Les classiques Disney: du dessin animé au " live action "

À l’occasion de la sortie du remake hyperréaliste du Roi Lion par Jon Favreau, il n’est pas inutile de se lancer dans un petit jeu comparatif entre hier et aujourd’hui. Était-ce mieux avant ou pas? Tentative de réponse avec quelques exemples.

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Le Roi Lion : la « patte » Jon Favreau

Le Roi Lion sorti en 1994 restera pendant seize ans le film d’animation ayant rapporté le plus d’argent de l’histoire, jusqu’à ce qu’il se fasse damer le pion par… La Reine des Neiges. La scène d’ouverture, les chansons d’Elton John, Timon et Pumbaa ont transformé les aventures initiatiques et shakespeariennes du jeune Simba en climax dans l’histoire des studios Disney. En 2016, Jon Favreau (Iron Man, Avengers, Le Loup de Wall Street) fait montre d’une grande fidélité en adaptant Le Livre de la Jungle en 100% 3D (et sans motion capture). Dans le même respect pour l’original, son Roi Lion hyperréaliste nous offre un spectacle somptueux mais fait presque figure de documentaire animalier ! Et perd du même coup une forme de candeur et de naïveté. Adapté à une époque moins insouciante, son film est plus solennel, plus grave et plus sombre.

© Prod

Alice : la réappropriation de Tim Burton

Alice au Pays des Merveilles est un cas à part dans la production des classiques Disney. Sorti en 1951, ce film est d’une audace incroyable et même s’il ne va pas aussi loin que le roman dont il s’inspire, il véhicule un second degré, voire une seconde lecture inédits jusqu’alors. Quel que soit l’univers auquel il s’attaque, Tim Burton y insuffle ses propres codes graphiques. Quand il adapte Alice au Pays des Merveilles en 2010 (ou Dumbo en 2019), il réussit le pari de ne pas dénaturer la magie et la poésie de l’original tout en réalisant un film que personne d’autre que lui n’aurait pu signer. Bref, il transforme du Disney en Burton.

Maléfique : quand la méchante devient l’héroïne

En 1959, quand les studios Disney ont sorti La Belle au Bois Dormant, c’est un peu comme s’ils étaient passés de l’adolescence à l’âge adulte. Tout à coup, alors que dans les films précédents l’horreur était édulcorée, Disney se lance dans le gothique ! Graphiquement, les studios de l’oncle Walt mettent le paquet pour effrayer le spectateur, notamment dans une scène finale incroyablement moderne pour l’époque. Trop, sans doute: le film ne sera pas un succès à sa sortie. En 2014, le public ne tourne plus le dos au côté plus que sombre des contes. Robert Stromberg va jusqu’à intituler son film Maléfique, faisant disparaître toute référence à la gentille princesse endormie pour privilégier les forces du mal. Ça ressemble plus à un spin of qu’à un remake et une grande partie du mérite en revient à Angelina Jolie qui, dans le rôle titre, est vénéneuse à souhait.

La Belle et la Bête : le copié collé !

Le classique réalisé en 1991 est un des films d’animation qui va sortir les studios Disney de la mouise dans laquelle ils se sont fourvoyés pendant les années 80. Tout y est parfait, de la réalisation aux chansons, en passant par des personnages comme la théière Mme Samovar ou le chandelier Maurice (clin d’œil à Maurice Chevalier) qui ont marqué plusieurs générations. Quand le remake en live action sort en 2017, la surprise est… qu’il n’y en a pas. Au dialogue, au plan ou à la note près, on retrouve l’original. Seuls les personnages secondaires animés (théière et chandelier, entre autres) y perdent le charme qu’ils avaient dans le classique. Celui qui tire le mieux son épingle du jeu reste le comédien Luke Evans, excellent dans le rôle de l’insupportable Gaston !

Les 101 Dalmatiens : la préhistoire du « live action »

En 1961, le public découvre les aventures de Pongo et Perdita, parents d’une ribambelle de chiots dont le pelage tacheté est convoitée par l’horrible Cruella d’Enfer. Les 101 Dalmatiens est le 17ème « classique » Disney et le premier réalisé par Wolfgang Reitherman, qui signera l’immense Livre de la Jungle en 1967. Les 101 Dalmatiens n’est pas encore son coup de maître mais lui permet d’imposer sa « patte ». En 1996, la mode n’était pas encore de repasser tous les classiques Disney à la moulinette du « live action » ou de la 3D. Le remake des 101 Dalmatiens par Stephen Herek apparaît dès lors comme précurseur. Sans doute cette honnête série B ne restera-t-elle dans les mémoires que pour l’interprétation d’une Glenn Close qui a visiblement pris un pied (d’enfer) à jouer la cruelle avide de peaux de chiens.

Blanche Neige à la sauce Game of Thrones

Sorti en 1937, Blanche Neige et les 7 nains est le premier long-métrage des studios Disney. Celui par lequel la légende va commencer à s’écrire. Une pierre blanche dans l’histoire de l’animation. Un jalon fondateur. Même s’il a pris un petit coup de vieux, les personnages qui le traversent sont passés par la grande porte de notre inconscient collectif. Prof, Grincheux et Simplet sont devenus des icônes du 20ème siècle. Quand Ruppert Sanders s’empare de ce conte en 2012 pour en faire Blanche Neige et le Chasseur, il s’écarte radicalement de cet original destiné aux familles pour une version sombre, très Game of Thrones, où Blanche Neige (Kristen Stewart) a des allures de Jeanne D’Arc et Charlize Theron fait sensation dans le rôle de la Reine.

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