Jeux de société: les Belges gagnent (encore)

Ce lundi 22 juillet, le Spiel des Jahres 2019, équivalent des oscars des jeux de société en Allemagne, vient d’être attribué à Just One. Un jeu familial signé Repos Production, l’éditeur belge qui n’en finit plus de cartonner.

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« C’est un accomplissement professionnel et humain, la consécration ultime pour un éditeur de jeu », commentent Thomas Provoost et Cédrick Caumont, le duo de passionnés de Repos Production (photo ci-dessous). Ce prix pour Just One, c’est à la fois une évidence et une vraie surprise dans le monde ludique. Une évidence, parce que Just One, c’est de la bombe: un jeu coopératif, un jeu d’ambiance, un jeu de mots, un jeu simple mais pas simpliste, un jeu familial dans le bon sens du terme, qui s’explique en une minute et se joue des soirées entières. Il l’a méritée, sa victoire.

Elle reste pourtant étonnante, parce que Just One tranche dans les lauréats habituels du Spiel des Jahres. De Catan à Azul en passant par Abalone, Carcassonne ou Les Aventuriers du Rail, la distinction revient en effet souvent à des jeux dits « à l’allemande », plus stratégiques que d’ambiance. Just One tranche donc… et va certainement soulever les débats dans la communauté ludique. Comme l’ont souvent fait les jeux de l’éditeur belge.

Des passionnés qui ont osé

Just One, concept développé par une société française et racheté – puis modifié – par Repos Prod, est souvent appelé « le nouveau Time’s Up ». Pas étonnant. Parce que Time’s Up, c’est aussi Repos Production. La success story belge est même partie de là. En 2002, à la Foire Internationale du Jeu d’Essen (Allemagne), deux passionnés s’enthousiasment pour ce concept inventé par un américain, qui consiste à faire deviner des mots à un partenaire en les expliquant, puis en les mimant. Cédrick Caumont est informaticien. Thomas Provoost psychologue. Les Belges aux sombreros comme on les appelle. Ils sont connus, mais pas pros. Pourtant, ils initient leurs proches, enchaînent les parties, constatent l’enthousiasme et rêvent d’adapter la formule au public européen.

Fini le rêve, ils se lancent et contactent l’éditeur pour proposer un contrat. En parallèle, ils commencent à remanier Time’s Up : nouveaux noms, nouveaux graphismes, tests à grande échelle lors de leurs soirées jeux hebdomadaires, modification des règles… Un an plus tard le contrat est signé. En 2004, le jeu existe, est produit, distribué en Belgique et démarre très fort, sans pub, par le bouche-à-oreilles. Depuis, Time’s Up est adapté dans une quinzaine de langues et a donné un jeu télé.

« Editeur de bons jeux »

Ça devient sérieux. Le duo sort Cash’N’Guns, Mascarade… Puis arrive 7 Wonders. Un jeu « pour connaisseurs », de stratégie, diaboliquement addictif et rejouable. BIM! Les Belges aux sombreros gagnent le Spiel des Jahres catégorie « Kenners » (connaisseurs) en 2011. Et plein d’autres, puisqu’il est reconnu comme « le jeu le plus primé au monde ». Flair, passion, savoir-faire… Ils publient ensuite, Concept. Un autre nouveau classique (le Spiel des Jahres leur passe d’ailleurs sous le nez de peu). Et When I Dream, un petit bijou de poésie. Puis Just One.

Aujourd’hui, Repos Production emploie plus de 15 personnes, à Bruxelles. Leurs jeux sont distribués dans le monde entier. Leur secret? Tester, réfléchir, veiller au plaisir. Cédrick Caumont et Thomas Provoost continuent à jouer, le sombrero sur la tête, le regard tourné vers de nouvelles aventures ludiques. Et ceci n’est pas du storytelling. C’est une vraie belle histoire belge.

DR

Plus d’infos: www.rprod.com

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