Fleetwood Mac a offert un best of raffiné à Werchter Boutique

Elégante et enthousiaste, la formation anglo-américaine a fêté avec émotion ses cinquante ans devant 45.000 fans. Moustique était dans la plaine de Werchter pour assister à ce qui ressemblait au dernier concert belge d’une légende rock.

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Malgré le match qualificatif des Diables Rouges, malgré les menaces de la tempête Miguel, plus de 45.000 belges étaient présent ce samedi à Werchter Boutique.  Cette édition 2019 proposait  des apéritifs musicaux plus (The Pretenders) ou moins (les autres)  digestes avant d’accueillir Fleetwood Mac pour la deuxième étape européenne de sa tournée cinquantième anniversaire et pour, sans doute aussi, sa dernière apparition en Belgique.

Le plaisir toujours là

Fleetwood Mac sur scène en 2019, c’est un groupe enthousiaste  dont le répertoire « classic rock » intemporel s’illumine toujours de l’une ou l’autre surprise. Fleetwood Mac, après cinquante ans d’une histoire digne d’un soap avec tout ce que cela comprend d’excès, de trahisons, de ruptures et de réconciliations, c’est une formation qui rassemble aujourd’hui le gotha. Soit les deux membres fondateurs inamovibles ayant donné leur nom au groupe (le batteur Mick « Fleetwood » âgé de 71 ans, le bassiste John « Mac » Vie, 73 ans), la claviériste/chanteuse anglaise Christine McVie, la cultissime Stevie Nicks, le guitariste Mike Campbell (ancien bras droit de Tom Petty et membre des Heartbreakers) et Neil Finn (leader de Crowded House). Oui, une bande de rock stars habituées des stades capables de tout jouer les yeux fermés mais qui, comme chez les Stones ou du côté du E Street Band, rappellent que pour durer il faut aussi continuer à vivre et à y prendre du plaisir.

Rihannon 

Fort logiquement, Fleetwood Mac concentre son répertoire sur ses deux albums qui lui ont apporté la gloire. Pas moins de cinq chansons sont ainsi tirées du LP « Fleetwood Mac » (1975) et sept sont extraites de l’immense « Rumours » (1977) qui, avec ses 40 millions d’exemplaires écoulés, reste l’un des albums les plus vendus de l’histoire. Le grand moment du concert de deux heures de Werchter reste sans hésitation aucune l’interprétation poignante de Rihannon par Stevie Nicks. Enrobée de châles aux couleurs sombres, d’un robe noire de pitie, Stevie Nicks met toute son émotion dans cette « chanson sur une sorcière galloise  » comme elle la présentait dans les années 70. Derrière, sur les écrans, des chevaux sauvages galopent dans les flots tandis que les guitares de Mike Campbell et Neil Finn se livrent en duel.  Et pour en ajouter encore dans le format « carte postale » , on précisera que c’est pile-poile à la fin de Rihannon, que la nuit noire est tombée sur Werchter. Très très fort…

Une première heure parfaite

Rihannon arrive à la première heure du show.  Une première heure parfaite où les morceaux s’enchaînent sans tenir compte des époques : The Chain en intro ; le tube MTV Little Lies sur lequel Nick répond en écho à sa complice –particulièrement émue ce samedi soir- Christine McVie ; Everywhere chanté au centre de la scène par la même Christine McVie, Gipsy interprété par une Stevie Nicks en apesanteur ou encore Second Hand News, chanson de rupture tirée de « Rumours ». Le double album « Tusk » n’est, par contre, pas visité. Sans doute parce qu’il symbolise trop l’investissement du guitariste/producteur Lindsey Buckingham, grand absent de cette tournée anniversaire. Par contre, Fleetwood Mac déterre le Black Magic Woman de sa période blues. Ecrite par Peter Green en 1968 et popularisée par Santana sur son premier album paru un an plus tard, Black Magic Woman devient aujourd’hui « le point de vue d’une femme  » dans la voix de Stevie Nicks qui se rapproprie complètement cette prière hippie évoquant  une créature féminine envoûtante « qui a le pouvoir de rendre aveugle » 

Fleetwood Mac version 2019 n’échappe pas aux clichés et aux hommages. Le long solo de batterie de Mick Fleetwood fonctionne bien dans une plaine mais on peut s’en passer. Tube parmi les tubes, Go Your Own Way est l’un des rares titres qui semble exécuté en pilotage automatique, mais Fleetwood Mac se devait de le jouer. Le Crowded House Neil Finn a l’occasion de rappeler sa science pop sur la ballade pour briquets et smartphone Don’t Dream Is Over, inclus dans une setlist qui comprend aussi un salut au regretté Tom Petty avec sa cover de Free Fallin sublimée une nouvelle fois par Stevie Nicks.  Parmi les autres grands moments de cette soirée « back to seventies », on retiendra le You Make Lovin Fun de Christine McVie et la chanson « cocaïne » de « Rumours » Gold Dust Woman. Une bien belle soirée.
 

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