50 ans après, les émeutes de Stonewall influencent toujours la culture populaire

Le 28 juin 1969, les émeutes de Stonewall secouait les États-Unis et le reste du monde. Chansons, films, documentaires, les références culturelles se comptent, par dizaines. Petite sélection subjectives d'oeuvres à voir, à lire ou à écouter.

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Le film : Stonewall

10% d’avis positifs sur Rotten Tomatoes. Le film Stonewall (2015) – avec Johnathan Rhys Meyers – a reçu des critiques catastrophiques. Un adjectif qui colle bien à la peau de son réaltisateur, Roland Emmerich, plutôt habitué aux films de destructions massives du style Independance Day, 2012 ou Le Jour d’Après. Le film a été fortement décrié car il est centré sur un héros (fictif) blanc, reléguant les personnes trans, noires et latinos – particulièrement actives à Stonewall – au second plan. Une réécriture de l’histoire qui n’a pas plu à de nombreux représentants de la la communauté LGBTQI+, certains l’accusant de whitewashing.

On conseillera plutôt la vision de Pride (92% d’avis positifs sur RT), réalisé par Matthew Warchus et où figure notamment le génial Bill Nighy. Le film est lui aussi basé sur une histoire vraie : celle d’un groupe d’activistes gay et lesbien, à Londres, qui ont réuni des fonds pour aider les familles touchées par la grève des mineurs britanniques de 1984-1985, au début de ce qui allait devenir la campagne de Lesbians and Gays Support the Miners (LGSM). Le film a remporté la Queer Palm au festival de Cannes en 2014.

Le documentaire : The death and life of Marsha P. Johnson

Plusieurs documentaires ont été réalisés sur le sujet dans les années 80 et 90. Tous dépeignent la société telle qu’elle était à cette époque et les difficultés pour les personnes homosexuelles d’avoir des droits. Before Stonewall : The making of a gay and lesbian community (réalisé par Greta Schiller), s’attelle lui à la vie de la communauté LGBTQI+ avant les émeutes de 1969. Plus récemment, Netflix a dédié un de ses documentaires à Marsha P. Johnson, jeune femme transgenre ayant joué un rôle important lors des émeutes de Stonewall.

Sorti en 2017, The death and life of Marsha P. Johnson questionne la mort de l’activiste. En 1992, Marsha est retrouvée dans le fleuve Hudson. La police annonce un suicide, mais la piste manque de crédibilité. Aujourd’hui, des personnes continuent à enquêter pour comprendre ce qu’il s’est passé ce soir là. Un monument devrait également lui être dédié en 2021, le maire de New-York étant à la recherche d’artiste pour le réaliser.

La chanson : Stonewall Nation

Pour beaucoup, ce morceau est considéré comme la première chanson en faveur de la libération gay. Les paroles, teintées d’activisme, « célèbrent la résilience et le pouvoir potentiel de l’activisme gay radical« , écrit un journaliste du site Pitchfork. Écrite par l’activiste Madeline Davis en 1971, Stonewall Nation est une chanson folklorique entraînante et pleine d’espoir. Des paroles qui réclament la liberté et pas uniquement l’acceptation des personnes homosexuelles.

Généralement, elle était interprétée lors des rassemblements où les manifestants avaient pour habitude de l’entonner en cœur. En 1972, Madeline Davis est élue au congrès politique national. La première déléguée ouvertement lesbienne.

Le livre : Mes Vies d’Edmund White

Considéré comme l’un des plus brillants représentants de la littérature homosexuelle, Edmund White déclarera que les émeutes de Stonewall sont à la communauté gay ce que la prise de la Bastille fut à la Révolution française. Il fut un des premiers auteurs connus à oser dire non seulement son homosexualité mais aussi, ce qui est rare, sa séropositivité.

Dans son autobiographie Mes Vies (publié en 2006 chez Plon), l’auteur dévoile, sans fard, tous les faits de sa vie, même les plus provocants, comme seul un grand écrivain peut se le permettre.   » Mes psys « ,  » Mes femmes « ,  » Ma mère « ,  » Mes tapins « ,  » Mes amis « ,  » Mon Europe « … sont autant de chapitres dans lesquels White étale sa vie, sans éluder le moindre détail. Un livre impudique à ne pas mettre entre toutes les mains, mais une lecture édifiante pour qui s’intéresse à l’évolution de la condition des gays aux États-Unis et en Occident.

DR

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