« Joker », un trailer oppressant pour le film sur le plus vilain des méchants

Warner Bros a dévoilé un premier trailer psychologique et oppressant de son Joker avec Joaquin Phoenix. À l'instar de Batman, le super-vilain fascine autant qu'il effraie. Voici pourquoi.

c_warner_bros

Le 30 mars dernier, Batman soufflait ses 80 bougies. Deuxième super-héros d’envergure après Superman (créé en avril 1938), le personnage inventé par Bob Kane et Bill Finger est apparu pour la première fois dans le numéro 27 de Detectives Comics (DC) en 1939, et n’a cessé depuis de remettre un tant soit peu d’ordre dans la métropole gangrenée par le crime de Gotham City. Parmi ses principaux adversaires, l’un d’entre-eux émerge (et de loin) de la masse de gros vilains : le Joker. Autant dans les comics que dans les films qui en sont adaptés, la présence du plus souriant des méchants apporte une touche de folie qui dénote des récits manichéens de super-héros « standards ». Et bonne nouvelle : le personnage aura bientôt droit à son propre film !

Après Jack Nicholson dans le Batman de Tim Burton (1989), Heath Ledger dans le Dark Knight de Christopher Nolan (2008), et plus récemment Jared Leto dans Suicid Squad (2016), c’est au tour du génial Joaquin Phoenix de se grimer en clown fou à lier. Dévoilé hier, le premier trailer du Joker réalisé par Todd Philipps, laisse entrevoir un film psychologique, émouvant et inquiétant. Avec la présence au casting d’Alfered Miles et Zaziz Beetz – acteurs dans l’excellente série Atlanta – mais aussi du vétéran Robert De Niro, on doit bien avouer qu’on est plutôt enthousiaste. L’attente risque d’être longue jusqu’au 4 octobre prochain, date annoncée pour la sortie du film (aux États-Unis).

« Le mal pour le mal »

Si Marvel – ennemi juré de DC Comics – a adapté avec succès un film centré sur un antagoniste (Venom avec Tom Hardy), DC s’y est aussi essayé avec le très « pop » Suicid Squad. Une tentative qui a globalement déçu les fans, notamment parce que le personnage du Joker y était sous-exploité (quelques apparitions dans de brèves séquences et flash-backs). Mais un film sombre centré entièrement sur le personnage renferme (sur papier) un potentiel narratif exceptionnel. Car le Joker est tout simplement unique.

« Le Joker est le seul vilain qui fait le mal, juste dans le but de faire le mal. Il ne le fait pas par vengeance, ni pour aucun autre motif particulier« , explique Rémi Lach, chroniqueur pour Comics Inside, webzine culturel belge. « Dans les comics, comme dans le film de Christopher Nolan, il explique clairement qu’il ne désire pas la mort du héros. Sans lui, il ne serait qu’une coquille vide. Le Joker et Batman forment les deux côtés d’une même pièce. Là où le héros est méthodique et analyse la situation, le méchant est fou et improvise. Là où l’un est calme en toutes circonstances, l’autre surjoue, rit et pleure. Ces traits de personnalités font de lui un méchant unique, et sans aucun doute l’un des plus célèbres aujourd’hui. » 

Origines énigmatiques

Le trailer laisse entrevoir un Phoenix très humain, qui n’est pas encore devenu le « monstre » que l’on connaît. Batman en sera absent, et le film n’entre pas dans le même cercle narrartif des dernières productions Warner Bros (Justice League, Aquaman,…). Et c’est pour ça qu’il est très attendu par les fans. Si les comics ont plusieurs fois abordé le passé du Joker, par le biais d’auteurs différents aux conceptions divergentes, DC n’a jamais véritablement tranché sur les origines exactes du personnage.

« L’éditeur n’a jamais pris position, c’est un argument marketing. Il y a une dizaine d’année, DC avait déclaré que l’on découvrirait les origines du Joker dans un prochain numéro, avant de se rétracter en disant les laisser à l’imagination du lecteur« , précise Rémi Lach. « Dans le cœur des fans, le comic qui fait toutefois le plus consensus s’intitule The Killing Joke (« La Blague qui tue », NDLR), écrit par Alan Moore et publié en 1988. Les ventes du numéro ont été phénoménales. L’auteur y raconte comment un homme tombé dans une cuve de produits chimiques est devenu ce génie du crime. » 

Les réalisateurs Tim Burton et Christopher Nolan ont déclaré s’être inspiré de The Killing Joke pour composer leur Joker, avec le succès qu’on connaît. Le prochain film fera-t-il mieux ? Réponse en octobre.

Sur le même sujet
Plus d'actualité