Les Nuits Botanique partent en vrille avec Aloïse Sauvage

Malaxant arts du cirque, chanson et danse contemporaine, la jeune Française a livré une prestation éblouissante ce samedi au festival bruxellois. Moustique était dans la place. On vous dit pourquoi elle est la révélation d’aujourd’hui et la star de demain.

aloisesauvage

Sauvage, c’est son (vrai) nom. Aloïse, c’est le prénom que sa maman lui a choisi voici vingt-six  ans. Aujourd’hui, la maman s’occupe du stand merchandising de sa fille qui est, à coup sûr, the next big thing. Ce samedi, dans l’intimité du Salon des Nuits Botanique, la jeune femme originaire du 77 (département Seine-et-Marne) a livré l’un des concerts les plus émouvants de cette édition du festival bruxellois défricheur.

Voix autotunée

Comédienne révélée dans 120 Battements par minute de Robin Campillo (2017), circassienne et danseuse formée à l’Académie Fratellini, Aloïse Sauvage est venue à la chanson « par envie de mettre des mots en musique » .  Un live aux Inouïs du Printemps de Bourges, une résidence aux Transmusicales de Rennes et un premier EP « Jimy » paru en mars dernier ont suffi à mettre le feu aux poudres.  Sa voix autotunée, sa manière de peser chaque mot  pour raconter ses tourments et l’espoir lumineux qu’elle distille dans ses refrains en font déjà une poétesse des temps modernes. Mais c’est sur scène que ce petit bout de femme au corps musclé, au geste fin et à la démarche souple  fait la différence.

Haute voltige

Au Salon, Aloïse est accompagnée d’un batteur et d’un claviériste. Elle évolue sur une moquette de couleur sobre. Des petits pas de danse précis, comme si elle avançait sur un fil invisible.  Sur plusieurs morceaux, elle chante dans un micro relié à un filin, lui-même actionné un étage plus haut par un technicien. Elle part en vrille, culbute, se lance dans un vol suspendu pour atterrir à quelques centimètres des têtes des premiers rangs, recule, se contorsionne, fait le grand écart et repart de plus belle. Ce n’est plus un concert, ce n’est pas du cirque et pas seulement de la danse contemporaine. Non, c’est un véritable voyage qui tient en haleine le spectateur pendant cinquante minutes. 

Présentement, Jimy, L’orage, A L’horizontale… Le jeune public fait siennes ses chansons qui ne sont pourtant pas que générationnelles. « Il n’y a pas de doute, la vie est courte ». « J’ai peu d’être aphone à force d’être à fond ». « Mes désirs ont des délires ». « Tremper ses lèvres ou tempérer la fièvre ».  Ses rimes sonnent comme des slogans mais Aloïse Sauvage a aussi l’intelligence de dédramatiser le propos et de ne pas en faire des tonnes. Si la scénographie est millimétrée, elle se permet de vanner gentiment ses musiciens, de plaisanter avec les spectateurs et de faire… son autopromotion pour qu’on la retrouve avec sa maman au stand de merchandising.

Bis repetita

Dans un passé pas si lointain, Les Nuits avaient donné une  première chance à un Eddy de Pretto ou une Clara Luciani qui avaient joué devant une poignée de curieux. L’histoire se répète. Aloïse Sauvage va devenir énorme. Ce n’est pas une promesse. C’est un fait. Pour l’interview, rendez-vous dans les pages de Moustique.
Ce 5/5 aux Aralunaires. Le 12/7 au Dour Festival.

 

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