Berger/Belin : le duo gagnant des Nuits Botanique

Le meilleur de la chanson française se retrouvait ce mardi à Bruxelles. Loin de la variété et des playlist Spotify, il y a encore de belles choses à aimer.

flavien

Si nous voulons jouer sur le mode de la caricature, on dira que ce mardi aux Nuits Botanique, il y avait d’un côté les « vieux »  à l’Orangerie et, de l’autre, les jeunes sous le Chapiteau. De manière plus noble, on salue les Nuits d’avoir réussi à convier le même soir deux artistes aux univers personnels et singuliers qui ont sorti les albums de chanson française les plus pertinents de ces derniers mois. On parle bien sûr de Bertrand Belin avec « Persona » et de Flavien Berger avec « Contre-Temps « .

Belin le crooner

A l’Orangerie complète, Bertrand Belin a imposé ses paysages cinématographiques, le réalisme magique de sa poésie et ses guitares évoquant les grands espaces crépusculaires. Artiste pluridisciplinaire, le chanteur crooner se fait comédien (parfois en forçant un peu trop sur la gestuelle), guitar hero, militant utopiste et portraitiste affiné. « Je n’ai plus de paix, de paye et de pays « , chante-il dans l’enivrant Glissé/Redressé extrait de son nouvel et cinquième album. Rarement on a vu une écriture si affinée pour exprimer le désespoir de la nature humaine. Si les références ressorties dans chaque chronique musicales le concernant (Bashung, Manset, Charlélie Couture, voir Thiéfaine sur les chansons plus engagées) tiennent la route, il faudra aussi se rendre compte un jour que Bertrand Belin a, lui aussi, creusé son propre sillon et suivi un parcours personnel, loin, très loin, dans la marge. Climax du concert ? Sa version de Grand Duc, top de chez top en matière de musicalité.

L’étoile de Berger

On passe chez les djeuns au Chapiteau et, youpie, c’est la fête. Il y a des sourires. C’est important le sourire. Il y aussi des étoiles qui brillent dans les yeux, des corps qui ondulent, des amoureux qui se tiennent la main ou se font des câlins. Ici, personne ne vient pour réfléchir. On est là pour s’abandonner sous les notes d’un geek hyper doué. Flavien Berger est un gentil, un adulte qui a gardé sa part d’enfance au fond de lui, un gars simple qui transforme ses rêves en chansons modernes. Et à Moustique, on est fan. Comme en novembre dernier, lorsqu’il s’est produit dans une Orangerie surchauffée, Berger est venu avec ses « fantômes », des petits automates qui jouent aux derviches tourneurs. Pour le reste, il est seul avec ses machines et son humilité. Même répertoire qu’en novembre, mais une setlist mieux réorganisée qui finit, toutes lumières allumées « par le plus beau des voyages », (La Fête Noire) en mode techno. Fan de science-fiction, admirateur de Jean-Michel Jarre, Daho et Christophe, Flavien Berger redonne ses lettres de noblesse à une chanson française moderne. Ajoutez à cela son sens du partage et  une scénographie jamais loin du stand-up avec tout ce que cela suppose comme autodérision et vous avez le concert comme il le faut pour se sentir happy. Climax du concert ? La Fête noire, un final de ouf que nous n’oublierons pas de sitôt.

Aurel, la révélation à suivre

On parlait de sourire, on retiendra aussi celui qui sert de respiration à Aurelio Mattern. Le garçon s’invitait avec son projet solo Aurel en première partie tout à fait cohérente de Flavien Berger. Ex-Lucy Lucy, ex-Paon et membre de Sonnfjord, Aurelio se lance en solitaire et en français avec des compositions pop qui sonnent comme des instantanés de la vie quotidienne. Laptop, claviers, guitare, Aurel joue à l’homme-orchestre sur scène et son enthousiasme naturel agit comme un aimant sur le public. Déjà nourri de belles expériences scéniques depuis un an (en festival mais aussi en support act pour Alice On The Roof ou Clara Luciani), Aurel est prêt à franchir le Rubicon. Un EP est attendu pour cette année. Histoire de patienter, allez zieuter sur la Toile son clip Oxygène pour deux ou sa Botanique Librairy avec Chagrin de Nuit.

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