Orelsan aux Francofolies: sain et basique

Le rappeur français, qui n’est plus seulement un rappeur, a livré ce vendredi à Spa un concert salvateur qui devrait être remboursé par la sécurité sociale. On vous dit pourquoi.

bonscene_pierre_rapsat_-_orelsan_-_c_francois_evrard-5-2

Fait historique. Ce vendredi soir aux Francofolies de Spa, un concert de hip-hop, celui d’Orelsan, a été traduit pour la première fois dans son intégralité en langue des signes. Quatre femmes à l’enthousiasme sans failles ont appris par cœur toutes les chansons du répertoire d’Orelsan pour les interpréter aux côtés de leur auteur avec leurs mains, mais aussi en dansant, souriant et en ondulant le corps. Un spectacle émouvant. Tout de jaune vêtu, tel un vainqueur de la Grande Boucle, Aurélien Cotentin était lui-même complètement retourné. Ses gros mots, ses vannes en verlan, ses refrains en forme de slogans, ses calembours, les rimes sales, les flow poétiques délivrés en rafale… Ces dames ont tout communiqué à leur manière, rappelant que le garçon fédère désormais bien au-delà de son public cible. Trop cool.

Comme lors de son passage en saison à Forest,  la débauche de moyens techniques et de ressources humaines de cette tournée est impressionnante. Au moment de saluer son équipe, Orelsan a même été incapable de citer tous les noms. « Certains ont la team il y a quelques jours à peine. Je ne sais même pas comment ils s’appellent. Mais ils sont formidables. Ils se prennent une cuite au Ricard toute la nuit et le lendemain, à 6h30, ils sont au taquet pour charger tout le matos dans les camions. »

De l’humain avant tout

Mais derrière les jeux de lumières, les projections et les plates-formes cubiques, il y a de l’humain et un grand performer. Outre son fidèle Skread qui est à la réalisation de tous ses enregistrements, on retrouve sur scène un claviériste/programmateur, un batteur et un multi-instrumentiste qui cumule les jobs de guitariste, bassiste et claviériste. A force d’entendre des sons compressés pourris dans les concerts de rap, nous avions presque oubliés combien c’était agréable d’entendre de vrais musiciens et de comprendre tous les textes. Lorsqu’il évoque sa famille (Défaite de famille), lorsqu’il se rappelle le chemin parcouru ou enlève sa carapace pour montrer son petit cœur d’artichaut, le bonhomme est tout simplement bouleversant. « Etre un homme, c’est garder une part d’enfant », chante Orelsan sur son dernier album multiplatiné « La fête est finie ». Cette part d’enfant remonte souvent à la surface en concert  et en se racontant, de manière drôle ou imagée, il pointe beaucoup de vérités.

Tout va bien


En une heure de trente d’un spectacle sans temps mort, Orelsan déroule ses tubes et des mélodies qui font le pont entre hip-hop et chanson populaire, dans ce que ce terme a de plus noble. Tout va bien, La Fête est finie, Paradis, Dis-moi, La Pluie (où on aurait rêvé de voir en vrai son pote Stromae), Bonne meuf… Les perles s’enchaînent et sont reprises à l’unisson par un public spadois qui s’est enfin réveillé en cette deuxième journée du festival. Et quand il rejoue pour la deuxième fois l’imparable Basique, ce sont des dizaines de milliers de bras qui se tendent vers les étoiles.  Ce vendredi, Orelsan a été géant.

Sur le même sujet
Plus d'actualité