Horreur et tremblement aux Nuits Botanique

La démoniaque formation américaine Ho99o9 a livré le meilleur concert du festival avec notamment un brillant hommage à The Prodigy et à, Keith Flint, disparu le 4 mars dernier.

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Deux concerts sold-out de folie à la Rotonde lors de leur tournée précédente, des souvenirs mémorables de pogo la première fois qu’ils ont joué en Belgique (au Pukkelpop en 2015),… On avoue qu’on attendait beaucoup du concert de la formation américaine Ho99o9 (à prononcer Horror) ce samedi aux Nuits Botanique qui, pour l’occasion, s’étaient enrobées d’un parfum de fin de monde. Avec une météo apocalyptique, des stands horeca complètement désertés à l’extérieur, le bruit lointain des sirènes de police et des coulées de buée sur les vitres des serres, on se serait cru dans un épisode inédit de la série Netflix The Black Summer.

Des chiffres et des lettres

Mais revenons à nos moutons. Né dans le New-Jersey, relocalisé sous les palmiers de Los Angeles, Ho99o9 est formé de deux artistes underground afro-américains : the OGM (dreadlocks impressionnantes, pantalon moulant en latex noir, ceinture avec accessoires sado-maso) et Yeti Bones (t-shirt à l’effigie du groupe punk The Misfits).  Avec une énergie taille XXL, les deux lascars malaxent hip-hop underground, conscience politique, esprit de la rave culture et décharges hardcore. Sur scène, le duo est enrichi d’un batteur destroy et on aurait aimé aussi que les guitares soient jouées en live plutôt que via des programmations. Street Power, Bone Collector, Days of Vengeance, United States of Horror (du nom de leur album paru en 2015)… Leurs brûlots dénonçant tous les maux de l’Amérique passent à la moulinette de cette fusion qui doit autant à Death Grips qu’aux Bad Brains, à The Stooges, à Rage Against The Machine ou à The Prodigy.

Smack my bitch up

Et, tiens quand on parle de The Prodigy. Juste au moment où nous discutons avec nos petits camarades de soirée des emprunts plus que respectueux de Ho99o9 à la formation anglaise, le duo balance le sample de Poison avant de jouer en live Smack My Bitch Up et Firestarter, soit le tiercé gagnant des classiques de la formation électronique britannique. Yeti Bones salue une dernière fois Keith Flint, chanteur de The Prodigy envolé le mois dernier, avant de repartir de plus belle en vociférant ses cris politiques. Avec cette performance à la fois généreuse, impressionnante et urgente, le groupe signe le plus beau moment de folie collective de ce début de festival.

404 turbo

En lever de rideau, les Anglais (4 mecs, une fille à la voix soul) de 404 ont fait le job. Mais on ne répétera jamais assez les limites d’une première partie lancée à 19h30.  Ok ça fait des noms en plus sur une affiche mais en pratique, ce n’est pas un cadeau pour le public qui doit courir pour arriver à temps et l’artiste qui commence à jouer dans une salle vide. Sur les 30 minutes de concert, seules les dix dernières ont suscité un réel emballement. Comme chez Ho99o9, le propos de ce groupe signé sur le label Dirty Hill se décline sous la forme d’une critique acerbe de la société.

La révélation Flohio

Déjà repérée à l’Eurosonic de Groningen, en janvier dernier, Flohio (Funmi Ohiosumah de son vrai nom) a raflé la mise. Hip-hop, grime, influences électro (elle n’a pas collaboré avec Modeselektor pour rien) et soul version 2.1 forment les ingrédients d’un cocktail dansant. Si on ajoute un flow à géométrie variable le charisme scénique de la jeune artiste d’origine nigériane et l’enthousiasme de son dj/mc, on tient l’un des bons tickets de l’année. On en reparlera.

The Feather

Au Salon, la formation liégeoise The Feather était dans son élément pour présenter ses nouvelles compositions. À sa folk champêtre et ses refrains oniriques, Thomas Médard ajoute désormais des arrangements plus travaillés (synthés, xylophone) et des aspirations pop.

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