Mickey, cet ogre affamé qui dévore tout

Restera-il bientôt une entreprise de divertissement qui ne portera pas la patte de Mickey ? Depuis quelques années, Disney avale tout. Et la boulimie de l'empire dirigé par Bob Iger ne semble pas prête de s'arrêter... Faut-il s'en inquiéter?

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Les studios aux grandes oreilles sont en passe de devenir l’unique pilote aux commandes la plate-forme de streaming américaine Hulu et ses 25 millions d’abonnés. En rachetant la 20th Century Fox fin mars pour 71 milliards de dollars – soit 63,4 milliards d’euros – le géant américain avait déjà absorbé les 30% de parts que détenait alors le studio hollywoodien, portant son total personnel à 60%. Disney est à présent rentré en discussion avec Comcast pour lui racheter les 30 % qu’il possède dans le service de streaming. En tenant compte du fait que Hulu avait lui-même racheté l’opérateur télécom AT&T, son quatrième propriétaire historique, qui détenait 10% de son capital, Disney deviendrait donc effectivement le seul maître à bord… 

La stratégie de la firme de Burbank est claire : englober le maximum de sociétés pour étoffer l’offre de programmes qui sera proposé sur Disney +, sa plate-forme de VOD qui sera lancé à la fin de l’année (et courant 2020 en Europe) pour concurrencer Netflix et Amazon Prime Video (ainsi que l’Apple TV et Warner Media qui entreront dans la course à l’automne). Mickey aura de sérieux arguments à faire valoir avec l’ajout du catalogue Hulu (The Handmaid’s Tale, Castle Rock,…) et de la Fox (comme l’intégralité des Simpsons, par exemple), ses programmes historiques (Disney Channel), ses classiques d’animation et ceux de Pixar, les productions Marvel et celles dérivées de l’univers Star Wars, on service de sport ESPN+ (qui détient notamment les droits du championnat de football italien et de la Nations League en Europe) et plus encore…

Standardisation du divertissement ?

Disney est parfois considéré comme le symbole d’une culture de masse, de l’impérialisme culturel américain, voire de la standardisation du divertissement. Difficile de donner tort à ces critiques au regard des acquisitions en série réalisé par la firme… Depuis septembre 2005 et la nomination de Bob Iger à sa tête, elle n’a cessé de s’agrandir. Une conquête symboliquement lancée par le rachat des studios Pixar le 5 mai 2006. Le regroupement des deux boîtes a pratiquement réduit à néant toute la concurrence dans le secteur de l’animation outre-Atlantique. Signe de la domination de Mickey depuis lors, l’Oscar du meilleur film d’animation a été systématique attribué à des productions Disney depuis 2008 (excepté en 2012 avec l’ovni Rango), jusqu’à la consécration surprise de Spider-Man : New Generation cette année.

Le démarrage monstrueux d’Avengers: Endgame, 22e film de l’univers cinématographique Marvel, confirme en tout cas que le public n’est toujours pas rassasié du spectacle made in Disney. Le film de super-héros qui clôt le cycle entamé voici onze ans avec le premier Iron Man a déjà battu des records d’entrées dans de nombreux pays, notamment dans la zone Asie-Pacifique. Mickey s’est déjà mis 169 millions de dollars dans les poches pour son premier jour d’exploitation en salles. Et les prochaines sorties des remakes d’Aladdin, du Roi Lion ou de l’épisode final de Star Wars : The Rise of Skywalker devrait lui permettre d’arrondir sereinement ses fins de mois. Et d’encore agrandir son empire.

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