Mustii en mode conquérant à Ronquières

Le prince androgyne de la pop, mais aussi la chanteuse soul Typh Barrow et Lomepal ont brillé à bâbord et tribord du Plan incliné. Le Ronquières Festival, qui affiche complet, se clôture ce dimanche avec Clara Luciani, Eddy de Pretto et Bigflo et Oli.

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Au Ronquières Festival, on fait les choses simplement mais on les fait bien. Et ça fonctionne. Un vestige architectural, par ailleurs en rénovation, au milieu (le Plan Incliné), une scène Tribord à droite, une autre, à gauche, baptisée fort logiquement Bâbord, deux jours de musique, une affiche qui tangue entre artistes fédérateurs et talents émergents… That’ s It. Si vous ajoutez un sens de l’accueil irréprochable et une équipe organisatrice qui a des ambitions mais les mesure  rigoureusement pour garder sa taille humaine, vous comprendrez pourquoi cette huitième édition affiche complet (45.000 personnes) ce week-end.

Une pirate à Bâbord

Première journée ce samedi et première bonne surprise. Le public est déjà là très tôt, au taquet, prêt à faire la fête et surtout attentif à ce qui se déroule sur scène. Nous avions vu Juicy et Claire Laffut en début d’après-midi aux Francos. Comparaison n’est pas raison, mais leurs concerts à Ronquières, qui ont eu lieu dans la même tranche horaire, ont attiré plus de monde et suscité davantage d’interaction. Pareil pour Glauque qui, à chaque prestation, écrit de sa plus belle plume ce que sera le rap belge de demain. Cœur de Pirate, en fin de tournée, a aussi fait le job, et avec le sourire.

Belle claque aussi avec Last Train, seule formation rock programmée ce week-end, qui a levé un coin du voile sur son deuxième album « The  Big Picture », qui sortira le 13 septembre. Entre énergie brute et passages plus introspectifs, décharges électriques et refrains carrés, le groupe alsacien joue admirablement sur les contrastes, à l’instar du nouveau titre Disappointed déjà posté sur leur page Facebook. Last Train nous reviendra  au Zik Zak, à Ittre, le 14 novembre et au Botanique le 19 décembre. On en reparle très vite.

Mustii donne tout

Dix mois après la sortie de son premier album « 21st Century Boy », Mustii poursuit sa tournée euphorique sans jamais brader ses prestations. Salles ou festivals peu importe, Mustii et son band déboulent avec les gros moyens. Décors, lumières, son d’une rare pureté et toujours ces beaux effets visuels avec ces tentures aux mouvements  élégants. Son set s’assimile désormais à un best of avec, comme sur son disque, ce climax interpellant en clair-obscur où les chansons les plus entraînantes sont aussi celles où cet artiste inspiré exprime toute sa fragilité. Mustii joue encore au Brussel Summer Festival le 18 août et aux Solidarités, à Namur, le 24 août.

Typh Barrow: voix soul et âme blues

Comme Mustii, Typh Barrow a pu mesurer à Ronquières tout son pouvoir fédérateur sur un public familial (dans le sens le plus noble du terme). Et comme Mustii, elle est infatigable sur scène et généreuse. Discrète et posée dans la vie de tous les jours, cette jeune femme se métamorphose dès qu’elle joue de la musique. Auteure, compositrice, pianiste, chanteuse dotée d’une voix soul et d’une âme blues, Typh Barrow est actuellement en pleine phase d’écriture de nouvelles chansons, après une tournée marathon qui a affiché complet partout.  Elle était visiblement heureuse de sortir sa bulle créative. Son bain de foule et sa séance de dédicaces qui ont suivi sa prestation ont duré aussi longtemps que son concert. Respect.

Lomepal: jour de fête

Aux côtés de Typh Barrow et Mustii, Lomepal complète notre tiercé gagnant de ce samedi. Avec ses potes Orelsan et Roméo Elvis, Antoine Valentinelli fait partie de ces artistes issus de la scène rap francophone qui n’ont que faire des codes en vigueur dans cette culture. Explosant les frontières entre chanson, hip-hop et même rock (cf sa chanson dédiée à Dave Ghohl des Foo Fighters sur son dernier album Jeannine), Lomepal donnait à Ronquières son dernier concert en festival cet été, avant de jouer les prolongations en salles cet automne. Un jour de fête pour le garçon et son groupe  qui ont enchaîné tubes pour danser (Club, X-Men, 1000 degrés), chansons pour réfléchir (Malaise, Le vrai moi) et d’autres qui jouent sur l’émotion (Plus de larmes, Beau la folie). Comme chez ses potes Roméo Elvis et Orelsan, Lomepal fait la différence en se produisant avec des grattes, des claviers, une batterie et un cœur gros comme çà.

Photos: Mathieu Golinvaux

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