Game of Thrones: Winter is un peu boring hein les gars

On pourrait mettre un spoiler alert, mais il ne se passe tellement rien dans ce début de saison qu’on n’en voit pas l’intérêt. Ah si, on voit un bout de sein d’Arya.

©Belga

Les audiences explosent, chaque épisode donne lieu à des discussions sans fin en attendant le suivant, les théories de fans n’ont pas encore bousillé le suspense… Le lancement de cette ultime saison de la série la plus mythique du 21e siècle semble tenir ses promesses.

Bien que, pour beaucoup, justement, le problème se situe là: les deux premiers épisodes ne sont constitués que de promesses. La frustration de certains fans n’a d’égal que l’interminable attente qui a séparé l’effondrement du mur et l’arrivée des dernières forces vives à Winterfell. Si on nous avait dit que nous aurions aussi peu vibré au tiers de la saison, nous aurions eu du mal à y croire. Bien sûr, on se doutait qu’il allait être difficile de buter ce qu’il reste de personnages mythiques dès les premières minutes, mais de là à les voir enchaîner les hugs et les tapes dans le dos, il faut pas exagérer. Jusqu’ici, on est plus proche de Bonhommet et Tilapin que de Game of Thrones. Hormis les deux scènes de Cersei, qui regarde comme d’habitude dans le vide à l’idée d’un mauvais coup, après avoir batifolé avec Euron, qui semblait lui en être un plutôt bon, ce début de saison manque cruellement de vilain.

La menace reste cachée, tapie dans des conversations aux métaphores un peu lourdes, voire aux mises en évidence de choses que l’on savait déjà. Les marcheurs blancs, que l’on attend comme la saison des barbecues, n’arrivent qu’à la toute fin du deuxième épisode. Bon, ils laissent présager du combat le plus épique de l’histoire de la série (et peut-être même de la télé), mais vu la lenteur avec laquelle la tension monte, il a intérêt à être la hauteur des attentes. Et s’il n’y a aucun mal à ce que la série soit redevenue bavarde (elle s’est en partie construite là-dessus), elle cultive moins bien le symbole que par le passé. Nous n’avions, par exemple, pas besoin durant les sept premières saisons d’un dialogue féministe écrit à l’indélébile entre Sansa et Daenerys pour comprendre que les femmes contrôlaient Westeros.

Un récit à l’arrêt

Autre indice de l’aspect quelque peu remplissage de ces deux premiers épisodes, les scènes qui ont marqué le public. Du premier épisode, on retient principalement l’ouverture avec l’arrivée de, littéralement, toute la planète dans le château de Winterfell. Un château dont un plan large trahit d’ailleurs l’étroitesse, tant que l’on se demande bien où les milliers de soldats vont bien pouvoir crécher. Ce serait bête qu’ils meurent de froid avant le combat… Mais soit, la scène est belle et on a envie de tous les prendre dans nos bras, heureux de les revoir vivants et bien portants. Pas sûr que cela dure. Les scènes qui s’enchaînent ensuite bâtissent la base de cette dernière saison. Mais c’était bon, on était déjà bien installé. 

C’est encore pire dans le second, où l’on n’a déja pas vu grand-chose tellement il fait sombre… On se rappelle principalement de la scène de sexe d’Arya, pas spécialement utile et de nouveau plus proche d’un film pour ados que d’un épisode de Game of Thrones, et de l’adoubement de Brienne. Pour le coup, cette scène est vraiment jolie et symbolique. Mais si elle rend compte de la complicité naissante entre ces guerriers qui se découvrent soudain un but commun, elle ne fait pas réellement avancer le récit.

Et c’est le reproche principal que l’on peut faire à ces deux premiers épisodes. Outre leur manque de spectaculaire, ils mettent simplement en place les terribles événements à venir. Un processus indispensable, mais trop étiré dans cette huitième saison qui ne comptera déjà que six épisodes. De nombreux fans, dont on connaît la ferveur, gueulent leur ennui et réclament du sang et de l’action.

Un ennemi commun

Mais d’autres sont plus enthousiastes face à ces deux premiers épisodes. C’est notamment le cas de Stephen King – excusez du peu – qui a félicité mardi les scénaristes pour leur capacité à rassembler la plupart des personnages principaux au sein de la même unité de lieu. Les plus euphoriques estiment également que le récit avance à son aise, dévoilant des allures de calme avant la tempête.

Il est vrai que c’est la première fois que la série doit gérer une lutte contre un ennemi commun. Elle s’appuyait jusqu’ici sur des alliances fragiles et versatiles, qui nous offraient des personnages vicieux comme des coins de table et pouvait se permettre d’avancer aussi vite que Varys à travers Westeros. En cela, prendre le temps de poser les enjeux et les tisser entre ceux qui restent et qui vont peut-être y laisser la vie peut s’avérer salvateur. Car à devenir manichéenne, GoT risque de devenir une série normale. Et la plus grande bataille de l’histoire de la télévision ne sauvera pas tout. Les fans ayant prévu de vibrer à chaque seconde devant cette ultime saison, il reste quatre épisodes pour les rassasier.

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