Rammstein fait tout péter au stade Roi Baudouin

Entre Mad Max et Game Of Thrones, le spectacle offert à Bruxelles ce mercredi par la formation allemande était tout simplement énorme. On vous dit pourquoi.

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Depuis vingt-cinq ans, Rammstein fait les choses à sa manière. Et c’est pourquoi sa tournée mondiale 2019 a affiché complet en quelques minutes seulement. Désormais bien trop « big », commercialement parlant, pour jouer en tête d’affiche dans les festivals, le groupe organise son propre trip d’été dans les stades et suit à la lettre un cérémonial grandiose. Un truc de dingue. Un truc énorme. Un truc qui repousse tous les codes, qu’ils viennent de Kiss ou de l’Ecran Fantastique. Allez, on vous raconte.

Piano classique

Ce mercredi, au stade Roi Baudouin, comme sur toutes les dates de cette tournée, c’est Duo Jatekok, un duo classique féminin qui ouvre les débats. Adelaïde Panaget et Naïri Badal jouent à quatre mains sur un piano blanc qui ressemble à celui d’Imagine de John Lennon. Elles sont au milieu de la foule. Soit cinquante milles fans de Rammstein qui attendent leur groupe favori et sont chauds boulette. Et vous savez quoi ? Ils écoutent les deux dames, les applaudissent et font même des photos. Maximum respect.

Guerre apocalyptique

Passé un autre intermède classique (la bien nommée Music For The Royal Fireworks de George Frideric Handel), Rammstein débarque sur scène et balance un slow. Oui, un slow langoureux, chanté d’une voix de baryton par Till Lindemann. Il s’agit de Was Ich Liebe, un des huit extraits du dernier album « Rammstein » qui caracole au sommet des charts mondiaux avec le « Western Stars » de Bruce Springsteen. Lindemann est habillé en chef d’une guerre apocalyptique. Il a le visage grimé et arpente la scène comme une âme en peine. À cet instant, il n’est plus le chanteur de Rammstein. Il est le narrateur de cette chanson d’amour qui va mal se terminer. Le claviériste Christian Flake Lorenz, très sportif sur son tapis roulant, est vêtu d’une combinaison en or. On ne voudrait pas croiser le bassiste Oliver Riedel dans une rue pavée et déserte de Berlin. Le garçon joue dur et fait peur avec ses bandes Velpeau aux couleurs sombres. Quant aux deux guitaristes, ils temporisent, comme des automates, avant de balancer la purée sur les deux morceaux suivants Links 2-3-4 et Tatoo.

Cannibalisme et chaudron brûlant

Un spectacle, car de spectacle il s’agit, de Rammstein ne serait rien sans le feu. Les flammes sortent de partout pendant deux heures. De devant, de derrière, au-dessus de nos têtes, du toit du stade, des guitares, de lance-flammes actionnés par les musiciens et de bien d’autres gadgets qui doivent coûter un pont. Sur Mein Teil, chanson évoquant le cannibalisme, Lindeman met son claviériste dans un chaudron et commence à le brûler au lance-flammes. On parle ici d’un vrai chaudron et de vraies flammes. Comme le lascar ne crame pas assez vite, Lindeman l’achève au canon. Dans une autre chanson interpellante, Puppe, extraite du nouvel album, c’est un berceau qui prend feu. Gloup…

Explosion de tubes

La structure scénique est hallucinante. Mélange de Mad Max (surtout l’épisode 3, Au-delà du dôme du tonnerre) et de Game Of Thrones, le décor mélange tour géante, murs de de baffles, lustres en métal et plateformes modulables où se cachent les roadies habillés en motards du futur. Mais tout ça ne servirait rien s’il n’y avait la musique. Et force est de constater que leur mélange d’électro, de metal et de musique industrielle fonctionne à merveille. Aux favoris du back-catalogue (Sonne, Mein Teil, Du Hast, Pussy ou Rammstein joué en ultime rappel), viennent s’ajouter les titres du petit dernier qui passent admirablement bien la barre du live. On pense à Puppe, mais aussi à Deutschland ou Radio.  En se donnant à fond sur chaque titre, en habillant chacune des interprétations d’un climax différent et en scénarisant leur set-list de la première à la dernière note, les Allemands  proposent un trip de deux heures dont on ne sort pas indemne. Mais derrière les effets spéciaux, l’humour et les caractères joués par les membres du groupe et les pantomimes de Till Lindeman, personne n’oublie non plus qu’ils restent avant tout des musiciens.

Rammstein revient le 10 juin 2020 au Park De Nieuwe Koers à Ostende et tout est déjà complet.

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