Alice On The Roof a réalisé son rêve

La chanteuse montoise s’est métamorphosée sur la scène de Forest National dans une production bluffante. 

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« Juste pour un jour, nous pouvons être des héros. » C’est la chanson emblématique Heroes de David Bowie (dans une version signée Peter Gabriel) qui a servi d’introduction au concert d’Alice On The Roof ce samedi à Forest National. Un choix judicieux. A la fois classe, ultime et fédérateur. Comme la prestation de la chanteuse et pianiste montoise offerte dans ce lieu culte de la culture belge. « J’en rêvais depuis un an, le rêve devient réalité grâce à vous », déclare-t-elle après toute émue devant son public. Annoncé depuis longtemps, reporté, sujet de nombreuses spéculations (« Trop tôt », « trop grand » « casse-gueule », …) ce concert était bien plus qu’une « première » ou un « retour scénique » après une Mystery Tour intimiste. Il a permis à l’artiste montoise de montrer tout le chemin parcouru et d’imposer un univers bouleversant, où le naturel se mêle avec subtilité à la féérie.

Au pays des merveilles

Alice On The Roof à Forest National, c’est un mélange d’Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll et « de la fille d’à côté ». Celle qui pourrait être votre voisine, votre copine, votre confidente. Dans ses chansons et dans ses interventions parlées, Alice raconte sa vie, son trac, ses trucs, ses tracas émotionnels, ses fantasmes et sa  « maladie » qui consiste tout simplement à être elle-même et à l’assumer. Entière, naturelle, spontanée, pleine d’humour et d’humilité. Et c’est comme ça qu’on l’aime Alice.  Easy come easy go, Lucky You, Malade, How Long, On My Own, T’as quitté la planète…L’essentiel de ses deux albums y passent. Des chansons calmes, d’autres up-tempo. Du français, de l’anglais. De la pop, de l’électro/pop. Du rire, des sourires, de l’émotion. Et surtout une grande cohérence. Ceux qui lui avaient reproché son grand écart stylistique entre « Higher » et « Madame » comprendront avec cette tournée que tout se tient. Oui,il s’agit de la même artiste. Elle a tout simplement mûri.

Vianney en guest

Scéniquement, c’est une métamorphose. Elle débute son concert par un copié/collé de la pochette de son dernier album. Alice couchée sur le ventre dans un lit qui fait bouger ses mollets. Elle se réveille, et s’affirme telle qu’elle est. Ni plus, ni moins. Alice n’est plus statique comme à ses débuts. Elle ne se cache pas derrière son clavier, elle a oublié ses complexes. Elle danse, saute, bouge, fait la folle, tape sur un tambour, ouvre un parapluie, baisse la garde et se libère totalement. La production est énorme. Un imposant parallélépipède rectangle suspendu au-dessus de la scène, un jeu de lumières impressionnant entre ombres et lumières,  une batterie, une guitare, des claviers, des choristes, une violoncelliste et, en guest 100% sympa, l’ami  Vianney avec qui elle a co-écrit quatre chansons sur « Malade ». Chaque morceau est présenté comme un tableau. Chaque musicien est à sa place. Il y a des chorégraphies, des changements de tenues…Bref on devine tout le boulot qu’il y a eu en amont mais comme chez Mustii, l’ensemble reste spontané et vivant. Alice avait un rêve. Il s’est réalisé devant nous et le voyage est loin d’être fini… 

Un grand big-up aussi à Aurel. Sa prestation en première partie a suscité l’emballement et est prometteuse pour la suite. On le reverra aux Nuits Botanique le 30 avril. Pour Alice On The Roof, rendez-vous est notamment pris aux Francofolies de Spa (18/7) et au festival Les Gens d’ Ere (28/7).

 

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