« O.G. » : 24 ans sous les verrous

Jeffrey Wright (Westworld) impressionne dans O.G., film engagé tourné dans un pénitencier.

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Déjà dans le parc d’attractions à robots de HBO, Jeffrey Wright avait démontré son incroyable capacité à jouer les personnages à tiroirs. Ici, il déploie toutes les nuances de son jeu dans le rôle de Louis, condamné à perpétuité bientôt libéré pour bonne conduite, après 24 ans sous les verrous. On suit les dernières étapes de sa vie dans ces lieux qui sont devenus ses seuls repères et sa rencontre avec Beech, jeune malfrat charismatique qui risque une longue peine. O.G. (“original gangster”), mentor, Louis tente de le détourner du pire. Pour incarner le protégé, Madeleine Sackler a choisi Theothus Carter, un vrai détenu, toujours incar- céré d’ailleurs. Cet aspect “réel” soutient l’intention du téléfilm: nous donner à ressentir la détresse du personnage, sa difficulté à aborder un futur à l’extérieur, l’absence de programmes de réinsertion qui pourraient l’y aider, sa confrontation avec les conséquences de ses actes, même si longtemps après.

La réalisation prend le temps et nous  évite pas mal de poncifs de cet univers carcéral si souvent porté à l’écran. On  regrette cette référence à Prison Break en la personne de William Fichtner qui incarne ici, fort bien d’ailleurs, un inspecteur. Le clin d’œil, même s’il est savoureux, entraîne des réminiscences parasites, qui cassent l’impression d’authenticité si importante dans O.G. Le téléfilm reste poignant, fort, assez fin, et pose surtout la question trop souvent éludée de l’utilité de la prison pour la société, les victimes et les criminels eux-mêmes. Malgré quelques redites, on le recommanderait sans réserves. N’étaient les origines de la réalisatrice, héritière de Purdue Pharma, la société qui s’est enrichie avec l’OxyContin, au cœur de l’énorme scandale actuel des opiacés. Peut-on devoir son confort de vie à une drogue et militer pour les prisonniers?

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