Sébastien Cauet: «  L’avantage de ne pas être aimé par tout le monde c’est que vous êtes adoré par d’autres »

Phénomène et lascar médiatique, il publie T’es habillé comme tout le monde mais tu ressembles à personne.

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De votre autobiographie, j’ai extrait quelques sentences qui semblent contredire votre image d’amuseur kamikaze.  Exemple: “Je ne suis jamais sûr de moi”.

Je ne sais pas d’où ça vient, mais je doute en permanence, c’est maladif.

Vous écrivez aussi: “Je veille toujours à ne pas tomber dans le ridicule”. C’est difficile à croire…

Mais la frontière entre l’amusant et le ridicule est très fine. Quelqu’un qui met une perruque peut être à mourir de rire, s’il la garde trop longtemps, il va être ridicule. Je pense qu’il faut savoir s’arrêter au bon moment.

Vous n’avez jamais eu la sensation d’être ridicule?

Je fais toujours attention, il ne faut jamais que ça crée de malaise… 

Dans le même ordre d’idées, vous dites dans votre livre: “Je ne vais jamais trop loin”…

Ce n’est jamais qu’une histoire de jugement de valeur… Vous trouverez toujours quelqu’un qui dira que c’est assez léger alors que vous trouvez que ça va trop loin. 

Mais votre notion du “trop loin” est quand même haut placée…

(Rire.) Oui, elle est assez haut placée, on est d’accord. Mais malgré tout, ne pas aller trop loin, c’est aussi ne pas tomber dans le blessant ou la méchanceté. 

“J’ai toujours été premier ou deuxième de la classe”. Vos détracteurs vont tiquer… 

Il y a cette chose un peu idiote qui dit que, si on fait rire les gens, on doit être le cancre de la classe.  Je suis désolé, je n’étais pas le cancre… Si certains considèrent qu’il faut être léger pour faire ce métier, qu’ils le pensent. L’avantage de ne pas être aimé par tout le monde c’est que vous êtes adoré par d’autres.

“Je n’ai jamais touché à un pétard et encore moins à la cocaïne”. C’est encore difficile à croire…

Je ne sais pas si ça compte, mais j’ai tiré une fois sur un pétard, et ça ne m’a absolument rien fait. Cocaïne non plus – désolé de ne pas être branché à ce point-là. Je suis déjà assez speed comme ça et puis, surtout, j’aime garder le contrôle des choses. 

Vous rédigez: “J’espère que parmi toutes les personnes avec lesquelles j’ai travaillé, il y en aura très peu à pouvoir dire que je suis un sale con”.

Je crois qu’il y en a assez peu qui disent que je suis un sale con. (Rire.) Les gens qui travaillent avec moi savent que je suis un peu exigeant…

Ça veut dire quoi, “un peu exigeant”? 

J’aime que les choses aillent vite. Quand j’ai trois idées en tête, je pense que les gens en face ont compris – ce qui n’est pas toujours le cas. Je m’agace, mais ça ne dure pas longtemps et j’ai zéro rancune. 

Vous dites: “Je conçois que mes états d’âme peuvent s’apparenter à ceux d’une diva des ondes”…

(Rire.) C’est une fâcheuse habitude, mais je ne comprends pas quand ça ne va pas comme ça va dans ma tête! Et franchement, dans mon dos, je pense que mes équipes se foutent assez bien de ma gueule là-dessus. (Rire.)

“Je revendique le fait de pouvoir rire de tout et de tous sans une once de méchanceté”. Riez-vous de vous?

On arrive à un point délicat… J’arrive à rire de moi-même, je déteste qu’on rie de moi-même. Je peux me moquer de moi, qu’on se moque de moi est un peu plus compliqué.

T’ES HABILLÉ COMME TOUT LE MONDE MAIS TU RESSEMBLES À PERSONNE, Robert Laffont, 384 p. 

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