Lomepal et Vald ont fait transpirer les festivaliers aux Ardentes

Les Ardentes n'ont jamais aussi bien porté leur nom. Retour sur un dernier jour de festival qui restera ancré dans les mémoires.

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Pour clôturer cette dernière journée aux Ardentes dans l’allégresse, les organisateurs ont dû faire jouer leurs contacts. L’américain Lil Uzi Vert, programmé en tête d’affiche du dimanche, s’est fait porter pâle. Pas de soucis, c’est Offset des Migos qui doit assurer le remplacement. Sauf que ce dernier a inventé un nouveau concept : lui aussi a annulé sa prestation le matin même. Résultat, après un tour de passe-passe incroyable, ce sont les rappeurs français Vald et Niska, mais aussi le DJ belge Todiefor, qui prennent le relais pour garantir le show entre les prestations de Hamza, Lomepal et Koba Lad. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça a été énorme.

« On m’a appelé à midi pour savoir si je voulais jouer à Liège à 19h, évidemment que j’allais venir foutre le bordel. » Vald a le don de faire remuer les foules avec son phrasé décomplexé et une fanbase acquise à sa cause depuis la sortie d' »Agartha ». En deux couplets-trois mesures de « Bonjour », le rappeur de Seine-Saint-Denis a transformé la morne plaine poussiéreuse de la Wallifornia Beach en Apocalypse Now. Les introductions assurées, face à la tornade de poussière créée par les mosh pit des festivaliers, l’artiste s’amuse à comptabiliser le nombre de festivaliers évacués par la sécurité. « 25? On va faire plus que ça. » Il assène ses titres comme un appel à la débauche, porté par un public bouillant et des paroles qu’on ne répétera pas ici pour éviter de devoir appliquer la mention Parental Advisory en haut de l’article. Un sacré bordel pour un dernier jour mémorable aux Ardentes : jamais le nom du festival n’aura été si adéquat.

Même scène, autre heure. C’est au tour d’Hamza d’assurer le spectacle. Comme d’habitude, le rappeur-chanteur belge est accompagné de son fidèle beatmaker Nicolas Bellagio pour assurer les hostilités. La Wallifornia Beach, tout comme les backstages de la scène d’ailleurs, affichent presque complet pour accueillir l’auteur de « Paradise « . Et le Sauce God, qui n’est pas des plus expressifs en live, déroule la machine à tube face à un public-chorale ravi de l’accompagner. HS et Audemars Shit provoquent un raz-de-marée, suivis de près par le délicieux Dale X Love Therapy, ce malgré l’absence d’Aya Nakamura qui porte une grande partie de ce double morceau. Pas de soucis, le public prend le relais pour assurer ses couplets, alors que d’autres se déhanchent et offrent un véritable spectacle de danse dans la foule.

Lomepal, c’est beau la folie

Lomepal by Audrey Vanbrabant

Voici venu le temps de se diriger vers la main stage où joue Lomepal. À quelques minutes de monter sur scène, le rappeur fait baisser la pression en jouant comme un gosse sur une sorte de balançoire. Une parfaite mise en jambe pour dégainer son titre Mômes, dernière sortie en date issue de son album « Jeannine », qui ouvre son concert. Le public liégeois l’attend de pied ferme, scrutant l’impressionnante structure où sont installés ses musiciens : batterie, claviers, guitare, Lomepal ne fait pas dans la demi-mesure. Et ça ne manque pas, l’arrivée de l’artiste provoque un véritable mouvement de foule, où seuls les côtés restent respirables. Le public, majoritairement féminin, est prêt à entamer la grand-messe. A la mesure du sublime « Plus de larmes », puis enfin portés par « Beau la folie », Lomepal propose de faire monter la pression. « On va passer des paliers pendant ce concert, à la fin je veux qu’on transpire tous à grosses gouttes.« 

Il s’agite, passe de l’arrière-scène aux bords du public en quelques secondes, sautant de l’énorme structure qui lui sert de parcours d’Iron Man pour l’heure de show qui lui est attribuée. Manifestement heureux d’être là, il rappelle le chemin parcouru et explique que lors de son premier passage aux Ardentes en 2013, il y avait peut-être 1/50ème de la foule massée ce 7 juillet 2019. Viennent Le Vrai Moi, Pommade et Ma Cousin, scandés par une audience totalement acquise à sa cause. Pour clôturer sur un bouillant et attendu 1000°C, sans Roméo Elvis qui a lui-même dézingué la plaine des Ardentes vendredi soir. Une étape assurée pour sa tournée des festivals. Une foule chauffée pour accueillir Niska quelques dizaines de minutes plus tard. Un week-end d’anthologie.

Crédits photo : Audrey Vanbrabant

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