Alice On The Roof, reine de la première journée des Francofolies

Drôle, gracieuse, généreuse et 100% naturelle, la Montoise a irradié de sa présence pas moins de trois scènes différentes ce jeudi. Merci Alice.

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Incontournable. Ce jeudi, première journée de cette édition des Francofolies de Spa qui s’annonce grandiose, Alice On The Roof a été incontournable. On l’a vue sur la grande scène Pierre Rapsat dans un show « Carte Blanche ». Après avoir invité Claire Laffut durant son concert, elle a rejoint cette dernière pour un magnifique duo sur Mojo dans le Parc. Last but not least, elle a aussi chanté avec Roscoe plus tard dans la nuit. Pour un retour aux affaires en festival, ce fut un beau retour.

Magie de l’instant présent

Entière, généreuse, humble… Les qualificatifs que nous avions utilisés lors de la review de sa prestation cinq étoiles à Forest National en mars dernier sont toujours de mise. Tant sur son deuxième album « Madame » qu’en live, Alice On The Roof est métamorphosée. Entre la féérie de l’Alice au pays des Merveilles de Lewis Carroll et le naturel fragile qui est le sien, la chanteuse/pianiste propose un concert parfaitement équilibré. Les arrangements des morceaux extraits de ses deux albums (« Higher » et « Madame ») sont parfaitement soignés. Les intros et les sorties des morceaux ont été travaillées avec ses fidèles musiciens, les chorégraphies répétées. Mais à chaque fois, il y a ce petit  « quelque chose en plus » , cette magie de l’instant présent, cette vanne rigolote, ce sens de la proximité voire celui de l’autodérision pour nous rappeler que, derrière toute cette mécanique bien huilée, c’est la spontanéité qui fait la différence. Sa différence…

Duos

La carte blanche qui a été donnée à Alice On The Roof par les organisateurs des Francos  a donné lieu à de beaux duos avec notamment sa copine Claire Laffut mais aussi avec le toujours souriant Matthew Irons de Puggy. En 2016, lors des premières retombées de son hit Easy Come Easy Go (présenté dans une version XXL ce jeudi aux Francos), Alice Dutoit se cachait encore beaucoup derrière son clavier. Trois ans plus tard, elle est devenue une performeuse qui s’assume. Elle chante, elle bouge, saute, danse, change de robe, joue des percussions, communique avec le public sans jamais perdre son souffle ou se départir de sa bonne humeur.  Alors oui, le public était un peu mou ce jeudi. Oui, Alice aurait mérité de jouer plus tard en soirée pour qu’on profite davantage de la magie de son monde enchanté. Et on pouvait espérer une apparition de Vianney (comme ce fut le cas à Forest National), avec qui elle a coécrit quatre chansons de Madame. Mais, n’empêche, cette Alice que nous avons vue à Spa a été une nouvelle fois bluffante.

Retour gagnant pour Roscoe

Autre grand moment, jeudi, avec Roscoe. Trois ans après sa dernière prestation live (au BSF en août 2016), la formation rock liégeoise signait son retour aux affaires dans la ville d’eau. Et pour la première fois de son parcours, Roscoe a eu l’opportunité de prester en festival à la nuit tombée. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le groupe en a profité. Projections à l’arrière de la scène, jeux de lumière sublimant les passages les plus contemplatifs de leurs compositions, musiciens particulièrement bien mis en valeur… C’est un spectacle visuel d’une rare intensité que Roscoe a proposé en clôture de cette première soirée.

Complicité retrouvée

Premier constat : les salves mélodiques des deux premiers albums (« Cracks » en 2012, « Mont Royal » en 2015) n’ont rien perdu de leur force. Mais le public des Francos a eu droit aussi à trois nouvelles compositions aux atouts pop indéniables. Et puis il y a eu l’apparition de Noémie Wolfs (ex-Hooverphonic), celle d’Alice On The Roof et du jeune Eliot, candidat belge malheureux du dernier Concours Eurovision de la chanson. Mais au bout de cette prestation d’un haut niveau qualitatif, on retiendra surtout la cohésion, l’envie d’en découdre et les sensations retrouvées de chaque membre de ce groupe qui a encore beaucoup de choses à nous donner. « Il y a eu une longue pause après la tournée Mont Royal « , explique Pierre Dumoulin dans le Moustique de cette semaine. « Mais nous n’avons jamais eu l’intention d’arrêter Roscoe. L’envie de faire de la musique ensemble a toujours été là. » Ce jeudi, on a mieux compris le sens de ces paroles. Le troisième album de Roscoe est attendu pour la fin de cette année. Yep…

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