On a rencontré les deux acteurs principaux d’Osmosis, la nouvelle série Netflix

Invités au Festival Séries Mania pour y présenter en première mondiale Osmosis, Hugo Becker et Agathe Bonitzer se sont confiés sur les coulisses de cette série française d’anticipation.

© Netflix

Trouver l’âme sœur, celle avec qui on passera la fin de nos jours et qu’on aimera toujours avec passion. Voilà « le rêve ultime », selon les mots d’Hugo Becker. L’acteur français tient l’un des rôles principaux dans la dernière nouveauté Netflix : Osmosis. Attendue depuis de nombreux mois, ce “Black Mirror à la française“ est en ligne sur la plate-forme américaine depuis hier. Seuls quelques chanceux ont pu la voir en première mondiale lors du Festival Séries Mania où Hugo Becker, Agathe Bonitzer (actrice principale) et Julius Berg (le réalisateur de la série) étaient présents.

En huit épisodes, la série se donne pour mission d’interroger notre rapport à l’amour et aux nouvelles technologies via l’histoire de Paul et Esther, un frère et une sœur qui détiennent une entreprise promettant de trouver l’âme sœur grâce à une technologie révolutionnaire. Les participants à l’expérience Osmosis avalent un implant qui se faufile jusqu’à leur cerveau pour les analyser et déterminer quelle personne leur correspond le mieux. En avalant l’implant, les “patients“ autorisent l’entreprise à avoir accès à leurs pensées les plus intimes. Inspirée par la websérie Arte du même nom, et scénarisée par Audrey Fouché (Borgia, Les Revenants), Osmosis a été tournée en quatre mois dans la région parisienne. Rencontre avec ses représentants lors du festival 100% séries.

Qu’est ce qui vous a donné envie de jouer dans Osmosis ?

Hugo Becker : D’abord, le fait que ce soit une série d’anticipation. Il n’y en a pas beaucoup en France et c’est la première série française Netflix de ce type. C’est un univers très différent de ce que j’ai pu faire avant ; c’est donc toujours plaisant de faire un truc innovant. Ensuite, le thème (l’amour, les applications de rencontre et la technologie, NDLR.) est très actuel et parle à beaucoup de monde.

Agathe Bonitzer : Personnellement, je n’avais jamais joué dans une série, je n’étais pas du tout habituée à ce genre d’entreprise, ni à des sujets d’anticipation et de science-fiction, donc ça m’intéressait égoïstement en tant qu’actrice de participer à un projet d’une telle envergure et à un projet de genre. J’ai un peu galéré avec les ordinateurs. Mon personnage a une certaine dextérité, c’est une geek habituée à coder, ce qui n’est pas du tout mon cas. Il fallait donc que je m’entraîne à cette habilité technologique.

© Netflix

Avez-vous regardé la websérie d’Arte dont est inspirée Osmosis ?

Agathe : Non, car on ne voulait pas être influencé par quelque chose de pré-existant. 

Hugo : Je la regarderai avec plaisir, mais avant de tourner c’est dangereux, car on risquait d’en copier certaines choses, ce qu’il ne faut pas faire. C’est moins intéressant. 

Travailler avec Netflix, cela donne plus de liberté créative qu’avec des chaines traditionnelles ?

Julius Berg : Je pense que Netflix a plusieurs façons de travailler en fonction des scénarios et des projets. Ils peuvent être très interventionnistes. Dans notre cas, ils nous ont laissé une liberté assez totale. Ils sont sortis du processus artistique pendant le tournage et sont revenus lors du montage pour suggérer des modifications. Donc une liberté oui, mais en même temps, la liberté est amenée par l’ambition du projet plus que par la plate-forme en elle-même. C’est la première série française d’anticipation pour Netflix, donc il y a de l’enjeu et il fallait définir une identité un peu différente et nouvelle. Les producteurs nous ont aidé dans ce sens.

L’amour est la thématique principale de la série. C’est un thème vu et revu, mais qui fascine toujours autant. Pourquoi selon vous ?

Hugo : Ici, ça va plus loin, car on parle aussi des nouvelles technologies. Les relations amoureuses ont toujours existé, mais évoluent avec le temps. Aujourd’hui, les nouvelles technologies commencent vraiment à avoir une influence sur nos relations. Avant, on ne rencontrait des gens que par son entourage proche, ses voisins, son travail, sa famille, ses amis. Aujourd’hui, il y a quand même beaucoup d’applications qui permettent de créer du lien avec des gens qu’on aurait jamais croisé autrement. Il y a un autre phénomène vraiment intéressant, c’est le fait qu’on confie de plus en plus nos données personnelles, sans véritable contre-partie. On devient même presque obligé de les confier. C’est assez effrayant de se dire qu’on donne accès à nos courriers privés. La question que pose Osmosis c’est : est-ce-qu’on donnerait accès à notre mémoire et à ce qu’on a vécu, à nos traumatismes, à nos troubles, pour les résoudre ? Et ça, ça n’a pas déjà été abordé. 

Julius : Osmosis parle aussi d’amour via le prisme générationnel. Pendant longtemps, on a été éduqué aux comédies romantiques, aux contes de fée qui nous faisaient penser que la relation amoureuse était liée à une question de durée et d’engagement : « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Aujourd’hui, les repères changent, les films romantiques qui ont le plus marqué les gens, comme Titanic, présentent une histoire d’amour réussie, qui n’est pourtant pas liée à une question de durée et d’engagement, au contraire. Osmosis parle de comment la jeune génération peut être perdue entre la volonté d’avoir une relation très intense et celle être en couple. Quoi qu’il arrive, il y a une pression sociale qui fait que ne pas être en couple dans notre société peut être problématique. Cette génération est tiraillée entre la volonté de vivre intensément et ne pas vouloir être dépendant de contingences quotidiennes : descendre les poubelles, changer les couches, etc.

Hugo : On est un peu paumé, et la logique consumériste de certaines applications de rencontre est dangereuse. Je trouve ça très triste.

Agathe : C’est aussi parce que le sexe a pris une importance énorme dans la société actuelle. Tout est sexualisé, il suffit de regarder la publicité. La série parle aussi de ça.

Qu’est-ce-que vous ressentez quand vous savez que la série va être vue dans le monde entier (190 pays) ?

Hugo : On a envie d’aller boire un coup ! (rires) C’est très compliqué de répondre, car on ne se rend pas compte de quoi que ce soit. Toute à l’heure, on me demandait comment ça allait se passer pour moi vendredi, le jour de la sortie. Et en fait, il ne va rien se passer pour moi ! Vendredi soir je joue au théâtre, je serai dans ce rôle là. Le lendemain, on va sûrement s’écrire un message.

Agathe : Je ne réalise pas du tout. C’est complètement abstrait. Je sais que dès la sortie, je vais regarder la série, car je n’ai vu que les trois premiers épisodes. Binge watching à fond !

Osmosis, 8x45min, Netflix.

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