La casa de papel, saison 3 : le hold-up planétaire

Ce 19 juillet, Netflix lance la saison 3 de la série madrilène. Une production locale devenue phénomène mondial… Symbole d’une tendance de fond.

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La saison 2 aurait dû achever La casa de papel. Alex Pina, le créateur, a convenu lui-même que Netflix a demandé la suite, alors que son récit était bouclé. Plus fort, avant même que la date de diffusion de ce nouveau volet soit annoncée, la plateforme annonçait une quatrième saison. Pourtant, la deuxième, déjà, nous avait semblé un peu pousser le bouchon. On craint que les aventures de Tokyo et du Profesor ne subissent le destin de tant de séries concepts (Prison Break, 24 heures chrono, Dix pour cent…), vaches à lait usées, taries bien avant la fin.

À quoi peut-on donc s’attendre? On condense l’intrigue sans – trop de – spoilers. Nos bandits étaient partis dépenser leur magot dans des décors paradisiaques. Rio et Tokyo roucoulent sur une île, en apparence déserte… Bim. Des forces spéciales surgissent pour coffrer les tourtereaux. La rebelle réussit à s’échapper, Rio, lui, tombe entre les mains des forces de l’ordre. El Profesor exfiltre la fugitive vers la Thaïlande… Et lance une riposte immédiate et diabolique, un gros braquage (diversion?) qui rassemble l’équipe pour sauver le soldat Rio.

En renfort, de nouveaux personnages viennent grossir la team: Bogota (Hovik Keuchkerian, vu dans Assassin’s Creed), Tamayo (Fernando Cayo) et Marseille (Luka Peros). En face, Alicia Sierra (vue dans Derrière les barreaux, créé aussi par Alex Pina) sera la nouvelle inspectrice badass, enceinte de 8 mois, à qui l’affaire fournit l’occasion de ne pas penser à sa grossesse. Verdict: oui, le suspense nous tient. Le grand ressort sera de renforcer les sauts temporels, de l’avis du showrunner lui-même. Des flash-back vont nous ramener à la saison 2, et même faire revenir le charismatique Berlin, dont on découvrira les liens particuliers avec El Profesor. Cet aspect-là gêne un peu… Car même s’il fait partie des codes de la série, il sent le remplissage.

Made in ailleurs

Tourné dans les studios Netflix espagnols de Madrid, avec une équipe du cru, en langue originale, La casa de papel est l’un des exemples de l’implantation locale du géant du streaming. Il y en a d’autres, en Espagne même: on a vu apparaître Élite, série adolescente sur la lutte des classes (avec Miguel Herrán, alias Rio dans La casa de papel), Alta Mar, huis clos dans un navire des années 20, The Pier, d’Alex Pina toujours, avec Álvaro Morte (El Profesor)… Si on ne les voit pas atteindre les 31,1 millions de visionnages de La casa, ces séries bien foutues apportent un nouveau ton et surtout de nouvelles ambiances. On aime. Netflix aussi. Derrière cet intérêt se cachent des questions d’intérêt…

Face à HBO, Fox, Disney, Marvel, la plateforme doit diversifier ses sources. Le succès mondial de certaines séries, pourtant pas en langue anglaise, a fait voler le mythe du public réfractaire à des fictions exotiques. Greg Peters, directeur de l’innovation produit chez Netflix, confirme au Web Summit de Lisbonne: “Nous avons vu avec les séries que nous avons réalisées en Europe que nous étions capables de leur trouver des audiences gigan-tesques, mondiales, composées très largement de publics situés hors du pays d’origine”. Note, le Parlement européen a voté un quota de 30 % de contenu européen pour les diffuseurs de VOD, à atteindre dans les deux ans.

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