Black Eyed Peas déroule la machine à tubes aux Ardentes

La formation américaine emmenée par un will.i.am high-tech séduit une nouvelle génération de fans à Liège. 

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 Sincèrement, on n’y croyait pas. Après la claque Roméo Elvis, qui aurait pu imaginer que les vétérans Black Eyed Peas allaient tout balayer sur leur passage ce vendredi soir en bord de Meuse avec un set de deux heures construit en forme de juke-box ? Non seulement, la plaine du Parc était archi-blindée mais dès les premières notes du bien nommé Let’s Get Started, c’est un public attentif et aux taquets qui a répondu aux diatribes amicales de will.i.am, Taboo et apple.de.ap.

Rock That Body

Après le départ de sa chanteuse Fergie, Black Eyed Peas a été mis en veilleuse et ce n’est pas son dernier album « Masters Of The Sun vol.1 », pourtant pas inintéressant, qui a permis d’inverser la tendance. Sur scène, par contre, la machine se révèle d’une redoutable efficacité. Leurs tubes sont tous repris en chœur par une assistance qui devait pourtant, dans sa majorité, être sur les bancs des primaires lorsque le groupe les a enregistrés.
Paré de fringues aux couleurs fluo pas possibles, entourés de musiciens et d’écrans projetant des vidéos subliminales, le trio explose dans tous les sens du terme. Après Let’s Get Started, Imma Be, Rock That Body et un Boom Boom Pow de derrière les fagots, la chanteuse “guest” (ne dites pas la remplaçante de Fergie, c’est vexant),  montre toutes ses aptitudes de vocaliste et de danseuse. Alors, oui, ça ressemble furieusement à un karaoké et ça tourne parfois à l’ambiance de kermesse. Mais c’est ce qu’attend le public.

Dirty Dancing

Totalement anachronique, une guitariste au bouc poivre/sel vient balancer le riff de Severn Nation Army de The White Stripes et ça passe.  Tout comme la reprise de (I Had) The Time Of My Life exhumée du soundtrack de Dirty Dancing. Tout aussi ancré dans les eighties, le dj set plus ou moins improvisé de will.i.am permet au public de se défouler sans compter. Jadis, les festivaliers levaient leur bière en signe de ralliement. Aux Ardentes, on communie en tendant son smartphone qui filme un grand écran où on voit d’autres smartphones filmer le grand écran.

I Gotta Feeling

Ces quelque vingt-cinq mille appareils s’agitent tous lorsque l’heure du tube XXL I Gotta Feeling a sonné. Un truc de fou, un truc géant qui s’étire durant dix minutes hystériques. Un chanson au gimmick de deux notes (merci David Guetta) sorti voici dix ans. Dix ans, soit une éternité en langage « musique urbaine » où tout se consomme et puis se jette. Sauf que personne n’a oublié I Gotta Feeling. Ce vendredi, Black Eyed Peas a fait le taf et y a mis du cœur. Même Roméo Elvis, au visage enrobé dans une cagoule noire pour qu’on lui foute la paix, a semblé apprécier.

 

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