Croissance record du marché belge de la musique en 2019

Chiffre d’affaires en hausse de 10%, streaming qui gagne des parts de marché, ventes de vinyles qui cartonnent. Le premier semestre 2019 est celui des bonnes nouvelles pour le secteur.

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Alors que les festivals battent record de fréquentation sur record de fréquentation, l’industrie belge de la musique crie aussi victoire. La BEA (Belgian Entertainment Association qui représente les distributeurs et producteurs de musique en Belgique) annonce une croissance impressionnante des ventes de musique en Belgique pour le premier semestre. Sur la période de janvier à juin, une croissance de 10% a été enregistrée en 2019 par rapport à la même période l’an dernier, représentant 29,1 millions d’euros de chiffre d’affaires industriel.

Streaming payant de plus en plus populaire

Avec une forte croissance de 35% par rapport au premier semestre 2018, c’est surtout le streaming payant qui assure un beau montant total. Avec un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros, le streaming représente désormais 62% du chiffre d’affaires total de la musique. En incluant le téléchargement de musique payant (downloading en chute libre), les ventes numériques du premier semestre représentent 20,6 millions d’euros, soit 71% du total. Le streaming de musique payant via des services tels que Spotify, AppleMusic, Deezer, etc. continue à gagner en popularité. Avec une croissance de 35%, c’est clairement le format de musique le plus populaire en Belgique. La facilité d’accès, l’offre et le soutien des maisons de disques et des fournisseurs de streaming sont responsables de cette tendance. Avec les téléchargements, qui représentent 2,6 millions d’euros (9% du total), les ventes numériques du premier semestre représentent 71% du total.

Le CD coule, le vinyle a la cote

Avec un chiffre d’affaires de 8,5 millions d’euros, la musique en format physique représente 29% du chiffre d’affaires total. Il s’agit d’une diminution de 15 % par rapport à la même période l’an dernier. Les ventes de CD s’élèvent à 5,7 millions d’euros, soit une baisse de 23% par rapport à l’année dernière. Les ventes de vinyle génèrent un peu plus de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit une légère hausse de 3% par rapport à l’année précédente. Le format vinyle est le seul acteur physique en croissance, une tendance qui s’est déjà manifestée au cours des dernières années. Même si les supports physiques ne représentent même plus un tiers du chiffre d’affaires du secteur, ils ne sont pas encore morts cliniquement. Toutefois, pour le CD, ça sent le roussi. En 2019, plus aucun constructeur automobile ne propose des nouveaux modèles de véhicules équipés de lecteur CD. Observé aux Etats-Unis, le phénomène a entraîné une baisse nette de vente de CD.

« C’est fantastique de voir que le chiffre d’affaires total du secteur de la musique au premier semestre affiche une croissance prononcée de 10% », se réjouit Patrick Guns, président de BEA Music et directeur général d’Universal Music Belgium. « La croissance continue des services de streaming, en particulier, indique que la voie vers la consommation numérique continue de se développer. Et comme le potentiel de croissance des services de streaming en Belgique est encore important, les perspectives pour le reste de l’année sont très bonnes. Nous prévoyons que 2019 sera une année charnière pour le secteur. Il est clair que les nombreuses sorties locales (Angèle, Roméo Elvis, Balthazar, …) et internationales de ce printemps, combinées aux nombreuses façons de découvrir la musique (physique, téléchargement et streaming), ont conduit à la croissance du secteur. « 

Rémunérations

Ces excellents chiffres, qui tombent après plusieurs années de crise, montrent que l’industrie du disque a réussi son basculement vers le digital.  Ce nouveau modèle économique (on n’achète  plus un produit spécifique, on achète un abonnement qui permet de goûter à tous les produits à la fois) correspond aux attentes du public tout en état rentable. Autre bonne nouvelle: la qualité, l’exhaustivité et les facilités d’accès des sites légaux de streaming ont rendu le piratage complètement obsolète. Les ventes de vinyles, qui touchent aussi des artistes de la nouvelle génération et de jeunes consommateurs, continuent à progresser et prouvent que ce format physique n’est pas qu’une mode revival. Les grands experts qui avaient prédit sa mort dans les années nonante peuvent revoir leur copie.

Reste encore à améliorer le système de rémunérations aux artistes. Les gros vendeurs, qui squattent les playlists des sites de streaming et font la loi dans tous les algorithmes, gagnent et gagneront encore plus d’argent. Les «  petits  » artistes émergents, même s’ils suscitent de l’intérêt sur ces mêmes sites de streaming, n’ont droit qu’aux miettes et réclament, de manière on ne peut plus légitime, une rémunération plus équitable. Ce sera tout l’enjeu de ces prochaines années.

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