L’actrice Doris Day, icône du style lounge, est décédée

Immense vedette de comédies familiales et chanteuse à la voix parfumée au muguet... Avec elle c'était la fête des mères tous les jours. Elle avait 97 ans.

©Belga Images

Emblème d’une Amérique blanche qui n’existe plus, idôle des années 50 et 60, modèle d’identification dans les foyers aimant l’amusement, Doris Day fut l’une des actrices-chanteuses les plus populaires du côté du show-biz familial. Avec son style « mère de famille » tiré à quatre épingles, sa coupe blonde impeccable et ses bonnes manières, elle incarne une femme à l’énergie positive, joyeuse et vertueuse – à l’image des États-Unis.

Au cinéma, elle est surtout connue pour des comédies – à la limite du Walt Disney – comme La blonde du Far West (Calamity Jane, 1953) – fantaisie country and western séminale de l’esprit yankee. Sur la même gamme humoristique, elle casse la baraque en duo avec Rock Hudson dans une série de films sentimentaux dont le plus beau – Confidence sur l’oreiller (Pillow Talk, 1959) – fait exploser son jeu stylé et son élégance irréprochable.

Actrice engagée

En 1955, elle tourne sous la direction d’Alfred Hitchcock L’homme qui en savait trop (The Man Who Knew Too Much) dont la scène finale où elle interprète Que sera sera, tube italo-swing de l’époque, la catapulte au rang des icônes du style lounge. Chanteuse adorée des parents, elle publie une flopée d’albums qui font de parfaits cadeaux à Noël, tout en imposant une voix à la technique glamoureuse qui trouve sa place à côté de celles des grandes interprètes easy-listening.

À partir de 1968, elle s’éloigne du cinéma, anime son propre show télé et commence à s’intéresser aux droits des animaux, créant des harras de sauvegarde pour les chevaux et une fondation – la Doris Day Animal Foundation. Symbole d’un Hollywood souriant, prospère et taiseux sur les questions ethniques et féministes, elle figera à jamais l’image d’une artiste dont la légèreté cachait un vrai travail – celui de l’entertainment – dont elle avait compris la première règle: ne jamais montrer l’effort.

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