Booba, Zola et grand Cauchemar aux Ardentes

Entre annulation du concert de Zola, plan d’évacuation et énorme prestation de Booba, Les Ardentes ont dansé sur les airs de flûte de l’étrange Vladimir Cauchemar. Retour sur un samedi soir en terre liégeoise.

boobap1060994

 

Ce samedi, les Ardentes annoncent la venue du Duc de Boulogne. Booba est dans la place. Il y a même un ring de boxe installé dans l’espace gaming du festival. On ne sait jamais… En attendant l’arrivée du pire ennemi de Kaaris, tout le monde se retrouve dans le Parc pour le concert de Little Simz. Enfin, tout le monde, c’est vite dit. À l’heure de l’apéro, le public est clairsemé aux abords de la scène principale. Adoubée par Kendrick Lamar, remarquée chez Gorillaz, la jeune rappeuse londonienne ne se démonte pas pour autant, livrant un concert cool et détendu. Entourée par ses musiciens, elle pose son accent cockney sur des morceaux qui touchent à tout: grime, R&B, hip-hop britannique ou bass music. Malgré la qualité du concert, les gens désertent progressivement les lieux. Le désintérêt des festivaliers pour ce rap solidement ancré dans la culture anglo-saxonne en dit beaucoup sur la journée. Le public est un public hip-hop, certes, mais spécialisé dans sa version française.

Zola est arrivé et… reparti

Pour s’en faire une raison, on prend la direction de La Rambla où se produit Zola. Ancien membre du groupe Osiris, nouvelle promesse d’avenir du rap français, le garçon prend possession des lieux devant une foule compacte. Tellement compacte que les services de sécurité se voient dans l’obligation de condamner l’accès à la scène. Frustrés de ne pouvoir entrer, des festivaliers grimpent par-dessus les cabanes Horeca et escaladent les balustrades. Devant, ça joue des coudes pour apercevoir Zola… Mais l’artiste n’est déjà plus là. Forcé d’arrêter sa prestation pour raison de sécurité, Zola n’était sans doute pas au bon endroit. Une scène plus grande aurait été à la mesure de sa popularité grandissante. Mais il faut ici reconnaître la maîtrise des organisateurs qui, en un plan d’évacuation rondement mené, ont certainement évité un scénario catastrophe. Alors, oui, c’était un peu le bazar. Mais tout s’est bien terminé.

Ski passe

Pour décharger son énergie, le public pouvait heureusement compter sur la présence de Ski Mask The Slump God. À la nuit tombée, le meilleur pote du regretté XXXTentacion secoue sérieusement Les Ardentes. Les samples se suivent et les pogos s’enchaînent. Dans la fosse, c’est chaud, chaud, chaud. Pourtant, sur la scène principale, Ski Mask ne se foule pas tant que ça. Tout en énergie, il organise les festivités en posant sa voix sur une bande préenregistrée. Rappeur intermittent, le Californien use et abuse de son histoire d’amitié avec XXXTentacion pour imposer sa propre légende. Un peu opportuniste et bien aidé par son DJ, Ski Mask The Slump God assure néanmoins l’ambiance. Juste comme il faut.

Un Cauchemar nommé Vladimir

Carrure de combattant, bouteille à la main, Booba débarque sur la scène principale devant un parterre totalement acquis à sa cause. Le verbe porté par des mélodies R&B, B2O tient les clés d’un karaoké géant. Dans la fosse, le public connaît toutes ses paroles par cœur. Grosse ambiance, mais rien comparé à la teuf organisée côté Rambla par l’ami Vladimir Cauchemar. Planqué sous son masque, le producteur français qui fait actuellement les beaux jours du hip-hop (de Tekashi 69 en passant par Lomepal ou Roméo Elvis) agite sa tête de squelette derrière ses machines. Avec ses beats sauce Ed Banger et ses airs de flûte électromagnétiques, l’artiste français métamorphose la Rambla en une sorte de dancefloor à ciel ouvert. Un super Cauchemar.

Photos: Audrey Vanbrabant

Sur le même sujet
Plus d'actualité