Ces clips musicaux ultra-violents qui ont frappé les esprits

Gaspar Noé, en signant le clip du titre “THIRST” du DJ SebastiAn, suit les traces de nombreux clips musicaux qui ont défrayé la chronique par leur extrême violence.

sebastian

Le producteur français SebastiAn a annoncé le 14 la sortie de son nouvel album, prévu l’automne prochain, avec le clip de “Run for me”. 8 ans après la claque qu’était jusque-là son seul album “Total”, “Run for me” est une course-poursuite très esthétisée sur fond de romance. Et pour rester dans le champ lexical de la castagne, s’il voulait frapper les esprits, c’est au propre comme au figuré.

L’agresseur agressé

Ou plutôt c’est pas propre comme les 16 coups dans la figure du clip “THIRST” – sans compter ceux assénés plus près de la ceinture. Réalisé par Gaspar Noé et publié la semaine passée, le clip montre un homme, façon De Niro dans Taxi Driver, qui s’entiche d’une demoiselle au joli minois dans un club d’apparence respectable. Vexé que l’intérêt ne soit pas réciproque, il la violente sans ambages. S’ensuit une scène de deux minutes où ce dernier se prend une rossée bien gratuite, où l’hémoglobine fuse et se mêle à cette ambiance psyché et bigarrée qu’affectionne particulièrement Noé.

Même si on conçoit parfaitement que le réalisateur italo-argentin voulait se passer les nerfs sur ces individus qui se croient tout permis à l’égard des femmes, on questionnera tout de même l’intérêt du recours à un tel degré de violence. Autant le fond est difficilement discutable, autant la forme incite presque à éprouver de la pitié pour l’agresseur.

D’autres clips ont également fait parler d’eux par la violence de leur contenu. On en a choisi trois.

Justice – Stress

Tollé général pour ce clip de Romain Gavras montrant une bande de jeunes de banlieue, armes au poing et blousons arborant la “Cross” de Justice, s’en prendre à tout ce qui leur passe devant – caméraman compris. Ni une ni deux, les médias français considèrent le clip comme une apologie de la violence et le critiquent vertement pour la représentation raciste qu’il fait des banlieusards.

Interrogé sur ses intentions, Gaspard Augé, l’un des deux membres, explique que le clip est violent pour refléter la violence de la musique. Quant à Romain Gavras, il se justifiera en disant que la fureur n’est jamais gratuite, mais aveugle. Anecdote amusante, le duo français, adepte du sample, reprend “Night on Disco Mountain” de David Shire et l’a accéléré pour créer cette ambiance ultra anxiogène.

 

Indochine – College Boy

Si les Français semblent affectionner particulièrement l’usage de la violence dans leurs clips, c’est le québécois Xavier Dolan qui se charge de tourner le clip de “College Boy”. On voit dans le clip l’escalade de violence qu’a à subir Antoine Olivier Pilon de la part de ses compagnons de classe/tortionnaires. L’ensemble est une glaçante dénonciation à la fois du harcèlement moral que subissent les boucs émissaires, mais également le laisser-aller des figures d’autorité.

Les parents peu habitués à pareil spectacle de la part d’Indochine, ont eu tôt fait de reprocher au clip le peu de considération à l’égard des enfants qui auraient la malchance de le voir. Nicolas Sirkis a eu l’idée du clip en réaction au harcèlement que faisaient subir ses propres enfants à certains de leurs camarades. Sa propre expérience dans un internat à Estaimpuis, dans lequel un éducateur a eu la main lourde sur lui, a également influé sur la virulence du propos.

 

Prodigy – Smack my bitch up

Tourné à la première personne, le clip de “Smack my bitch up” du groupe Prodigy montre le train-train quotidien d’une personne dépassant tous les excès, entre sexe, drogue, alcool et violence. Alors que cette personne ramène une strip-teaseuse interprétée par Teresa May – l’actrice porno, pas la pauvre femme qui doit se coltiner le Brexit – le miroir révèle (ATTENTION SPOILERS) que le principal protagoniste était tout ce temps une femme.

Les associations féministes se sont levées comme une seule femme contre ce clip signé Jonas Akerlund, et ont crié à la misogynie et à l’incitation à la violence faite aux femmes. Malgré la controverse, “Smack my bitch up” a été élue meilleure Vidéo de danse et Révélation lors des MTV Video Music Awards.

 

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