Moustique a écouté le nouveau PNL

Objet d’un buzz XXL, l’album "Deux frères" est disponible depuis ce vendredi 5 avril. Notre verdict.

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Nous ne vous dirons pas comment nous avons réussi à écouter –en toute légalité- le nouvel album de PNL en avant-première. Peu importe après tout… Ce disque, le troisième des frangins des Tartarêts (Corbeil-Essonnes, sud de Paris) est désormais disponible sur toutes les plateformes d’écoute, ainsi qu’en format physique. Il abrite dix-sept titres. Comme prévu, il n’y a pas le moindre featuring  et voilà ce que Moustique en a retenu.

La leçon principale

Après « Le Monde Chico » et « Dans La Légende », « Deux Frères » confirme l’hégémonie de PNL. Communication,  teasing, attitude, esthétique, style musical… Les frangins ne font rien comme les autres. Si on retrouve dans l’album l’ADN du duo (cloud rap, voix filtrées, mélancolie, mélodies planantes, beats minimalistes, boucles avec des instruments organiques), Ademos et N.O.S. sortent aussi de leur zone de confort. La fratrie s’ouvrant à la pop (91’s), la chanson française pure (Déconnecté dont l’intro ressemble à du Michel Polnareff) et à la musique latino-américaine (Hasta La Vista).

Le gimmick

Bon, comme les fans prennent ça très au sérieux, on va balancer une anecdote plus légère. Il n’y a pas que Kevin De Bruyne qui aime l’expression « Je m’en bats les couilles« . PNL l’utilise dans pas moins de cinq chansons différentes sur l’album. C’est une anecdote, on le répète…

On adore

Histoire de ne pas la faire longue et d’être positif, nous donnons nos sept chansons préférées et on vous dit pourquoi. À vous de découvrir les autres et donner votre avis.

Au DD

Illustré par un clip qui dépasse déjà les 36 millions de vues sur Youtube, DD ouvre fort logiquement l’album avec sa boucle de guitare sèche irrésistible et ses sonorités cloud rap. Imparable, mais ça, vous le saviez déjà. Malgré toutes les hypothèses lancées sur la Toile, il y a deux démentis formels. DD ne signifie pas  « Dernier Disque »  et ce n’est pas non plus un hommage à Didier Deschamps.

Autre Monde

Voix autotunée, sonorités orientales, beats sombres, plume trempée dans le spleen. Un morceau 100%PNL et une vraie réussite. Les frangins soignent leurs bobos et nous la jouent « méli-mélo » .  Ils font rimer « plein d’erreurs » avec « peine de cœur« . Les mecs, ils ont des biscotos mais ils en bavent.  « J’ai envie de pleurer, »  « j’ai envie d’amour mais ça ne s’achète pas« , « il y a de la misère dans nos yeux« , chantent-ils sous une mélodie planante. Une grande réussite.

À L’ammoniaque

Placé subtilement au milieu du disque comme un rappel évident, l’énorme À L’ammoniaque, sorti voici un an, est parfaitement à sa place sur « Deux Frères » avec ses 5 minutes et dix-sept secondes d’émotion. « À la vie à la mort, je t’aime à la folie, passionnément, à l’ammoniaque… « La plus belle chanson écrite par PNL et la préférée de Salvatore Adamo (et pas seulement parce que PNL y chante I »nch Allah »), désormais un spécialiste du hip-hop.

Deux frères

Une plage titulaire en forme de déclaration de foi. Un futur tube énorme. Après une intro poignante au piano, PNL nous la joue en mode confession et se raconte. Et comme toute belle histoire, celle-ci commence par Il était une fois. « Il était une fois deux frères, deux fauves qui vont briser leurs chaînes« . Ils évoquent tout. La beuh, les premiers tracks, les premiers like sur Facebook, « les deux frangins de la cité qui rêvent de devenir les princes de la ville« . Sur le final, la boucle au piano est mixée en avant pour souligner la signature finale en forme d’épitaphe. « Rien ne nous sépare, tout ce que je prends je te le donne« … La fratrie unie jusqu’au bout. On le répère, c’est énorme.

Hasta la vista

La chanson qui va susciter le plus de commentaires sur la Toile. PNL avait sans doute envie d’un summer hit et sort complètement de sa zone de confort avec un remake de Despacito qui va faire tanguer les popotins dans les campings. Intro ensoleillée, couplet qui vous met déjà en vacances (« J’hésite entre un Jack Daniels et un coke fraise », on dirait presque Frank Dubosc dans All Inclusive), rythmique dansante, guitare latino et, ben oui, hasta la vista sur le refrain. Un titre formaté radio jusque dans sa durée (3 minutes 36 secondes). C’est Ricky Martin qui va être jaloux. Mais ça le fait tout de même.

Kuta Ubud

La chanson Lonely Planet du disque qui va rappeler de beaux souvenirs à tous ceux qui ont été en vacances à Bali (le site de Kuta abrite la plage la plus touristique de l’île, Ubud est la ville au centre de l’île connue pour ses restos et sa forêt de singes). Le titre s’appuie sur un flow emballé et tourne autour du thème de l’amitié et de ses limites. Le narrateur essaye d’ouvrir son cœur et sa mélancolie est sublimée par une trompette jazzy sur le final. Joli.Très joli même.

Zoulou Tchang

Une chanson au titre mystérieux. Pas évidente à la première écoute mais avec cette petite touch qui fait la différence. Encore un texte mélancolique, encore un texte sur le ton de la confession traversé de notes de piano. Le narrateur baisse la garde, veut raconter sa haine mais se reprend. « Pour ton sourire je donnerai ma vie et même ma place au paradis« . Généreux et amoureux les PNL sur ce coup…

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