Graspop Metal Meeting 2019: Kiss dit bye bye Belgium

Explosions, faux sang, feu d’artifice, tubes et émotion… Le groupe américain a fait ses adieux comme il fallait.

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Dire que le concert de Kiss en clôture de cette édition sold-out du Graspop était attendu n’a rien d’exagéré. En ce dimanche caniculaire, on ne comptait plus les visages maquillés des fans dans la plaine de Dessel. La jeune équipe tatouée du stand merchandising vend  t-shirts (40 euros, ça fait mal) et sweat-shirts (70 boules, gloups) des heures durant sans avoir l’occasion de prendre la moindre pause. Pour patienter, on voit de bons groupes (Gojira), des revenants (Whitesnake, Living Color, Rob Zombie), des daubes aussi et puis, on oublie tout à 23 heures pétantes lorsque sort des baffles l’hymne Rock and roll de Led Zeppelin et que le speaker Kiss lance le slogan introduisant toutes les tournées du groupe depuis les seventies. « You Want The Best ? You Got The Best. The hottest band in the world ! KISS!”.

Des pros qui s’amusent

Et c’est parti pour deux heures d’un show époustouflant. Même pour ceux qui suivent Kiss depuis plusieurs décennies, cette tournée d’adieu est captivante. Bien sûr, les classiques sont là. Detroit Rock City qui fait toujours autant de bien. Le poussif mais obligatoire I was made for lovin’ you (c’est le seul titre que les Vip’s peuvent reprendre en chœur) ou encore l’inusable Rock and roll all nite en rappel. Mais les quatre gaillards sont aussi des pros qui aiment se faire plaisir. Kiss inclut dans cet ultime setlist des titres moins joués comme Say Yeah, tiré de l’album « Sonic Boom », Psycho Circus avec un final en crescendo ou encore Heaven’s on Fire exhumé d’ »Animalize ».

La batterie au plafond

Depuis sa création en janvier 1973 à New York par Gene Simmons et Paul Stanley, Kiss a imposé sa marque et ses gimmicks. Quarante-six ans plus tard, la marque (dans le sens le plus marketing du terme) et les gimmicks sont toujours là. Et les fans, réunis dans le monde entier sous l’appellation Kiss Army, n’en n’attendent pas moins. Au Graspop, on a droit à toute la panoplie. Le solo de Tommy Thayers avec sa guitare qui crache des étincelles; le solo d’Eric Singer avec sa batterie qui monte jusqu’au toit de la scène. Le solo de Gene Simmons avec la langue pendue qui dégouline du sang pendant qu’il cogne sur une basse en forme de hache les notes morbides de God Of Thunder.

Paul Stanley dans sa tyrolienne


Au deux tiers du set, Paul Stanley demande si le public veut bien qu’il aille se produire au milieu de la foule. Imaginez maintenant que les spectateurs disent: « no! » Mais voilà, l’invitation est acceptée et le chanteur de Kiss, soixante-sept ans tout de même, s’accroche à un câble et file au-dessus des dizaines de milliers de têtes pour atterrir à la console son et jouer deux titres. Oui, ce n’est pas à un concert d’Enrico Macias qu’on verrait ça.

Un tel déluge d’effets spéciaux (Kiss a même des écrans incrustés dans le sol) et de prouesses pyrotechniques implique un show millimétré. Mais le groupe a aussi l’intelligence d’y introduire cette human touch qui fait la différence. Paul Stanley parle beaucoup à son public. Il y a des parties musicales de très haut niveau (leur version de Lick It Up accouplée à celle de Won’t Get Fooled Again de The Who) et même des moments d’accalmie (la ballade Beth jouée au piano par Eric Singer). En fin de concert, un responsable de Live Nation, le tourneur de Kiss, nous disait: « Je ne peux pas croire que Kiss va s’arrêter. Ça marche trop bien pour eux. » On verra bien, mais c’est aussi ça la magie Kiss. À chaque show, on croit que ça va être la dernière fois et on a juste envie que ça recommence. Eternellement. Oui, Kiss ne mourra jamais. Ce n’est pas seulement un groupe de rock and roll. C’est une marque qui survivra à ses membres fondateurs. Vive Kiss !

Photo : copyright Stijn Verbruggen/GMM 2019

 

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