Kiss: l’interview avant le concert d’adieu aux fans belges

Le Graspop Metal Meeting, qui affiche complet du 21 au 23 juin, accueille pour la dernière fois la formation emblématique américaine. Confidences sans make-up.

kiss

Lancée le 31 janvier dernier au Canada, la Final Ever Tour de  Kiss fait escale ce dimanche 23 juin en clôture du Graspop Metal Meeting, événement où le groupe américain s’est déjà produit à trois reprises dans sa longue histoire. Mais ce concert  (tout comme celui de Slayer programmé le vendredi 21) aura un goût particulier, la formation américaine ayant en effet annoncé qu’elle allait ranger définitivement au placard ses plateforme boots, ses armures et ses flacons de cosmétiques.

Kiss a été fondé en 1973 à New York par le bassiste Gene Simmons (langue pendue, zéro goutte d’alcool avalée de toute sa vie, plus de 2.500 groupies dans son lit à en croire son autobiographie) et le chanteur Paul Stanley, chanteur qui n’a jamais entendu de l’oreille droite des suites d’une malformation génitale. Tous deux sont issus de familles juives qui ont fui le nazisme pour se réfugier aux États-Unis sans le sou. Paul et Gene ont trouvé le salut dans le rock and roll. Quarante-cinq ans et 150 millions d’albums vendus plus tard, ils sont toujours aux commandes de ce groupe hors normes et hors des modes. Au cours d’une carrière tumultueuse, les postes de batteur et de guitariste de Kiss ont été occupés par différents musiciens, mais les caractères, inspirés des héros des “comics” américains, sont restés. Et resteront toujours. Gene est le Démon et Paul est l’Enfant Étoile. À la batterie, on trouve l’homme-chat (Eric Singer), tandis que le guitariste Tommy Thayer, qui a répondu à nos questions, est le Spaceman.

Bonjour Spaceman, pourquoi cette tournée de Kiss est-elle la dernière?
TOMMY THAYER – Nous avons toujours répété que nous voulions nous arrêter au sommet. Nous sentons que nous avons encore du “jus” pour offrir au public la tournée la plus impressionnante de Kiss. Mais d’ici un an ou deux, ce ne sera plus possible. Gene Simmons aura 70 ans cette année. Paul Stanley, avec qui il a fondé le groupe, en aura 67. Kiss en tournée, c’est bien plus éprouvant que les Rolling Stones. Nos costumes pèsent plus de dix kilos, Paul survole chaque soir le public dans une tyrolienne accrochée à un fil. Gene et moi, on joue sur des plates-formes qui montent au plafond. Il y a des explosions, des chorégraphies… Nous pourrions continuer encore dix ans à donner des concerts “normaux”, mais Kiss ne donne pas de concert “normal”. Chaque show de Kiss est introduit par un speaker qui dit “You want the best, you’ve got the best”. On ne veut pas mentir.

Gene Simmons a dit un jour que Kiss était intemporel et survivrait à ses membres. Vous êtes d’accord avec lui?
En théorie, Gene a raison. Kiss survivra à toutes les modes. Nos chansons resteront. Sur scène Kiss pourrait peut-être aussi continuer avec d’autres musiciens plus jeunes, mais ils doivent être bons. Très bons. Et ça, je ne suis pas certain qu’on en trouvera.

“Monster”, le dernier album de Kiss, remonte à 2012. Vous comptez enregistrer de nouvelles chansons?
Ce n’est pas dans les plans. Kiss est entièrement dédié à ses fans. Et les fans veulent entendre I Was Made For Lovin’ You, Rock And Roll All Nite ou Detroit Rock City. Pas de nouveautés. Quand on a sorti “Monster” en 2012, l’album est devenu disque de platine aux États-Unis, mais ce n’est pas ça que les gens attendent de nous en concert.

Kiss a joué avec un orchestre symphonique, tourné dans un épisode de Scoubidou et vend du papier toilette à son effigie. Vous n’avez pas peur d’être ridicules?
Quand tu fondes un groupe de rock and roll, ce n’est pas pour te fixer des règles et faire comme tout le monde. Kiss n’a peur de rien et ne se fixe pas de limite. Cette attitude nous met dans une position unique. Kiss n’a jamais été à la mode. On n’a jamais été un groupe “crédible” pour la presse musicale ou le truc “cool du moment” pour les médias branchés. Mais regardez le résultat: on est toujours au top.

Combien de temps vous faut-il pour vous maquiller?
Ça me prend une heure. Pour Gene, c’est plus de deux heures, mais c’est parce qu’il n’arrête pas de téléphoner. Chaque membre de Kiss se maquille lui-même dans sa loge. Pour moi, c’est devenu un cérémonial et, même si c’est bizarre, je dois avouer que c’est l’un des trucs qui va le plus me manquer lorsqu’on arrivera à la fin de la tournée. C’est le seul moment de la journée où je suis seul. Quand je rentre dans ma loge, je suis Tommy, un mec en jeans, des santiags et des longs cheveux. Quand j’en sors, je suis le Spaceman… Tu piges le truc? Ce qui est dingue, c’est que les fans font aussi la distinction. Quand ils me reconnaissent dans la rue, c’est “salut Tommy”. Quand je suis maquillé, personne ne m’appelle plus Tommy, c’est Spaceman.

Qu’est-ce qui vous surprend le plus avec Kiss?
À chaque concert, Paul pose la même question au public: “Qui d’entre vous assiste pour la première fois à un concert de Kiss?” Et à chaque concert, la moitié de la salle lève la main. C’est dingue… 

Graspop Metal Meeting, Dessel. www.graspop.be
Retrouvez le compte-rendu du  Graspop sur www.moustique.be

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