« Right Now », le spectacle d’Aziz Ansari post accusation #MeToo

Dans son spectacle Right now diffusé sur Netflix, Aziz Ansari revient sur l'accusation d'agression sexuelle portée à son encontre au moment de la vague #MeToo.

©Belga Image

« Je n’ai pas dit grand chose, mais j’en parle durant cette tournée car vous êtes ici et que ça me touche beaucoup. Je suis sûr que vous êtes nombreux à vous demander comment je me sens face à cette situation » De ce rendez-vous amoureux qui a tourné au désastre, Aziz Ansari (Master of None, Parks and Recreation), n’a jamais dit grand chose. Début janvier 2018, une jeune photographe, se faisant appeler Grace, confie au site web Babe que son date avec l’acteur et réalisateur se serait transformé en cauchemar. La jeune femme raconte s’être sentie violé et explique qu’elle avait pourtant dit à Aziz qu’elle ne souhaitait pas avoir de relations sexuelles. « Je sais que je donnais des indices physiquement que je n’étais pas intéressée. Je ne pense pas que ça n’a pas été remarqué ou si oui, ça a été ignoré« , détaillait la photographe à Babe. Du côté d’Aziz Ansari, silence quasiment radio. Seule une déclaration avait été publiée quelques jours plus tard dans laquelle il expliquait que la relation lui semblait consensuelle. « Tout me semblait normal, alors quand j’ai appris que ce n’était pas le cas pour elle, j’ai été surpris« . Il avait aussi ajouté son soutien au mouvement #MeToo.

Mardi 9 juillet, Netflix présentait Right Now, le one-man show d’Aziz Ansari. Non sans une once de malaise, l’humoriste aborde dès les toutes premières minutes l’affaire d’agression sexuelle. Quoi de plus habile au final que de pointer soi-même du doigt l’éléphant qui est dans la pièce? Humiliation, honte, peur, Aziz raconte les raisons de son silence. « Et un an après, j’espère que ça m’a fait avancer« , explique-t-il. Et le réalisateur de la série à succès Master of None, va plus loin et exprime son regret. « Je m’en veux, mais ça a peut-être permis d’ouvrir la réflexion et de faire en sorte que d’autres personnes soient plus attentives. »

Rédemption

Peu importe ce qu’on pense de ses excuses et de sa démarche, force est de constater qu’Aziz Ansari est l’un des seuls (voire le seul) à faire acte de rédemption depuis la vague d’accusations de #MeToo. Ému, Aziz Ansari conclut cette première partie de spectacle gêné. Plusieurs fois, il rappelle tout de même la dangerosité des réseaux sociaux dans de telles affaires et la facilité avec laquelle certaines carrières ont volé en éclats. « Ok c’est pas très marrant comme début de spectacle, mais c’était important d’en parler.« 

Tout le reste du show est construit avec suffisamment d’intelligence que pour ne pas être mal reçu. Ansari marche sur des œufs, le sait et est toujours au bord de la réflexion de trop qui pourrait faire rejaillir la polémique. Pourtant il n’en est rien. Sûrement aidé par la réalisation de Spike Jonze (Max et les Maximonstres, Her) – qui ne plaira certainement pas à tout le monde vu le cadrage et la photographie – Ansari propose un seul en scène efficace et plein de remises en questions.

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