Roméo Elvis, phénoménal aux Ardentes

En forme olympique, Roméo Elvis a retourné Les Ardentes avec une ardeur d’avance. Entre les morceaux de son album "Chocolat" et ses tubes XXL, le Bruxellois a confirmé son statut : bête de scène et héro d’une génération.

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Ce n’est pas un secret : la bestiole préférée de Roméo Elvis est le crocodile. Dans les faits, pourtant, le frère d’Angèle a tout du caméléon. Capable de s’adapter à son environnement et de changer de couleurs au bon moment, l’animal débarque aux Ardentes avec le maillot du Standard sur les épaules. Ou comment s’attirer la sympathie du public liégeois dès sa montée sur le terrain. En même temps, le Bruxellois ne triche pas. Enfant du RWDM, fan de Liverpool, il se plaît en rouge et blanc. Derrière le capitaine, l’équipe alignée a fière allure : batterie, basse, guitare et synthés assurent le tempo sans discontinuer. Depuis ses victoires avec Le Motel, Roméo Elvis joue en ligue des champions. Avec son album « Chocolat » sous le bras, il assure la tête d’affiche avec le statut de favori de l’étape. À ses pieds, la foule est impressionnante : un public immense, jeune – 20 ans de moyenne d’âge – et profilé pour pogoter de jour comme de nuit. Ambiance des grands soirs, donc. 

Crocodile dandy

Si Roméo Elvis déclenche le délire absolu dans la fosse, il est aussi capable de déplacer le curseur émotionnel en posant sa voix de crooner sur des chansons au grand ‘Cœur (des hommes)’ et autres ballades rondement menées (Drôle de Question en fondu enchaîné avec le 1000°C de son pote Lomepal). Et puis, il est aussi le seul à faire rimer « petit croco » et « quiproquo » sans passer pour un rigolo…

Chocolat show

À Liège, Roméo Elvis a le feu sacré. « Chaud boulet« , comme on dit ici. Sueur au front, volontaire, le garçon ne lâche rien. C’est que le gars sait d’où il vient. D’ailleurs, il n’oublie jamais de le rappeler. En 2015, il se produisait ainsi sur la petite scène du festival avec ses potes de L’Or du Commun. Quatre ans plus tard, tout a changé. Mais Roméo Elvis est resté le même. À mille lieues des polémiques bidons venues de France, le Belge invite son public à tendre le majeur en direction des racistes et homophobes de tout poil (coucou le Vlaams Belang), prouvant – comme si c’était nécessaire – qu’il est bien du bon côté de la force. 

Un final de Malade

Au sprint à l’heure d’aborder la dernière montée, Roméo Elvis fait tout péter. Clin d’œil – ou pas – à son deuxième prénom, la performance physique déployée sur Parano n’est pas sans rappeler la débauche d’énergie d’un certain Johnny… Le final est un enchaînement de pogos qui vire à la folie avec l’increvable Tu vas glisser, l’énorme 3 étoiles, les tubes Bruxelles arrive et l’ultime Malade. Quelques minutes après ce show dément, on retrouve Roméo Elvis sur la plaine. Planqué sous une casquette, cagoule sur les yeux, il se pose au milieu des gens pour assister au grand karaoké des Black Eyed Peas. Soit l’histoire d’un mec Normal qui, désormais, doit composer avec l’ampleur d’un succès à l’image de son concert du soir : phénoménal.  

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