Sophie Turner et Maisie Williams: « Dans Game Of Thrones, nous étions là l’une pour l’autre »

Sœurs dans la série et amies dans la vraie vie, les deux actrices ont grandi sous les yeux des fans. La séparation sera difficile.

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Maisie Williams, 21 ans, et Sophie Turner, 23 ans, se sont rencontrées à l’âge de 12 et 13 ans, lors des auditions pour la série de David Benioff et D.B. Weiss. Le coup de foudre est immédiat. Depuis, les deux actrices sont inséparables, en témoignent leurs nombreuses apparitions médiatiques main dans la main et leurs tatouages jumeaux sur l’avant-bras (“07.08.09”, le jour du casting pour Game Of Thrones). Devenues stars dès l’enfance, elles ont affronté ensemble l’exposition médiatique, les paparazzis et les grandes interviews, attribuant chacune à l’autre le mérite d’avoir réussi à s’en sortir. Un monde post-GOT les attend. Sont-elles prêtes à le conquérir?

Comment vous sentez-vous à l’idée de finir Game Of Thrones?

MAISIE WILLIAMS – Cette série représente une énorme partie de nos vies, c’est la fin d’un chapitre et le début d’un nouveau. J’ai beaucoup pleuré et pris du temps pour moi pour réfléchir à la suite. Le show devait finir, mais c’est très triste.

SOPHIE TURNER – Un sentiment doux et amer. C’est comme si on pleurait la “mort” de nos personnages. On quitte aussi tous les gens avec qui on a travaillé: l’équipe, le reste du casting, être à Belfast, sur le set de Winterfell ou King’s Landing… C’est ce qui me rend le plus triste. Mais c’est aussi libérateur et excitant, car nous sommes maintenant disponibles pour d’autres projets.

Comment la série a-t-elle changé vos vies?

M.W. – Avant de commencer Game Of Thrones, je rêvais d’avoir un ordinateur portable (rire). Je viens d’une famille où c’était financièrement compliqué. Ma mère s’est tellement sacrifiée pour nous. Donc pouvoir subvenir à ses besoins, c’est incroyable.

S.T. – Je n’avais pas d’éthique de travail quand j’avais treize ans. Game Of Thrones a été une école de la vie: pour le jeu d’acteur, le travail en équipe, les affaires… On avait 13 ans et on a eu beaucoup de chance d’avoir cette expérience si tôt. On a aussi maintenant l’occasion de pouvoir choisir nos prochains rôles. C’est très spécial. Et c’est bien d’avoir un ordinateur portable aussi (rire)!

Un conseil à votre moi plus jeune?

S.T. – Souviens-toi de tout, prends des photos, tiens un journal… Je regrette de ne pas avoir pris assez de photos.

M.W. – Ma mère s’est assurée de tout ça. J’avais un petit sac à sandwich et j’y mettais tous les petits fils qui se détachaient de mon costume. Je l’ai toujours. Comme conseil, je dirais: autorise-toi à avoir treize ans. J’essayais toujours de faire l’adulte, je faisais semblant de savoir ce que je faisais et je voulais rester tard sur le tournage.

S.T. – Oui tellement! Profite des horaires de travail pour enfants. C’était génial et nous, on voulait travailler plus, tandis que maintenant je suis du genre à dire: “Merde, c’est quand ma pause?”

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Pensez-vous que vous risquez d’être cataloguées dans ce type de rôle?

S.T. – Oui, car quand vous avez travaillé sur quelque chose pendant si longtemps, les gens vous verront toujours dans ce rôle. Peu importe si vous vous teignez les cheveux en blond (les siens – NDLR) ou en rose (ceux de Maisie Williams – NDLR), les gens vont quand même dire “C’est cette fille de Game Of Thrones”. J’essaie donc de trouver des rôles très divers qui ne sont pas des rôles d’époque, ni de rousse. Je ne veux pas être cataloguée, mais c’est difficile.

M.W. – La plupart des rôles féminins forts ou d’adolescentes rebelles sont écrits de la même manière: “Kelsey, cheveux noirs, vulgaire”. C’est dommage et c’est quelque chose dont je suis consciente. Les films pour lesquels j’ai signé et les histoires que j’ai voulu raconter ont toujours été très différents d’Arya. J’ai envie d’avoir encore un rôle d’époque, mais plutôt un truc dans les années soixante.

Game Of Thrones a été novateur en ce qui concerne les personnages féminins, avant même le mouvement Time’s Up. Êtes-vous fières d’avoir été des pionnières dans ce domaine?

S.T. – Absolument. Au début de la série, beaucoup de gens disaient qu’elle était misogyne. Je ne suis pas du tout d’accord, c’est tout le contraire de ça. Je suis fière d’avoir pu jouer un personnage aussi fort en l’espace de dix ans. Game Of Thrones se situe plus ou moins à une époque où les femmes n’étaient pas en position de pouvoir. C’est donc rafraîchissant de voir qu’elles y sont des “leadeuses” fortes et puissantes. J’adore ça. Il y a un mouvement en cours, mais ça reste compliqué: c’est une aiguille dans une botte de foin.

La relation entre Arya et Sansa est complexe. Comment va-t-elle évoluer dans cette ultime saison?

S.T. – Lorsqu’elles se retrouvent en saison 7, c’est très intimidant. Sansa ne veut pas collaborer avec Arya qui est devenue une fille complètement différente de ce qu’elle était en saison 1. Au début de la série, elles ne se comprenaient pas, et maintenant elles acceptent leurs différences. En fin de saison 7, Sansa dit à Arya: “Je n’aurais jamais pu survivre à ce à quoi tu as survécu”, et sa sœur lui répond: “Pareil pour moi”, et c’est vrai. Elles sont tellement différentes. Sans ces différences, elles ne seraient pas en vie aujourd’hui. Elles s’acceptent enfin et collaborent mieux ensemble que jamais.

Qu’est-ce qui est le plus difficile par rapport à votre célébrité mondiale?

M.W. – C’est bizarre de grandir sous les yeux du public. J’essaie de faire ma vie, de comprendre qui je suis, et il y a beaucoup d’opinions sur moi et sur ce que les gens pensent que je devrais être. Il y a aussi la pression d’être une femme, d’être photographiée sous tous les angles, c’est infernal. Bien que j’aime être actrice, la célébrité qui va avec c’est…

S.T. – … C’est le contraire de ce que devrait être un acteur. Pour être un(e) bon(ne) comédien(ne), il faut être capable de se dissoudre complètement dans son rôle. Or, quand vous devenez célèbre, vous commencez à être connu pour ce que vous êtes vous, ce qui est en totale contradiction avec ce qu’on veut être. Heureusement, nous étions là l’une pour l’autre.

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