« An accidental Studio » : le scarabée et les pythons

L’histoire d’une boîte de production créée de toutes pièces pour sauver une comédie culte, Life Of Brian.

belgaimage-153186803

Le ticket de cinéma le plus cher de l’histoire. Voilà comment on pourrait définir l’apport financier de George Harrison (oui, le Beatle) dans la production du film Life Of Brian (photo) des Monty Python. Un film devenu cultissime pour son humour absurde et subversif, mais dont le script, pourtant moins décousu que celui de Holy Grail, avait fait fuir les financiers d’origine quelques jours avant le tournage. Une catastrophe pour Terry Gilliam et ses potes, prêts à embarquer pour la Tunisie et à dépeindre la vie de cet ersatz du Christ.

Heureusement pour eux, pour nous et pour le cinéma dans son ensemble, le script arriva entre les mains de George Harrison. Décidé à voir cette nouvelle folie des Python sur grand écran, il créa sur-le-champ la boîte de production HandMade Films, allant jusqu’à hypothéquer sa maison pour leur permettre de monter ce qui se révélera l’une des meilleures comédies jamais écrites. Une aubaine pour les Monty Python, qui ont d’ailleurs glissé une petite référence en fin de film puisqu’ils remercient Harrison à leur façon dans la dernière réplique: “Savez-vous qui a payé pour ces âneries? Ils ne vont jamais revoir leur argent”…

Vu le succès de La vie de Brian, Harrison décide de pérenniser HandMade Films et de garder sa casquette de producteur. Mais la chance tourne vite. Si les deux longs métrages suivants, The Long Good Friday de John Mackenzie et Time Bandits de Terry Gilliam sont salués par la critique, George Harrison et ses collaborateurs voient leurs investissements partir en fumée au fil des années 80. La sortie de Shanghai Surprise, avec Sean Penn et Madonna, enterre définitivement leurs espoirs de faire de HandMade Films une société qui compte. Avec quatre films produits depuis 2000, l’entreprise se meurt.

Sur le même sujet
Plus d'actualité