Giorgio Moroder à l’A.B, entre nostalgie et karaoké

Le pape du disco à Bruxelles pour célèbrer les années 80 avec un groupe de douze musiciens dans une formule kitsch qui a ses limites.

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Giovanni Giorgio Moroder soufflera ses 79 bougies ce 26 avril et il a toujours la niaque. Après avoir tourné en DJ set (déjà un très mauvais souvenir aux Ardentes en 2014), le producteur italien revisite désormais son répertoire avec un full band de douze personnes, comprenant 3 chanteuses, un chanteur, des cordes, des percussions, un batteur, des grattes et une grosse basse.

En pleine période de revival où les concerts se donnent avec des hologrammes, les salles de cinéma font le plein avec Bohemian Rhapsody et Netflix bat ses records avec Dirt, le biopic glam, sex drugs & rock and roll de Mötley Crüe, l’initiative n’est pas plus idiote qu’une autre. D’autant que Moroder (comme Nile Rodgers) ne se prive pas d’inclure dans son concert tous les tubes écrits/produits  pour d’autres. Et de Donna Summer à Daft Punk, en passant par Bowie ou Irène Cara, ça fait un paquet de morceaux intemporels.

Flop Gun

Ce mardi, première des deux soirées prévues à l’Ancienne Belgique, la sauce italo/disco/électro n’a pourtant pris qu’à moitié. Derrière ses lunettes noires et son laptop, le maestro aliment les deux heures de show avec des anecdotes interminables sa rencontre avec Donna Summer dans un studio allemand, sa chanson préférée qui n’est autre que Take My Breathe Away composée pour le film Top Gun et chanté par Berlin. Et quand il ne se raconte pas, il se contente de  taper dans les mains et de présenter à plusieurs reprises ses musiciens dont on se fout absolument des noms. Le visuel est kitsch à souhait et son groupe manque cruellement d’âme.

Si les trois choristes qui se succèdent au micro pour reprendre I Love To Love You Baby, On The Radio de Donna Summer ou Flashdance, What a feeling d’Irène Cara (meilleure moment de la soirée) s’en sortent plutôt bien, le chanteur masculin, lui, se ferait recaler dans n’importe quel blind de The Voice pour ses reprises maniérées et caricaturales de The Never Ending Story (tiré du film du même nom en 1974 avec Lhimal des horribles Kajagoogoo au chant) et de Danger Zone (titre chanté par Kenny Logins sur la B.O. de Top Gun).

Les Daft Punk avaleraient leur casque en écoutant la version live proposée de Giorgio, fruit de leur collaboration avec Moroder sur l’album « Random Access Memories » (2013) et Bowie a dû se retourner dans sa tombe en découvrant le traitement de Cat People digne d’une kermesse à Beauf City. C’est à peine mieux pour les passages instrumentaux où le groupe tente de reproduire la magie pourtant bien réelle des soundtracks de Midnight Express (The Chase) ou de Scarface. Bref, entre grosse séance de nostalgie pour un public venu se rappeler qu’il a été jeune dans les années 80 et karaoké géant, ce spectacle est plus proche du Bal des fonctionnaires ou de la fête d’entreprise animée par un cover band que du vrai concert. Bof, bof.

Le mercredi 10/5 à l’Ancienne Belgique, complet
Le 16/8 au Brussels Summer Festival

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