L’actrice Anémone est décédée: retour sur sa carrière en 4 films

L'actrice française, Anémone, s'est éteinte à l'âge de 68 ans des suites d'un cancer du poumon. Elle emporte avec elle son éternelle gouaille et ses prises de parole tranchantes.

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« Indomptable », « extravagante », « emmerdeuse fantastique », les médias redoublent d’efforts pour dépeindre celle qui interpréta Thérèse dans le mythique Le père Noël est une ordure. Même le président de la République et son épouse y sont allés de leur hommage et saluent la mémoire d’Anémone, cette actrice et comédienne « farouchement libre« . Pas sûr que la farandole d’adjectifs et de mots doux auraient plu à cette grande gueule qui n’avait jamais sa langue dans sa poche. « Le monde me gonfle. Je ne l’aime plus. Je trouve tout ça trop con », assenait-elle en décembre 2017 à un journaliste du quotidien français Le Parisien. Écologiste de la première heure, Anémone n’aura eu de cesse de tirer la sonnette d’alarme et d’attirer l’attention sur cette Terre qui se porte de plus en plus mal. « Ce n’est pas moi qui le dit, ce sont les spécialistes », aimait-elle rappeler.

Anne Bourguignon, de son vrai nom, naît à Paris en 1950. Sa carrière d’actrice commence alors qu’elle n’a que 17 ans, mais met plusieurs années à réellement décoller. Quarante ans plus tard et des allers-retours entre théâtre et cinéma, elle annonce sa retraite. Retour en quatre films (parmi des dizaines) sur la carrière sur grand écran d’Anémone.

Anémone de Philippe Garrel (1968)

Premier rôle d’Anémone qui gardera le titre en guise de nom de scène. À l’époque, il est courant pour les actrices d’opter pour des noms de fleur au moment de choisir un surnom. Aux côtés de Pascal Lapperrousaz et Maurice Garrel, elle incarne une adolescente libérée qui quitte sa famille.

Fille de psychiatre issue d’une famille bourgeoise, elle décroche le rôle en pleine rébellion adolescente. « On n’a tourné le film en cinq jours pour la télé. Après ils n’ont pas voulu le diffuser, alors, un dimanche, on a fait un casse pour voler les bobines. On était des galopins », s’amusait-elle dans les colonnes du magazine Gala il y a quelques années. Sa carrière est lancée, elle enchaîne les (seconds) rôles. En dix ans, elle culmine déjà à 15 longs métrage. Anémone est née.

Le père Noël est une ordure de Jean-Marie Poiré (1982)

Il n’existe plus une réplique de ce film qui ne serait pas devenue culte. Et celles prononcées par Anémone dans le rôle de la fameuse Thérèse (ou à son encontre) ne dérogent pas à la règle. Du « Je t’encule Thérèse » au « C’est fin, c’est très fin, ça se mange sans faim », toutes ont été reprises un nombre incalculable de fois. Qu’on ait vu le film ou pas d’ailleurs.

Souvent considéré comme le meilleur film de la troupe du Splendid (Thierry Lhermitte, Josiane Balasko, Gérard Jugnot, etc.), Le père Noël est une ordure reste l’un des rôles phares d’Anémone. Pourtant, elle n’en touchera jamais les droits. Les responsables : ses amis acteurs et comédiens du Splendid qui se sont constitués en société anonyme sans l’en avertir. Pas honnête.

Péril en la demeure de Michel Deville (1985)

Pour une fois, Anémone n’est plus cantonnée aux rôles comiques. Dans Péril en la demeure, elle se prête au jeu du drame et décroche une nomination au César pour le meilleur second rôle. Elle y interprète Edwige Ledieu aux côtés de Nicole Garcia et Christophe Malavoy. La même année, Péril en demeure se voit récompensé du meilleur film français du syndicat de la critique de cinéma.

Pas (encore) de César pour Anémone, mais une distinction obtenue ex-aequo avec Sans toi ni loi, long-métrage d’Agnès Varda, autre figure du cinéma français également disparue il y a quelques semaines.

Le Grand chemin de Jean-Loup Hubert (1987)

Sur cinq nominations, c’est le seul rôle qui lui vaudra un César de la meilleure actrice. Pas qu’Anémone y attachait un quelconque intérêt, loin de là. Mais il n’empêche que sur les dizaines de personnages qu’elle interpréta tout au long de sa carrière, celui de Marcelle dans Le Grand chemin lui vaudra cette reconnaissance de ses pairs. Ironie du sort, il s’agit d’un rôle qu’elle n’aimait pas et elle ne s’en est d’ailleurs pas cachée. Pire, elle accusa le réalisateur de l’avoir mal traitée et pas payée.

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