Russell Banks

Par Natacha Mangez de Papyrus

 

Expert en humanité, Russell Banks nous ouvre les yeux sur les failles de nos trajectoires et de nos sociétés dans ce recueil paru en 2015. Il aligne douze nouvelles qu’on peut lire comme un roman, tant elles se complètent et s’équilibrent. Banks déplie devant nous les vies intérieures de ses personnages, poignants de véracité face à des situations de crise ou sur une pente glissante – une séparation, un don d’organe, un accident glauque dans un parking sécurisé… Se côtoient lâcheté et lucidité, élans de sincérité et mensonges dans un kaléidoscope où chacun pourra se reconnaître même s’il nous parle aussi des États-Unis, pays de la liberté mais aussi du “chacun sa croix”.
Babel, 240 p.
Lecture par Niels Arestrup – Vendredi 23, 20h30.

Fuki-no-tô d’Aki Shimazaki

Par Anouk Delcourtde Point Virgule

Née au Japon, Aki Shimazaki vit à Montréal depuis 1991 où elle écrit, en français, une œuvre singulière. De livre en livre, Shimazaki ouvre des fenêtres finement ajourées sur les recoins cachés de la mentalité japonaise. Ses romans sont brefs, épurés, ils tiennent au creux d’une main et sont de précieux compagnons de vie. Fuki-no-tô appartient au cycle “L’ombre du chardon” qui explore les hasards dont sont tissées nos existences. Il y est question d’Atsuko qui a repris l’exploitation agricole de son père pour la convertir en ferme biologique. Elle y travaille avec constance et acharnement. Mais quand réapparaît Fukiko, amie d’adolescence perdue de vue depuis vingt ans, Atsuko voit s’affoler la cartographie de ses désirs. La passion amoureuse fera céder les digues émotionnelles érigées par une vie d’abnégation. Avec une infinie délicatesse et en tendant à ses héroïnes un sublime et fragile miroir végétal, Aki Shimazaki fait le récit d’un amour qui serait un chemin à la fois d’abandon et d’émancipation.

Actes Sud/ Leméac, 152 p.  
Lecture par Valérie Bonneton – Samedi 24, 18h15.

 

 

 

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