Nuits Botanique: le rock belge à guitares a brillé jeudi

Moustique vous fait le débrief d’une soirée rock and roll avec des filles, des garçons, de la jeunesse et plein de talent. Trop cool…

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C’est jeudi et il fait gris aux abords des serres des Nuits. C’est jeudi et c’est jour de fête pour les amateurs de rock.  Le duo anglais Blood Red Shoes, les Français Lysistrata particulièrement convaincants et l’ovni suisse Zeal & Ardor (projet de Manuel Gagneux) sont les têtes d’affiche de la soirée mais ce sont les Belges qui tirent, une fois de plus, leur épingle du jeu.

Raketkanon

La déjantée formation gantoise Raketkanon joue dans une Rotonde archi-complète et dévoile les délires noisy de son troisième album (qui s’intitule « RKTN#3 « , c’est facile avec eux) devant une jeune public en chaleur. Riffs monolithiques, incessants changements de rythmes, jeu de scène hallucinant de son chanteur Pieter-Paul Devos… Comme le veut la formule, on aime ou on déteste, mais c’est diablement efficace. Ils ont trente concerts prévus ces prochains mois en Belgique, en Angleterre et aux Pays-Bas. On comprend pourquoi…

Endless Dive

Endless Dive revient pour sa part d’une tournée française des clubs menée tambour battant (making of very funny à voir sur leur page Facebook).  La jeune formation tournaisienne ne fait pas dans la facilité. Du post-rock instrumental en 2019, ce n’est pas vraiment tendance mais ils ont réussi à réunir une jeune fan base sur foi de leurs prestations carrées et toujours méldoiques. Récompensé méritoirement de trois étoiles dans ces pages, leur premier full album « Falltime », sorti sur le label Luik Records, révèle toute sa force et sa flamboyance sur scène. Concentrés sur leur propos, jouant chaque soir comme s’il s’agissait de leur premier (ou de leur dernier) concert, ce gang a la foi et ne lâche rien. Respect total. Voilà un groupe qui ne passera jamais en radio et dont le style musical est indéchiffrable pour les algorithmes de Spotify. Mais il trouve toute sa justification sur les planches et se savoure en profitant de l’instant présent.

Annabel Lee

Dernier et gros big up de la soirée (sorry Lenny Pistol, on n’a pas eu l’opportunité de se rendre au Grand Salon) à Annabel Lee qui ouvrait à l’Orangerie. Auteure, compositrice, chanteuse et guitariste, la meneuse de troupe gaumaise Audrey Marot semble avoir trouvé la bonne formule scénique. Son mélange de garage rock, de power pop et de refrains grungy est sublimé en trio guitare/basse/batterie. Sans temps mort, Annabel Lee  enchaîne ses singles (Best Good Friend, Hi Hi Hi, Black Pudding) et présente de nouveaux morceaux à paraître sur un album toujours en « work in progress « chez Luik Records. Tout est en place et à la spontanéité joyeusement foutraque des débuts s’ajoute désormais maîtrise et cohérence. Le tout sous les yeux de papa et maman. Vivement la suite.

Photo Annabel Lee: Mathieu Golinvaux

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