Elton John : un dernier tour à Anvers et puis, vivats

Alors que le film Rocketman retrace la vie d’Elton John au cinéma, le chanteur britannique rembobine les meilleurs moments de sa carrière sur scène. C’est à Anvers que l’artiste a fait ses adieux à la Belgique. On y était. Retour sur un dernier concert flamboyant.

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Sur les hauteurs du star system comme ailleurs, il faut savoir partir à temps. Après un demi-siècle de frasques et des centaines de chansons inoubliables, Elton John a décidé de tirer le rideau et de quitter la scène comme un prince. En janvier 2018, il annonçait ainsi sa volonté de raccrocher au terme d’une ultime tournée. Excentrique, fidèle à lui-même, le chanteur fait toutefois durer le plaisir. Avec plus de 300 (!) concerts programmés jusque fin 2020, ‘Farewell Yellow Brick Road’ est l’une des plus longues tournées d’adieux de l’histoire. Pour la Belgique, les aurevoirs se déroulent à Anvers. Dans un Sportpaleis complet depuis des mois, 20.000 personnes guettent l’arrivée imminente d’une paire de lunettes pas comme les autres.

Elton John : crédit Benoit Bouchez

Depuis ses débuts, en 1969, Elton John a tout connu, tout vécu : le festival Live Aid avec Queen, David Bowie, U2 et McCartney, une tournée avec Iggy Pop, une bande originale du Roi Lion, des duos avec Kate Bush, Tupac ou les Red Hot Chili Peppers. Anobli par la reine d’Angleterre, président « à vie » du club de foot de Watford, il s’est déguisé en Donal Duck ou en gorille, a pleuré la disparition de ses complices (John Lennon, Lady Diana, Freddie Mercury ou George Michael) et noué de grandes amitiés avec Madonna et Lady Gaga (la marraine de ses deux enfants). Pour un mec de 72 ans qui joue des sets de trois heures plusieurs fois par semaine, Elton John tient une forme olympique. S’il enregistre encore de nouveau morceaux, l’essentiel de son répertoire du jour tourne autour de l’âge d’or – du début au milieu des seventies – avec quelques clins d’œil au clinquant des années 1980.

Une chose est sûre : ce concert est particulier. Parce qu’il s’agit du dernier. Conscient de vivre un moment privilégié avec la star, le public célèbre la fin de chaque chanson par une standing ovation. Sur scène, les tubes de l’album « Madman Across the Water » impressionnent. ‘TinyDancer’, grandiose, donne le ton de la soirée. ‘Indian Sunset’, samplé par Eminem, régale. Mais c’est l’interprétation hallucinante de ‘Levon’ qui secoue véritablement le Sportpaleis. Les doigts de Sir Elton cavalent sur le piano. Il joue debout, déroule sur des percussions de fou et répond aux assauts électriques d’une guitare à double manche. Dans la foulée, il enchaîne avec l’émouvant ‘Candle in the Wind’. Version originale de l’hommage rendu en 1997 à Diana Spencer, le morceau est, comme en 1973, dédié à Marilyn Monroe.

Elton John : crédit Benoit Bouchez

Et puis, l’orage gronde. Tout en tension, ‘Funeral for a Friend/Love Lies Bleeding’ résonne sous les voûtes métalliques. Chanson d’ouverture du classique « Goodbye Yellow Brick Road », l’affaire est éminemment personnelle. Elton John fantasme, en effet, ses propres funérailles en mode instrumental, avant de tout envoyer valser dans une grande fusion de rock et de musique classique. Homme de convictions, Elton John profite de l’instant pour crier son dégoût du Brexit et son amour de l’Europe. En marge des ballades, le chanteur envoie du lourd. Reprise par Tina Turner ou Rihanna, son ‘The Bitch Is Back’ claque comme jamais. Sans parler de sa version survoltée d’un ‘Crocodile Rock’ en forme d’hommage à Bernie Taupin, son parolier de toujours.

De ‘Rocket Man’ à ‘I’m Still Standing’,les hits défilent tandis que la garde de robe se vide au fur et à mesure que le concert avance : costume noir ou bleu, lunettes carrées ou cerclées, avec ou sans paillettes, mais toujours atypiques. En rappel, ‘Your Song’ et l’essentiel ‘Goodbye Yellow Brick Road’ laissent le public en admiration. La lumière revient dans la salle, Elton John quitte la scène. Pour toujours. Ce dernier concert en Belgique restera à jamais gravé dans les mémoires. Après, ce sera une autre histoire. Celle de Rocketman, un film autobiographique sur le musicien, l’homme et sa légende. Moustique y consacre trois pages dès mercredi prochain.

Photos : Benoît Bouchez

Elton John : crédit Benoit Bouchez

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